À la recherche de la science secrète du Seigneur(24) Autorité spirituelle!

 Autorité Spirituelle.

 Knock, knock !

            Bon ! Encore dérangé ! Tout juste au moment où j’allais trouver un autre sujet intéressant à vérifier.  On ne peut jamais être tranquille chez soi !

– Oui ? Que puis-je pour vous ?

– Vous êtes bien M. Elie l’Artiste ?

– Et vous êtes… ?

– Le cardinal Eilé Stropovitch.  J’aimerais échanger quelques mots avec vous, si vous le permettez.

– C’est à quel sujet ?

– Il serait peut-être mieux que nous discutions à l’intérieur, vous ne croyez pas ?

– Pas vraiment, non.  Vous êtes seul ?  (Et je jetai un coup d’œil aux alentours.  Assez normal avec un interlocuteur ayant un nom pareil !).

– Évidemment.

– Alors entrez, mais je n’ai pas beaucoup de temps.  J’espère que vous allez m’excuser.

– Je ne serai probablement pas très long, M. l’Artiste.

– Passons au salon, si vous le voulez bien.  Bon !  Que puis-je faire pour vous cardinal ?

– J’aimerais que vous m’éclairiez sur votre hypothèse décrivant un principe directeur derrière l’évolution de tout ce qui est.

– Un principe, vous dites ?

– Disons que selon mes sources, c’est ce qu’il me semble, oui.

– Je commence à croire que ma maison est bourrée de micros cachés.  Vous n’êtes pas du KGB, M. le Cardinal ?

– Soyez sérieux, M. l’Artiste.

– Ouais… En fait, le principe dont vous parlez n’est que les forces fondamentales qui influencent l’évolution.  Si on peut le qualifier de «principe», c’est vraiment un principe scientifique, à tout le moins.  Je ne vois pas l’intérêt que peut y porter un Cardinal.

– Donc, vous êtes de ceux qui excluent le clérical du laïcisme, M. l’Artiste ?  Vous croyez que nous ne sommes pas intéressés ni informés des données scientifiques ?

– Non, pas du tout, mais avouez qu’il est un peu surprenant qu’un Cardinal veuille discuter de science avec moi.

– Comme je vous le disais tantôt, je voudrais que vous m’expliquiez votre hypothèse.

– Posez-moi les questions qui vous intéressent, M. le Cardinal.  Je répondrai le mieux possible.

– Que pensez-vous de Dieu ?

– Je n’y pense pas, M. le Cardinal.

– Alors que pensez-vous de la religion ?

– Je pense que le concept religieux est issu d’une science dont les explications rationnelles furent perdues.

– Mais quelle «science» pouvait exister avant l’apparition du concept religieux, M. l’Artiste ?

– Celle qui a fourni les dogmes religieux, évidemment.

– Mais de quels dogmes parlez-vous ?  Pouvez-vous me donner un exemple ?

– Voyons, prenons le Baptême de Jésus dans le Jourdain par Jean le Baptiste.

– Mais ce n’est pas un dogme, M. l’Artiste.

– D’accord; par contre, Jésus-Christ, fils de Dieu en est un et ce dogme est expliqué par son baptême dans le Jourdain.

– Continuez.

– Le scénario est donc : Jésus, debout dans le Jourdain avec une colombe descendant du ciel, représentant l’Esprit Saint et une voix qui dit : «Celui-ci est mon fils bien-aimé !»  Vous êtes bien d’accord avec moi ?

– Parfaitement.

– Dans ce scénario, la voix que l’on entend est bien celle de Dieu le père ?

– Oui.

– La Colombe représente bien l’Esprit ?

– Exactement.

– Et Jésus, debout dans le Jourdain, représente bien l’incarnation «Fils de Dieu» ?

– C’est une façon de le percevoir.

– Est-ce une façon qui est exacte ?

– Oui, je peux le dire.

– Merci.  Donc, avouez que Jésus est ici, «matière», la colombe est «esprit» et la voix est l’immatériel «source de tout ce qui est», puisqu’il est le Père Dieu.

– C’est encore exact.

– Je vous ferai simplement remarquer, M. le Cardinal, que ce scénario est la plus grande probabilité de la «structure» de notre univers, la «matière» étant de 3 dimensions, la «pensée» de 2 dimensions et «Ce qui est» n’étant alors que la première dimension.

– Dieu le Père serait ce «Ce qui est», M. l’Artiste ?

