À LA CROISÉE DES CHEMINS DES CHOIX S’IMPOSENT

Ce n’est pas d’aujourd’hui que le monde, les peuples, les nations, les églises se retrouvent à la croisée des chemins. Ce sont des
moments de l’histoire qui cumulent en concentré des antagonismes qui obligent à des choix. L’époque que nous vivons n’y échappe pas, d’autant moins que la mondialisation nous fait voir avec encore plus de clarté la polarisation des grandes forces qui s’affrontent dans le monde. D’une part, il y a ce cri des peuples qui dénoncent les systèmes dans lesquels ils sont toujours de plus en plus enfermés et qui réclament liberté, justice, vérité, respect et dignité. D’autres part, il y a cette résistance de ceux et celles qui ne veulent pas se priver d’un système qui les sert si bien.

Un peu partout à travers le monde émergent  de nouveaux gouvernements qui se font solidaires des revendications des peuples et qui font entendre ce cri de changement au sein des organisations internationales, dénonçant les vices cachés d’un système de moins en moins démocratique et de plus en plus oligarchique. Aux diverses questions qui se posent, il y a, entre autres, celle de savoir si le système, bâti sur le « néolibéralisme », est en mesure de répondre, par lui-même et « prioritairement », aux impératifs du bien commun des sociétés. En d’autres mots, les entreprises privées, les compagnies, les banques qui opèrent sur la base du rendement et du profit peuvent-elles, sans se pénaliser elles-mêmes, donner priorité à la promotion et au respect des besoins les plus fondamentaux des peuples sur la base desquelles se développent les sociétés? Peuvent-elles, sans dévier de la logique de leurs propres intérêts, faire intervenir les intérêts supérieurs de tous les citoyens et citoyennes d’une nation à l’éducation, à la santé, à l’alimentation, à l’habitation et à leur participation pleine et entière au développement social, politique,
culturel et économique de leur société?

Je pense que les hommes et les femmes d’affaires tout autant que les compagnies nationales et multinationales sont les premières à reconnaître qu’ils ne sont pas là pour faire la charité ou l’humanitaire, mais pour faire des profits à la hauteur des attentes de leurs actionnaires. Personne ne peut les en blâmer, c’est dans la nature même du néo-libéralisme qui les inspire et les soutient. Ce dernier leur donne le pouvoir d’être roi et maître des richesses de la terre et d’en disposer selon leurs propres règles. Seule leur générosité naturelle permettra, de répondre aux besoins des peuples. Elles donneront à des églises pour leurs bonnes œuvres de charité, soutiendront des organismes à vocation humanitaire, mais se garderont bien de soulever la nature
des causes de cette pauvreté qu’ils préfèreront soulager par la charité plutôt que de la guérir par la justice.

Malheureusement, l’histoire et les faits démontrent que cette générosité est non seulement insuffisante, mais dans bien des cas,
devient un handicap à la prise en main par les populations de leur propre développement. Cette prise de conscience de la part de nombreuses églises et organismes d’aide humanitaire les rend nerveux. Ces dernier parlent de plus en plus de la nécessité de passer de la médecine de soulagement à celle de la guérison. Ces élites oligarchiques  deviennent encore plus nerveuses lorsque des gouvernements, indépendants, souverains et fortement démocratiques leur rappellent que le néolibéralisme qu’ils pratiquent n’est pas une référence « absolue » et qu’il doit s’ajuster aux impératifs du bien commun et à la saine gestion de l’État qui en assure le respect et le développement. Ce dernier  ne saurait le faire sans mettre des mesures contraignantes à leur endroit.  Par exemple : déterminer la valeur des richesses exploitées sur son territoire, s’assurer que les salaires payés aux  travailleurs sont suffisants, établir des règles assurant la protection de l’environnement, fixer les limites
au-delà desquelles ils empiètent sur les prérogatives de l’État, fixer les obligations fiscales équitables à leur endroit comme il le fait pour l’ensemble des citoyens et citoyennes. Cette intervention de l’État s’impose en raison même de son mandat d’assurer la participation de tous et de toutes à la réalisation du Bien commun de la société.

Il est évident que sur la base de ces principes, il est difficile de s’opposer à la logique d’un tel raisonnement. Mais, dans la
pratique, il y a bien des moyens d’en contourner les implications. Ce n’est pas pour rien que, dans nos démocraties
représentatives,
la participation financière des entreprises nationales et multinationales sont si importantes et sophistiquées. Elles ont tout intérêt à ce que les représentants du peuple, les élus,  soient également et prioritairement leurs représentants à eux sur les questions essentielles à leur développement et à leur rendement.