– Il semble bien, puisque c’est lui-même qui l’a dit à Moïse lors de l’épisode du buisson ardent, selon la Bible, M. le Cardinal.

– Mais vous m’avez dit que le «Principe», s’il en est un, est scientifique et vous me parlez de religion, M. l’Artiste.  Comment y rattachez-vous la science ?

– Vous connaissez l’univers quantique M. le Cardinal ?

– Je connais le «quantique» mais je ne crois pas qu’il soit qualifié d’univers.

– Vous avez raison, il n’est habituellement pas qualifié d’univers, mais essayons d’y voir clair.  Notre univers tel que nous le percevons actuellement, c’est à dire ayant 3 dimensions ne peut exister qu’à partir du mur de Planck.  Vous êtes d’accord ?

– Oui, selon les calculs de Planck.  Ce mur représente l’instant où l’univers avait un «volume» de 10^-33m qui est la plus petite «distance» possible.

– Excellent, M le cardinal !  Par contre, cette plus petite distance possible se limite à un univers ayant 3 dimensions, puisque c’est ce dont parle Planck, non ?

– Parfaitement.

– Par conséquent, s’il existe quelque chose derrière ce mur de Planck encore plus «petit», il ne peut pas avoir 3 dimensions.

– Logiquement, vous avez raison, M. l’Artiste.

– Merci ! Donc, s’il ne peut avoir 3 dimensions, il est peut-être possible qu’il n’en ait que 2.  N’est-ce pas ?

– On peut supposer tout ce que l’on veut, M. l’Artiste, surtout derrière le mur de Planck.

– On le peut certainement, M. le Cardinal.  D’ailleurs c’est ce que font les théoriciens de physique nucléaire avec leur théorie des cordes, avouons-le.

– D’accord, mais ça nous mène où ?

– Il existe plusieurs théories des cordes dont 5 sont actuellement retenues.  Par contre, les théoriciens ont dû imaginer la théorie des «super cordes» pour tenter de solutionner les problèmes causés par les théories des «simples cordes».  Vous êtes au courant, M. le cardinal ?

– Oui, effectivement, je suis au courant.

– Par conséquent, on se rend compte que les théoriciens, lorsqu’ils adoptent une «théorie» qui ne fonctionne pas vraiment, essaient d’imaginer des «rajouts» à cette théorie au lieu de revenir sur leurs pas et trouver une autre théorie.

– On peut voir cela de cette façon, M. l’Artiste; mais en fait, les théories des cordes répondent à une majorité de questions jusqu’ici sans réponses.  Donc, vouloir «améliorer» la théorie est justifiable, je crois.

– Peut-être est-ce justifiable, mais ajouter des solutions imaginaires à une théorie imaginaire pour expliquer une époque que l’on ne peut pas imaginer au départ me semble un peu… illogique.

– Que proposez-vous donc ?

– Je propose de qualifier l’ère de Planck (derrière le mur) d’univers à 2 dimensions au lieu d’y ajouter une dizaine de dimensions.  Je propose que, puisque la matière ne peut exister que dans un état tridimensionnel, ce qui existe avant la possibilité d’un univers à 3 dimensions, soit un univers à 2 dimensions qui est «immatériel».

– Mais vous savez très bien que pour la science, l’immatérialité n’existe pas.

– Pour la science, ce qui existe est la «virtualité», ce qui décrit une «image de la matérialité».  Avouons, même si on veut l’éviter, qu’une «image» ne possède que 2 dimensions, et une image de la matérialité est une représentation en 2 dimensions de ce qui en possède 3.

– C’est exact mais on pourrait parler d’hologramme qui lui possède 3 dimensions.

– Certainement, mais un hologramme n’est pas une reproduction «matérielle» d’un objet, il n’est est qu’une reproduction «immatérielle» en «image» ayant 3 dimensions.  L’hologramme n’est pas de la matière en soi.

– On pourrait opposer le fait que les rayons lumineux sont matériels, M. l’Artiste.

– On pourrait certainement, mais on pourrait rétorquer que dans un hologramme, on se sert de la caractéristique «ondulatoire» de la lumière et non de sa caractéristique «particule».

– Bon ! Admettons que l’image à 3 dimensions d’un objet, n’est pas cet objet matériel.  Ensuite…

– Simplement déduire l’existence de «quelque chose» qui n’ait que 2 dimensions avant que n’apparaisse ce qui en possède 3, M. le cardinal.

– D’accord, acceptons pour l’instant qu’il puisse exister quelque chose qui n’ait que 2 dimensions.

– De plus, ce quelque chose n’ayant que 2 dimensions, ne peut pas être «matériel», êtes-vous d’accord ?

– Personnellement, je n’ai aucun problème avec ce concept, mais je ne crois pas que les savants se placent dans les mêmes prédispositions intellectuelles.

– M. le Cardinal, c’est leur problème; je ne suis pas là pour les convertir et assurer leur équilibre intellectuel. Je me contente de répondre à mon questionnement personnel.

– Bien sûr; continuez, M. l’Artiste.

– Donc, nous sommes face à 2 univers dont le dernier découle du premier : un univers ayant 2 dimensions qui évolue en s’ajoutant une 3e dimension pour devenir notre univers espace/matière.

– Vous dites «espace/matière» mais vous n’avez pas du tout abordé le temps, qui, pour la science, est une 4e dimension.

– Une toute petite correction, M. le Cardinal; le temps est une 4e dimension, non pour la science, mais plutôt pour l’outil dont se sert la science, c’est à dire, les mathématiques scientifiques.  Autrement dit, les savants se doivent de considérer le temps comme une dimension dans leurs équations scientifiques.

– Ce n’est pas tout à fait exact, M. l’Artiste.  Le temps, étant relatif à la vitesse et à la masse, est quelque chose qui change de valeur; donc, il est quelque chose de «tangible» si l’on peut dire.  C’est pourquoi il est considéré comme une «dimension» de notre univers.

– Parfaitement d’accord avec vous; mais remarquez que la science parle toujours d’un univers à 3 dimensions plus une 4e qui est le temps.  On ne parle jamais d’un univers à 4 dimensions, n’est-ce pas ?

– C’est exact.

– Donc, il y a quelque chose de «spécial» et de «curieux» au niveau du temps, dans l’esprit des savants.  Comme un questionnement qui subsiste et qui n’est pas solutionné.

– C’est très possible en effet.

– Regardons ce qu’est le temps en réalité.  Je qualifierais le temps comme simplement un moyen de décrire et de quantifier la durée que prend un «objet» pour se déplacer d’un point A à un point B.

– Ce qui est le cas, incontestablement.

– Donc le temps est relatif à la vitesse, c’est tout à fait évident; mais s’il est causé par le «mouvement», le temps devient alors une apparence de la durée du mouvement.

– Mais si on parle de vitesse, on ne fait qu’ajouter une quantification au mouvement, je ne vois pas la différence ?

– La différence est que nous rattachons le temps à la vitesse, c’est-à-dire, à une «quantification d’une conséquence» au lieu de la conséquence elle-même, qui est, en réalité, le simple mouvement.  Et malgré que «tout ce qui existe est en mouvement», on met de côté le temps applicable à ce qui nous «semble» inerte.  De plus, en ne considérant que la vitesse du mouvement, nous admettons la chaleur comme cause des changements au cours de l’évolution.

La chaleur étant elle-même «conséquence du mouvement» tout en étant relative à la vitesse du mouvement, nous sommes, encore une fois, «détournés» des vraies causes pour ne nous rattacher qu’aux apparences.

– Mais ça change quoi dans la recherche de «l’origine de l’univers» ?

– Ça change le fait que lorsqu’on ne considère pas la «vraie cause» de quelque chose et qu’on s’arrête à considérer seulement les «apparences des causes», on se met à «tourner en rond» avec la vitesse et la chaleur et on ne parvient plus à expliquer la densité et la masse parce que la vraie «force» derrière le mouvement qui provoque les évènements devient inaccessible.

– Je vais vous laisser continuer à prouver ce que vous affirmez par contre, je ne vois pas vraiment…

– M. le Cardinal…

– On s’adresse à moi, habituellement en disant : Votre excellence, M. l’Artiste.

– Peut-être M. le Cardinal, mais c’est moi qui vous fourni les connaissances que je suis, semble-t-il, seul à posséder; donc, pour l’instant, l’excellence me revient de droit.  Par contre, vous pouvez continuer de vous adresser à moi en disant : M. l’Artiste ou même, tout simplement : l’Artiste si vous voulez.  Ça ne m’offusque pas du tout.

– Continuez, l’Artiste.

– Merci Cardinal. Donc, nous avons devant nous un univers à 3 dimensions qui tire son origine d’un univers à 2 dimensions. Logiquement, où pourriez-vous trouver l’origine de cet univers à 2 dimensions, M. le Cardinal ?