Ainsi, sans nier les prérogatives de l’État quant à sa responsabilité relative au bien commun de la société, elles s’assurent à
l’avance que ces élus prendront garde de ne pas s’interposer dans la dynamique de leur propre développement comme entreprise. Tout un langage sera créé pour couvrir cette complicité. On parlera de la nécessité de créer de la richesse pour pouvoir répondre aux besoins fondamentaux de la société, on parlera de l’efficacité du privé dans la gestion des projets et la livraison des services en santé, en éducation etc. Les avantages tout comme les subventions qui leur seront consentis se justifieront par la nécessité de créer de l’emploi. Ainsi les oligarchies économiques peuvent poursuivre leurs activités dans la pure logique du néolibéralisme en pouvant compter sur des gouvernements qui leur ouvrent la voie tout en les convertissant en de véritables intervenants  humanitaires. Pas surprenant que nos interventions militaires en pays étrangers soient de plus en plus présentées comme des interventions humanitaires. La mise en scène est presque parfaite. Si ce n’était de l’éveil des consciences et de l’information alternative qui en démasquent les dessous, elle passerait comme du beurre dans la poêle.

Des choix s’imposent de plus en plus et ils ne peuvent venir de ceux et celles qui sont bénéficiaires de la situation actuelle. Ces derniers seront, au contraire, de farouches adversaires à tout changement substantiel de nature à faire de la justice, de la vérité, du respect, de la liberté des objectifs accessibles à toutes les personnes et à toutes les communautés. Cette fois-ci les choix sont plus fondamentaux et radicaux. Les résistances seront également sans merci.

Heureusement que la voix de la conscience, toujours plus forte et plus libre, porte en elle la vie et l’espérance. Elle est tout le contraire de la langue de bois qui est aride et sans vie. Au Québec, de plus en plus de voix s’élèvent pour se faire entendre, non plus comme l écho d’un parti, d’une organisation ou d’une église, mais comme une conscience qui porte des valeurs et des principes qui font parties d’elle-même. Amir Khadir est certainement une de ces voix qui demeure fidèle à ce qu’il est et à ce qu’il pense. Il en est sans doute de même pour les trois démissionnaires du Parti Québécois qui veulent retrouver cette liberté et cette honnêteté de conscience souvent trop à l’étroit dans la camisole de force d’un parti, d’une église ou d’une organisation. De plus en plus nombreuses sont ces voix qui se font entendre en toute liberté, en tout respect mais aussi en toute fermeté.

Il en va de même pour les peuples qui surmontent les campagnes de peur pour s’engager dans des campagnes de changement. C’est ce qui vient de se passer au Pérou où le parti Gana Peru vient de remporter, contre toute attente, la victoire aux élections du 5 juin dernier. Dès le lendemain, soit le 6 juin, la bourse a chuté comme jamais auparavant. Les bénéficiaires des régimes corrompus qui dirigent le Pérou depuis des décennies ont pris panique. Le peuple a décidé que le temps était venu de changer cet état des choses et de faire de tous les péruviens et péruviennes des membres à part entière de la société. Que vont dire les chantres de la grande démocratie pour laquelle nous envoyons nos soldats se battre dans les pays étrangers? Ils se font pour le
moment passablement discrets sur cette victoire de la démocratie au Pérou. C’est comme s’il y avait une bonne et une mauvaise démocratie.

Nous sommes tous à la croisée des chemins et le temps est venu de faire des choix. Ces choix ne portent pas sur des idéologies, mais sur des valeurs fondamentales qui doivent être à la base de toute société : justice, vérité, souveraineté, respect,
liberté, compassion et dignité
. Ces valeurs interpellent tout autant ceux que l’on qualifie de « droite » que ceux que l’on qualifie de « gauche ». Ce sera à leur capacité de répondre à ces objectifs qu’ils révèleront leur véritable nature. Tout le reste ne saurait être que du maquillage ou du bla-bla-bla.

Oscar fortin

Québec, le 7 juin 2011

http://humanisme.blogspot.com

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Oscar Fortin

Libre penseur intéressé par tout ce qui interpelle l'humain dans ses valeurs sociales, politiques, économiques et religieuses. Bien que disposant d'une formation en Science Politique (maîtrise) ainsi qu'en Théologie (maîtrise), je demeure avant tout à l'écoute des évènements et de ce qu'ils m'inspirent.