– J’imagine que vous allez me dire : d’un univers à une seule dimension ?

– Évidemment M. le cardinal; cette 1e dimension «qui est».

– Cette première dimension «qui est» se trouve être Dieu, M. l’Artiste. Comme vous l’avez dit vous-même plus tôt, Dieu s’est présenté à Moïse en disant : «Je suis celui qui est ».  Ce qui signifie que vous croyez en Dieu, M. l’Artiste.

– Je dirais, que je crois en une «source originelle» de notre univers, que vous, vous appelez Dieu et à qui vous donnez des pouvoirs surnaturels, ce qui me semble illogique, M. le Cardinal.

– Vous croyez pouvoir identifier et surtout comprendre Dieu, M. l’Artiste ?

– Du moins, j’essaie M. le Cardinal; c’est le mieux que je puisse faire. D’ailleurs Jésus n’a-t-il pas dit : «Cherchez et vous trouverez» ?

– Ce qu’il voulait dire à ce moment-là était que quiconque cherchait Dieu, était certain de le trouver.

– Merci de me rassurer, M. le Cardinal; c’est très gentil.  Comme vous pouvez le constatez, c’est exactement ce que je fais.  Vous venez de dire que j’avais trouvé Dieu en «Ce qui est».  Est-ce dire que vous êtes d’accord avec moi ?

– Votre proposition d’un univers à 3 dimensions provenant d’une à 2 dimensions tirant son origine d’une seule dimension qui est Dieu, ne va pas à l’encontre des dogmes de foi, M. l’Artiste.

– Je le sais très bien, M. le cardinal; ce qui ne va plus c’est lorsqu’on donne des pouvoirs surnaturels à «Ce qui est».

– Mais il a créé tout l’univers, M. l’Artiste.  Comment ne pas lui donner une puissance extraordinaire ?

– Tout simplement parce que l’univers actuel est une évolution naturelle de «ce qui est», M. le Cardinal.  Étant naturelle, c’est une «création» ordinaire et non extraordinaire comme vous le dites.  D’ailleurs, il semble que «ce qui est», que vous appelez Dieu, ne possède aucune connaissance à ses débuts.  Sa première prise de conscience fut simplement celle de sa «possibilité d’être».  Il n’était, à l’époque, qu’une banale potentialité statique.

– M. l’Artiste, vous êtes tout près du blasphème; vous savez ça ?

– Ça ne me dérange pas du tout, M. le Cardinal.  Le blasphème n’est pas mon problème à moi; c’est celui de ceux qui se limitent aux dogmes.

– Et si je vous excommuniais, M. l’Artiste ?

– M’excommunier ? J’espère que vous allez me fournir une copie de mon excommunication.  J’aimerais l’encadrer et la placer sur l’un des murs de mon bureau.  Sur parchemin, avec des enjolivures, serait énormément apprécié, M. le Cardinal.

– Je verrai plus tard ! Comment en venez-vous à enlever toute connaissance à Dieu ?

– À cause de 2 «faits», M. le Cardinal :

 1) l’univers à 2 dimensions ainsi que l’univers à 3 dimensions sont causés par le simple mouvement.  Ce qui détermine que l’univers à une seule dimension est une «source» sans mouvement, un univers statique; c’est pourquoi il ne fait qu’«être».  Il se situe avant le premier mouvement.

– Mais ça ne touche pas la «connaissance» de Dieu, M. l’Artiste.

– J’ai mentionné 2 «faits»; voici le 2e :

 2) L’univers à 3 dimensions a évolué d’un univers à 2 dimensions.  La caractéristique principale de cette évolution est la recherche de la survie. 

         Tout dans l’univers ne cherche qu’à survivre, M. le Cardinal, que ce soit dans l’univers appelé «virtuel» ou l’univers matériel.  Tout ce qui existe cherche l’équilibre stabilisateur qui lui permettra de survivre dans un univers en mouvement.  «Univers en mouvement» signifie un univers constamment déstabilisé.  Cette déstabilisation continuelle oblige les composants universels à se rééquilibrer constamment pour survivre.

– Mais, encore une fois, ça ne touche pas l’omniscience divine.

– Vous croyez ça vous ?  Si l’omniscience divine était réelle, l’univers serait «en équilibre constant» et les composantes n’auraient pas à rechercher l’équilibre, M. le Cardinal.  Si Dieu était omniscient et omni puissant, il aurait créé son univers de façon parfaite.  C’est d’ailleurs ce que l’on croyait il n’y a pas 150 ans.  L’univers n’était pas «dynamique»; mais statique. 