19 pensées sur “À LA CROISÉE DES CHEMINS DES CHOIX S’IMPOSENT

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    8 juin 2011 à 7 07 00 06006
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    IL y a une autre dimension que la gauche ou la droite ou le centre

    Cette dimension là : tout le monde ne peut la prendre

    hxxps://secure.wikimedia.org/wikipedia/en/wiki/Psi

    L’humanité en tant que groupe l’a refusé

    Dans cette dimension : on est une singularité ou on se fait écrasé par elle

    AU présent et au futur il n’y a pas de travail

    https://singularite.wordpress.com/trouvez-moi-une-seule-personne-qui-travaille-ce-netait-quun-aperitif-pour-le-moment/

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    8 juin 2011 à 9 09 39 06396
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    pour plus d’infos, voici la révolution mondiale qui a lieu en ce moment (plus d’un demi millions de personnes) : http://www.thetechnoant.info/campmap/, la carte avec toutes ses activités en vertu pour le changement de notre monde actuel.

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      8 juin 2011 à 9 09 42 06426
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      contrairement a des révolutions précédentes, en dehors de celle de Gandhi, elle est basé sur la non violence, et fait demande a un réel retour à la démocratie, ce qui est l’opposé de ce que nous vivons aujourd’hui soit dit en passant.

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    8 juin 2011 à 9 09 41 06416
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    «Il en va de même pour les peuples qui surmontent les campagnes de peur pour s’engager dans des campagnes de changement. C’est ce qui vient de se passer au Pérou où le parti Gana Peru vient de remporter,»

    Un ancien tueur et tortionnaire des anciennes dictatures… Faut quand même faire la part des choses Oscar.

    Quant à Amir, il est authentique, pour l’avoir rencontré à quelques reprises et pour avoir connu ses proches, dont son père, qui était alors membre également, comme moi, du Parti communiste du Québec (collectif dans Q-s).

    Je suis désormais dans Alternative Socialiste, un autre collectif au sein de Q-s, également membre du CIO international. http://www.alternativesocialiste.org/

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        8 juin 2011 à 10 10 42 06426
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        ayant personnelement dévolppé ma premiere IA a l’age de 17 ans : http://www.cppfrance.com/codes/INTELLIGENCE-ARTIFICIELLE-RECONNAISSANCE-FORMES-TEMPS-REEL_30894.aspx, je suis d’accord que la singularité technologique peut etre une chose tres dangereuse pour homme et a évolué voir plus forte que l’exponentielle, mais il en reste pas moins que l’homme dispose pour l’instant de technique permettant de detruire ce genre de robot, je pense par exemple aux armes issus de l’atome, (balle en uranium) permettant de percé les blindages les plus denses, car l’uranium est le metal le plus dense et donc passe a travers les autres metaux une fois lancé a une vitesse suffisante, mais reste aussi les bombes nucléaires qui aujourd’hui nous sommes capables de fabriqué en quasi toute échelle, et je pense aussi que l’homme a créé la machine, et en lui est le pouvoir de la programmer a son choix, meme en IA, de plus et la je rentre dans quelque chose de tres trash, la plupart des chercheurs en android sont situé aux japons, hors comme ont le sait ils sont exposés en ce moment a de fortes doses de radioactivités, et devrait les pauvres mourrir d’ici peut vu la quantité de produits radioactifs ingéré… de plus les android sont des appareils électrique, hors comment detruire une chose qui fonctionne de maniere électrique : une bombe électromagnétique… n’importe quel appareil électrique peut etre detruit de cette facon la, et sachant la faible resistance de nos processeurs ou de nos satellites par exemple a cette electromagnétisme (voir les vents solaires actuels qui risquerait de destabiliser nos satellites), je pense que le nombre de moyens existant pour paré les android sont largement suffisant et que nos chercheurs n’ont pas vertus pour l’instant d’en faire des armées incontrolables. il ne faut pas oublier un principe, c’est que l’homme crée la technologie, et bien que l’envolé de la singularité pourrait etre nefaste nous disposons en ce moment des armes pouvant stopper cela….

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        8 juin 2011 à 11 11 03 06036
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        «Mais qui y a t’il de sociale a proposer

        ou de capitaliste

        RIen

        NIHIL

        La carte n’est pas là»

        Euh, le socialisme propose une alternative et ce n’est pas qu’il ait échoué qu’il l’ait écarté des alternatives, mais de l’interdiction par les grandes puissances d’y adhérer et de le développer, les peuples en harmonie.

        S’il n’avait pas été de l’impérialisme, même la Russie aurait connu une toute autre tournure, Moscou n’aurait pas eu à mettre tant d’efforts dans la militarisation. De même que chaque culture n’avait pas été appliquée au socialisme de Karl Marx, il n’y aurait pas eu de culte de la personnalité, de ce diktat d’un seul homme sur le prolétariat. Jamais le diktat du prolétariat n’a été réalisé, le socialisme n’a jamais existé.

        Donnons-lui une chance, jugeons-en ensuite et comme pour le socialisme, réformons-le jusqu’à ce que nous aboutissions au communisme. C’était le principe…, ou je me trompe? Ça n’a jamais été fait et aucune économie ne peut évoluer en un seul pays, dans la mesure où les frontières de nos pays existent toujours. Il faudra donc en tenir compte et ne pas juger ce qui s’est fait à Cuba, où le capitalisme en un seul pays aurait fait pire encore.

        Il y en a des alternatives, vous vous refusez seulement de les voir. Québec-solidaire au Québec par exemple, offre aux démocrates d’y adhérer et d’y jouer un rôle crucial au sein des instances démocratiques qui pavent son programme, et qui dicte au porte-parole (Amir Khadir) les voies à suivre, et non le contraire comme dans tous les partis politiques où le chef est le dictateur absolu sur la totalité des membres (Pq, PLQ, ADQ/Équipe Mario Dumont dans le temps…
        ).

        @ Gauthier

        Je ne sais pas trop de quoi vous parlez avec votre intelligence artificielle. Je crois qu’il est du devoir des humains de se gouverner seuls, démocratiquement et non via des dictatures choisies démocratiquement aux 4 ans.

        Sinon, bravo pour vos réussites, c’est même intéressant, vous devriez en faire un billet.

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          8 juin 2011 à 11 11 17 06176
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          je parle ici de ce que est dit dans les liens qu’il nous donne : que l’homme va mourrir du aux android et n’a plus aucun espoir d’etre, je repondais simplement qu’il ne faut pas désespérer et savoir que l’on dispose de choses permettant de nous protéger contre ce dont il parle.

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            8 juin 2011 à 13 01 12 06126
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            Noté.

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      8 juin 2011 à 11 11 21 06216
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      Sylvain: vous faites dans votre commentaire une affirmation qui va au-delà de l’insinuation et je pense que vous devez vous expliquer davantage sur cette affirmation que vous dirigez directement contre le nouvel élu du Pérou.

      « Un ancien tueur et tortionnaire des anciennes dictatures. »

      Pour me permettre de faire la part des choses il faut que vous me cibliez des faits qui démontrent qu’il a été un tueur et un tortionnaire. Il ne suffit pas de lancer des affirmations comme savent le faire les oligarchies et la droite, pour se laver facilement les mains de ce qui a été dit. Il est de votre devoir d’éclairer mon antenne et celle des lecteurs et lectrices de Centpapiers sur les fondements de votre affirmation. Il ne suffit pas d’être un soldat pour être complice de tous les crimes commis. Encore faut-il en faire la démonstration.

      Vous pouvez être assuré que ses opposants ont tout exploité de vrai et de faux pour empêcher l’élection de Ollanto Humala à la présidence du Pérou. Il en était à sa deuxième tentative.

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        8 juin 2011 à 11 11 50 06506
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        http://www.centpapiers.com/l%e2%80%99inquietant-passe-du-futur-president-ollanta-humala/72581/comment-page-1#comment-25237

        Voilà Oscar. Tout le monde ne pouvait pas savoir, j’aurais du mettre ce lien, encore désolé. Mon erreur.

        Mais Oscar, y en a certains qui se disent de gauche et qui ne le sont pas forcément. Avez-vous quelque chose démentant cet avertissement de Zoro2? S’il n’était pas membre de ce bastion, je regrette mes propos à son endroit.