         De plus, l’évolution démontre que chacune des composantes universelles essaie de trouver une solution aux problèmes anti-survie qu’elle rencontre; et lorsqu’elle échoue, elle est «recyclé», puisque «rien ne se perd, rien ne se crée et tout se transforme».  Conséquemment, chacune des composantes universelles vit des expériences pour déterminer les solutions pro-survie aux problèmes anti-survie.  Je ne vois qu’une seule explication à ce phénomène naturel, M. le Cardinal. C’est que l’univers qui n’était qu’une potentialité à ses débuts prend les moyens nécessaires pour devenir une réalité finale.  Et cette augmentation de la définition des problèmes anti-survie entraîne les composantes de l’univers dans une définition plus précise des solutions pro-survie.  L’univers paraît donc, à nos yeux, comme s’avançant vers la complexité; ce qui en fait n’est qu’une «spécialisation de recherche de solutions» déterminée par une définition plus «pointue» des problèmes de survie.

– Vous croyez que l’univers dans lequel nous vivons n’est pas réel, M. l’Artiste ?  Vous n’êtes pas sérieux.

– Il n’y a rien de plus réel et n’est définitivement plus une simple potentialité, M. le Cardinal, avouez-le.  Il est passé depuis longtemps au stade de «probabilité» qui est la caractéristique de l’univers quantique, comme le démontre la loi de l’indéterminisme d’Heisenberg.  Il est actuellement dans le stade de «possibilité» puisque les problèmes pro-survie ne sont pas encore tous solutionnés.  Lorsque ce sera fait, l’univers deviendra une réalité stabilisée, donc «réalisée».  Elle redeviendra statique puisqu’elle n’aura plus à chercher.  Votre Dieu potentiel du début deviendra un Dieu réel qui obtiendra, à ce moment-là, une nouvelle potentialité qu’il devra réaliser.  Il se remettra alors, de nouveau, en mouvement.

– Ça ressemble beaucoup au dogme Bouddhiste du jour cosmique suivi de la nuit cosmique dans le mouvement du Samsara, M. l’Artiste.  Vous êtes tout simplement influencé par une autre religion.

– Je ne suis influencé par aucune religion, M. le Cardinal.  Je ne suis influencé que par une parole de sagesse qui dit : «Cherchez et vous trouverez». 

Donc, je cherche et c’est ce que je trouve qui soit le plus logique.  D’autant plus que rien, ni dans la base des religions ni en science, ne va à l’encontre de cet hypothèse.

– Je me dois de vous contredire, M l’Artiste.  Il existe des dogmes dans notre religion qui se tiennent en opposition directe avec votre concept de Dieu.

– Les dogmes sont des «vérités que l’on dit ne pas pouvoir comprendre». Ce sont eux, ces dogmes, qui sont en directe opposition avec cette parole de Jésus disant : «Cherchez et vous trouverez»; ce qui, sans possibilité d’être réfuté, signifie que l’on peut tout comprendre.  Je ne prends pas en considération les dogmes qui ne sont que l’acceptation d’être ignorant et obtus.  Veuillez m’en excusez, M. le Cardinal.  Je n’accepte pas d’être ignorant.

– Mais il est impossible de comprendre Dieu, l’Artiste !

– Impossible n’est pas humain, Cardinal !  L’homme est celui qui prend conscience de son environnement en évolution.  Il semble être le détenteur de cette conscience qui «apprend» des expériences vécues actuellement, tout en découvrant la succession des évènements qui ont précédé durant la durée de l’évolution.  L’homme est celui qui vit l’expérience et sa conscience est celle qui apprend de ces expériences.  L’homme semble être la conscience universelle, M. le Cardinal.

– Que donne à l’homme de comprendre et d’apprendre de ces expériences si la mort cesse l’expérience en cour de route et surtout, s’il perd son âme ?   Vous divaguez, l’Artiste.

– Et vous, Cardinal, vous vous fermez, et cessez de réfléchir devant le mur du dogme.  Vous oubliez que vous croyez en l’Esprit et en l’âme immortelle. Comment perdre cette âme qui est immortelle, M. le Cardinal ?  Et vous dites que c’est moi qui divague ?  L’âme a toujours été immortelle et l’esprit est devenu immortel à la réalisation de sa potentialité.  L’esprit immatériel réalisé, a alors eu accès à sa nouvelle potentialité qui est de se concrétiser matériellement; c’est ce qu’il fait depuis le mur de Planck, M. le cardinal.