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          8 juin 2011 à 17 05 52 06526
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          mais c’est vrai que mon message comportait beaucoup de maladresse, mais n’ayant pas eu beaucoup de temps pour l’écrire, j’ai n’ai pas eu le temps de mieux formuler ma réponse…

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            9 juin 2011 à 7 07 20 06206
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            MAIS : vous ne lisez pas

            et vous ne comprenez rien

            comme pour le « socialo communisme »

            QUI VOUS PROTEGERA DE VOUS MEME

            QUI VOUS PROTEGERA DE L’HOMME

            LE « COMMUNISME » TEND A DEVENIR DU CAPITALISME, SOIT LA MEME CHOSE UNE HYPERCLASSE DIRIGEANTE BIEN PENSANTE

            AUJOURD’HUI LE PEUPLE EST INUTILE ET LE PEUPLE N’EST ET NE SERA PAS LA TETE

            A VOUS DE VOIR CE QUE VOUS DEVEZ FAIRE IMBECILES

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            9 juin 2011 à 9 09 30 06306
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            peux tu être plus clair pour :
            « QUI VOUS PROTEGERA DE VOUS MEME

            QUI VOUS PROTEGERA DE L’HOMME »

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    8 juin 2011 à 16 04 22 06226
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    Faut quand même faire la part des choses Sylvain

    Un article qui glisse subtilement de suppositions, de commentaires, d’accusations, pour suggérer à la toute fin la culpabilité. J’ai lu attentivement l’article et je n’y ai trouvé aucun fondement à l’effet que Ollanta Humala ait été responsable de tortures et de meurtres. L’article de Stéphane Fernandez ne permet d’aucune façon de fonder les accusations et de les convertir en faits prouvés. Je me permets de tirer quelques extraits suivi d’un bref commentaire.

    En tant que capitaine, Ollanta Humala qui était chef d’une des bases de ce bataillon, celle de Madre Mia, pouvait-il ignorer les actes des troupes qu’il dirigeait ? Pouvait-il seulement ne pas y participer ?
    «
    Commentaire : Vous posez la question tout en orientant la réponse. Or la réponse n’est pas nécessairement celle que vous suggérez.

    « Si Ollanta Humala n’a pas nié avoir été « un » capitan Carlos, il a basé sa défense sur la présence de plusieurs capitan Carlos dans le bataillon et sur le fait que son nom n’ait pas été cité par la CVR. »

    Commentaire : Il faut croire que cet argument a convaincu ceux qui le jugeaient.

    « Ce cas, comme de nombreux autres, n’a pu être élucidé au moment de l’enquête de la CVR, apparemment faute de temps. »

    Commentaire : votre « apparemment » ne fait pas très sérieux lorsqu’il est question de justice. Je pourrais ajouter que c’est « sans doute » par manque de preuve.

    « Ollanta Humala affirme qu’il a toujours collaboré avec la justice et qu’il est sorti lavé de tout soupçon à plusieurs reprises. »

    Commentaire : De quoi faire réfléchir, sachant que les adversaires politiques sont puissants.

    « Mais que le système judiciaire péruvien, hautement corrompu, ait blanchi Humala ne signifie pas pour autant que certaines des accusations proférées contre lui soient fausses. »

    Commentaire : Il y a dans cette relation au cas d’Alan Garcia que vous faites quelque chose de vicieux dans le sens de dire que si la justice a agi ainsi avec Garcia, elle en a fait autant avec Humala. Ce lien, vous le savez ne peut être que suggestif et sans fondement juridique.

    « Bien sûr, en vingt ans, il n’y a que les sots qui ne changent pas d’avis mais Ollanta Humala possède une carrière militaire plus qu’inquiétante. »

    Commentaire : Pourquoi cette inquiétude, alors que tout ce qu’il y a d’oligarchies au Pérou s’est déchaîné pour lui faire perdre ces élections. S’ils étaient aussi certains que vous l’êtes qu’ Humala serait leur homme de confiance, alors pourquoi autant d’acharnements contre lui et autant de mensonges.

    « Les électeurs péruviens avaient le choix le 5 juin lors du 2e tour de l’élection présidentielle entre Ollanta Humala, ancien chef militaire accusé de violations des droits de l’homme, ou son adversaire Keiko Fujimori, la fille du dictateur Alberto Fujimori au pouvoir de 1990 à 2000 »

    Commentaire : Vous oubliez de mentionner que l’ancien militaire, accusé de violation des droits de l’homme a toujours été blanchi de ces accusations, et que Madame Fujimori a joué le rôle de première dame du pays sous la dictature de son père dont les responsabilités ont été reconnues et sentenciées..

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      9 juin 2011 à 6 06 44 06446
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      «Commentaire : Vous posez la question tout en orientant la réponse. Or la réponse n’est pas nécessairement celle que vous suggérez.»

      Effectivement Oscar, ce n’est peut-être pas celle qu’il suggère. Peut-être, peut-être pas. Nous deux, on ne sait pas en tout cas. Nous ne sommes donc pas plus avancés.

      «Commentaire : Il faut croire que cet argument a convaincu ceux qui le jugeaient.»

      Pour ma part, comme vous sans doute, celui-là me laisse de glace. Ce n’est pas une preuve encore. Mais ce n’en est pas une du contraire non plus.

      «Commentaire : votre « apparemment » ne fait pas très sérieux lorsqu’il est question de justice. Je pourrais ajouter que c’est « sans doute » par manque de preuve.»

      Mais Oscar, ils nous le servent, cet argument, pour qu’on laisse Pinochet tranquille dans sa tombe. Vous savez comme moi qu’il est difficile de faire la lumière sur bien des cas en Amérique latine et possiblement que vous avez raison sur ce cas-ci. Mais je me pose tout simplement la question suivante, est-il d’après vous, un ancien tortionnaire et un ancien bourreau? C’est une question sérieuse sur laquelle je n’ai aucune réponse déjà toute faite dans ma tête, sincèrement.

      «Commentaire : De quoi faire réfléchir, sachant que les adversaires politiques sont puissants.»

      Je connaissais bien des contextes en Amérique latine, mais pas celui-là Oscar, apprenez m’en plus s’il vous plaît.

      «Commentaire : Pourquoi cette inquiétude, alors que tout ce qu’il y a d’oligarchies au Pérou s’est déchaîné pour lui faire perdre ces élections. S’ils étaient aussi certains que vous l’êtes qu’ Humala serait leur homme de confiance, alors pourquoi autant d’acharnements contre lui et autant de mensonges.»

      À mon sens à moi, parce que pour ma part, je n’étais pas au courant du long combat d’Humala. J’ai suivi ceux de Correa, de d’Ortega, l’ancien chef sandiniste, d’Evo Morales, des autres au Salvador, de l’opposition dans laquelle j’ai un ami en Colombie à Bogota, etc.. , mais je ne suivais de toute évidence pas les traces d’Humala. À vous de m’en dire plus, si vous le voulez, pour me mettre dans le contexte.

      Mais comprenez-moi, il y a tellement eu de cas où on se faisait avoir, que je ne me fie pas tout simplement sur la première apparence, merci de m’avoir éclairé sur ce cas précis Oscar! J’en prends bonne note!

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    9 juin 2011 à 7 07 44 06446
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    Sylvain, merci pour ce dernier commentaire. Il me permet de dire avec vous que la complexité des situations ainsi que la manipulation, souvent à outrance, de l’information rendent difficile la juste appréciation des choses. Une raison de plus pour être doublement prudent lorsque le montage d’une histoire est tissé de « rumeurs », de « on dit », de « il semble » etc… et que l’effet recherché est la démolition de la réputation d’une personne finalement qualifiées de « tortionnaires et d’assassins ». DAns le cas des généraux en Argentine, ils sont actuellement jugés et certains condamnés, tel Videla. Au Chili plusieurs chefs de l’armée ont également été condamnés. Fujimori, lui-même, a été jugé et condamné par la justice péruvienne.

    Dans le cas présent la seule certitude que nous avons est qu’il a été accusé et que chaque fois il a été blanchi.

    Toute spéculation sur la nature du jugement, sur le système de justice ne fait que reprendre le même scénario des « suppositions », à moins évidemment que des faits permettent de démolir les procédures suivies.

    Quant à la puissance des oppositions oligarchiques il suffit de penser aux appuis qu’elles reçoivent de Washington, aux sources de financement que sont les grandes corporations, au contrôle qu’elles exercent sur les moyens de communication dont elles sont souvent propriétaires… Au Venezuela, en Équateur, en Bolivie ces forces ont été utilisées à plein régime.

    Je m’excuse pour la longueur et je te souhaite une bonne journée.

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      9 juin 2011 à 9 09 21 06216
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      Oscar, j’adore les longueurs! Vous devriez le savoir! Ha ha!

      Bonne journée également!

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        9 juin 2011 à 9 09 43 06436
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        Un peu d’humour fait du bien. J’aime beaucoup cette pensée de Kierkegaard: »Il faut prendre au sérieux ce qu’on fait, mais ne pas se prendre au sérieux dans ce qu’on fait. »

        Bonne journée à vous aussi Sylvai.

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