– La matière serait une «création» de l’esprit, selon vous M. l’Artiste ?

– Vous aimez et vous tenez beaucoup à votre mot «création» me semble-t-il, M. le Cardinal.  Je vous conseillerais de le changer pour le mot «expression d’une évolution».  La matière est une «expression» de l’esprit et l’esprit est une «expression» de l’âme.

– Et l’âme est l’expression de quoi, M. l’Artiste ?

– L’âme n’est l’expression de rien, M. le Cardinal.  L’âme est « ce qui est ».

– L’âme est donc Dieu, selon vous ?

– L’âme est «ce qui est avant toute manifestation»; elle est donc ce qui est avant le 1e mouvement.  Elle est statique et ne change pas.  À nos yeux, nous qui sommes dans le mouvement, «elle était», «elle est» et «elle sera».  À ses yeux à elle, «elle est» tout simplement.

– Et la conscience dont vous parliez plus haut ?

– La conscience de l’âme fut son 1e mouvement.  L’âme prit conscience de sa potentialité en se demandant : «Suis-je ou ne suis-je pas ?»  Le dilemme de l’âme était et est toujours, encore aujourd’hui : «être ou ne pas être».  Si elle avait accepté de ne pas être, M. le Cardinal, l’univers n’existerait pas aujourd’hui.  L’âme, en décidant d’être, a dû se résoudre à découvrir et apprendre à solutionner et combattre tout ce qui se révélait une possibilité qu’elle ne soit pas.  Ces possibilités de «ne pas être» sont, évidemment, tout simplement les problèmes anti-survie que l’âme solutionne en s’incarnant dans l’expérience matérielle, après avoir réussi à solutionner tous les problèmes anti-survie de l’état spirituel ou «virtuel» si vous préférez.

– Dieu s’incarne dans l’expérience matérielle ?  Vous marchez constamment sur la corde raide du blasphème, l’Artiste.  Car selon ce que vous dites, l’homme devient l’incarnation de Dieu, c’est presqu’alors dire que l’homme est Dieu.

– Je ne suis pas le premier à le dire, M. le Cardinal; Jésus l’a dit lui aussi lorsqu’il dit : «N’avez-vous pas lu dans vos écrits que vous êtes des dieux ?»  L’homme est l’incarnation de Dieu tout comme, dans votre esprit, le Christ-homme est le «fils de Dieu» en étant l’une des 3 «personnes» de Dieu.  Si vous changiez le mot «personne» pour le mot «facette» de Dieu, tout deviendrait clair. 

Dieu est «Un», mais il est également «3» dans le cheminement actuel de la réalisation de sa propre réalité.  Le Christ dit lui-même que nous sommes ses frères.  Ce qui me semble signifier que nous, tout comme lui, sommes les fils de Dieu en étant l’une des 3 personnes de Dieu nous aussi.  M. le cardinal, vous possédez des connaissances extraordinaires insérées dans vos dogmes, que vous ne comprenez pas du tout.  Vous possédez la vérité sans la comprendre.  Répondez à l’enseignement du Christ qui est devenu homme pour nous apprendre que tous les hommes sont égaux; et que lui, étant homme, place tous les hommes égaux à lui qui est «Fils de Dieu».  Nous sommes, en fait, votre Dieu, évolué jusqu’à la 3e dimension en train de devenir une réalité «réalisée matériellement».

– Vous aurez énormément de difficultés à faire accepter cette idée de «déterminisme» chez nos savants, M. l’Artiste

– Il n’y a pas de «déterminisme» dans la recherche faite par votre Dieu, M. le Cardinal.

– Dieu est donc soumis au hasard ?  C’est une aberration !

– Il n’y a pas de hasard non plus, M. le Cardinal.

– Vous n’êtes pas sensé, l’Artiste !  Si le «déterminisme» n’existe pas, il ne reste que le hasard.  Je suis très déçu, vous n’avez aucune logique.

– Le hasard et le déterminisme ne sont que l’apparence des choses selon le point de vue que l’on adopte, M. Le Cardinal.  La réalité n’est aucune de ces deux  apparences.  Vous devriez pourtant savoir ça.

– Et quelle est donc cette réalité non déterministe ni hasardeuse, M. le génie ?

– L’évidence, M. l’obtus; votre Dieu est obligé d’essayer toutes les possibilités de solution pro-survie face à tous les problèmes anti-survie qui se présente à lui, il n’y a donc pas de hasard, il doit tout solutionner.  Il n’y a pas de déterminisme non plus puisqu’il ne sait pas cela va le mener.  Pour lui, il n’y a qu’une solution pour «devenir réalité» c’est d’annuler tout ce qui pourrait le prouver «irréel» en prouvant sa «réalité» à chaque fois qu’elle est confrontée à la possibilité de «non réalité», on pourrait dire plus précisément : sa «non viabilité».  Pour être réel, M. le Cardinal, il faut absolument être «viable» sans aucune «possibilité» d’irréalité.  Ce n’est pas du déterminisme, c’est de la volonté de survie continuelle, M. le cardinal. Nous y sommes confrontés à chaque seconde.  Et chacune de nos solutions qui réussissent à continuer de survivre rapproche votre Dieu, qui est notre âme, ou notre «je» réel, vers sa propre réalité indiscutable. 

          C’est pourtant simple à comprendre.  L’univers étant «tout ce qui est», il ne peut y avoir «autre chose» qui ne soit pas l’univers.  «Tout ce qui est» devient alors le «Celui qui est» de Moïse.

Il n’y a pas de Dieu à l’extérieur de «Ce qui est» et «Ce qui est» est également l’univers puisque si ce n’était pas le cas, c’est à dire que si «Ce qui est» n’était pas l’univers, l’univers ne serait pas.  C’est d’une simplicité enfantine à comprendre.  C’est probablement pourquoi Jésus à dit : «À moins de devenir comme un enfant, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux».  Avouez que les enfants ne sont pas confinés intellectuellement par des dogmes, M. le Cardinal.  Effacez vos dogmes et vous vous ouvrirez sur la simplicité de «ce qui est» et de «ce qui n’est pas».  C’est l’ouverture sur la science des opposés complémentaires; cette science qui, dans la Bible, s’appelle celle de la connaissance du Bonheur et du Malheur; deux opposés complémentaires également.

– M. l’Artiste, je venais ici vous parler de science et non de religion; la discussion a dévié, semble-t-il.

– M. le cardinal, lorsque vous parlez de religion, vous parlez des résidus d’une science dont la signification a été perdue.  La religion est le «résidu» des vérités scientifiques trouvées par une science antérieure.

– Une science antérieure à la religion ?  Vos affirmations sont loin d’être appuyées par les faits scientifiques, M. l’Artiste.

– Au contraire, M le cardinal; il est prouvé qu’en mathématique, par exemple, les Sumériens possédaient des tablettes leur donnant les résultats prédéterminés de racines carrées de nombre définis, ainsi que les réponses préétablies de nombres portés à différentes puissances.  Il est aussi prouvé que ces mêmes Sumériens ne possédaient aucunes des connaissances nécessaires pour parvenir aux réponses préétablies.  La question devient donc : «Qui a pu donner ces informations aux Sumériens ?»  Et la réponse, même si elle est : «nous ne savons pas», est, quand même, une preuve de l’existence de connaissances scientifiques antérieures, perdues à l’époque des Sumériens.  On ne peut pas contourner cette évidence.

– Et selon vous, ces connaissances scientifiques antérieures incluaient l’explication de la nature de Dieu, l’explication de l’origine de l’univers et la description de l’évolution universelle ?  Vous dérapez dangereusement, l’Artiste.  Rien ne prouve ce que vous avancez.

– Cardinal, il nous reste énormément d’informations résiduelles tirant leur source de ces connaissances immémoriales.  Par exemple l’affirmation, impossible à dater, qui dit : «Tout n’est que mouvement» reste l’indication d’une direction à suivre qui nous mène à la compréhension de l’origine et de l’évolution de l’univers.  C’est d’ailleurs ce que nous venons de faire; j’entends : suivre cette indication.

             Et elle nous fourni une explication logique et difficile à réfuter sans l’aveuglement de dogmes incompris.  Le «Je suis celui qui est» est une autre information tirée de cette science et celle-là explique la nature de votre Dieu et de l’univers en incluant la nature réelle de l’homme.

– Mais rien de tout ceci n’est scientifique, l’Artiste.

– Au contraire, elle est exclusivement scientifique, Cardinal.  Je vous soumets une proposition; emmenez-moi un ou plusieurs scientifiques et je vous invite tous à un brunch dimanche prochain pour en discuter.

– Dimanche je ne peux vraiment pas, l’Artiste; j’ai deux messes à dire et ma journée est remplie de rencontres qui ne peuvent être annulées.  Mais si vous n’avez pas d’objections, je pourrais organiser une réunion avec des spécialistes de différentes branches pour voir comment vous vous en sortiriez.  Par contre, je crois que de les inviter ici ne soulèverait pas tellement leur intérêt.  De plus, ils vont me demander quelles sont vos qualifications scientifiques; je doute que je puisse développer chez eux le «besoin» de vous rencontrer.

– Une chose est certaine, Cardinal : c’est que je n’ai, personnellement, aucun besoin de rencontrer ces gens.  Ce besoin vous appartient à vous pour défendre vos dogmes.  Donc, le problème est le vôtre et si vos défenseurs ne veulent pas se présenter ici, quel qu’en soient leurs raisons, ce sera vraiment malheureux pour vous, M. le Cardinal.  Moi, je reste chez moi et je ne me dérangerai pas pour soulager votre questionnement existentiel.  Pensez à ma proposition et faites moi signe si vous parvenez à réunir votre système de défense.  Voici mon numéro de téléphone et je n’ai pas l’intention de déménager prochainement.  Ça m’a fait énormément plaisir de discuter avec vous, M. le cardinal.

– Il me semble que vous terminez notre rencontre un peu cavalièrement, l’Artiste.  Le bon goût demanderait d’être plus délicat; vous ne croyez pas ?

– Pas vraiment, Cardinal; en fait, le bon goût demande que vous preniez conscience que malgré votre arrivée impromptue, j’ai tout de même accepté de vous consacrer du temps qui devait me servir à autre chose.  C’est un peu comme si je me présentais à vous et qu’après une heure de conversation, vous m’indiquiez que vous avez une messe à dire et que je doive vous laisser.

          Malheureusement, c’est le cas actuellement, même si ce n’est pas une messe qui est en jeu. D’ailleurs, je ne sais vraiment plus de quoi nous pourrions parler puisque nous avons fait le tour du sujet à partir de l’homme jusqu’à Dieu. 

          Donc, veuillez m’excuser et je vous confirme que j’attends avec impatience votre appel qui me donnera la date et l’heure de notre future réunion.  J’espère que vous ne m’en voudrez pas et surtout ne me rendrez pas responsable que nous soyons circonscrits dans cette situation délicate, M. le Cardinal.  Ce n’est vraiment pas de ma faute, si je suis plus limité dans le temps que je ne l’étais avant votre arrivée.  Ma seule faute, si faute il y a, serait d’avoir accepté de vous recevoir; et je ne crois pas que vous puissiez me le reprocher, M. le cardinal.

– D’accord, M. l’Artiste ; j’accepte votre interprétation de la situation et je vais faire des pieds et des mains pour organiser une rencontre comme vous l’avez proposée.  Je vous tiens au courant.  Sur ce je vous laisse, mon fils; et je vous souhaite de trouver la voie du Christ.

– Je vous ferai remarquer, M. le cardinal qu’en me disant «votre fils», vous vous placez dans une situation pour le moins délicate.

– Que voulez-vous dire M. l’Artiste ?

– Jésus est le fils de Dieu et vous me dites que Jésus est mon frère.  Si vous m’appelez votre fils, c’est que vous vous prenez pour Dieu, M. le cardinal. Remarquez que je n’en ai aucune objection, c’est exactement ce que je crois.  Donc, sans vous en rendre compte, vous êtes d’accord avec moi.

– Nous en reparlerons, l’Artiste; sûrement !  Allez !  Au revoir.

– Au revoir, Cardinal.

               Merde! Si cette foutue porte d’entrée s’ouvre encore une fois, je fixe un contreplaqué en travers. On pourra alors être tranquille!!!

 À suivre

                                                                             Elie l’Artiste

Une pensée sur “À la recherche de la science secrète du Seigneur(24) Autorité spirituelle!

  • avatar
    19 octobre 2010 à 8 08 21 102110
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    @ morice

    J’ai placé cette phrase spécifiquement pour vous et vous donner l’opportunité de réitérer votre phrase: « Tout ceci n’est que du délire complet ».

    Mais il vous faudra découvrir qui délire vraiment dans ce texte. Question de « dérouiller » le raisonnement.

    « – Peut-être est-ce justifiable, mais ajouter des solutions imaginaires à une théorie imaginaire pour expliquer une époque que l’on ne peut pas imaginer au départ me semble un peu… illogique »

    Amicalement

    André Lefebvre

    Répondre

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