Affaire Bettencourt, la nasse se referme

La tentative de Sarkozy consistant à éteindre le feu a manifestement échoué, et les mises en examens ont commencé.

De nouvelles révélations ne laissent rien augurer de très bon pour l’avenir de Woerth et peut-être du gouvernement Sarkozy.

Bien sur, sur les « conseils » du patron, Woerth a fini par démissionner de son poste de trésorier, mais les français ne s’en contentent pas, s’il faut en croire les sondages qui ne disent rien d’autre. Sur ce lien, une bio complète de l’ex-trésorier.

Sarkozy, après avoir essayé de discréditer Médiapart, affirmant que le témoignage de Claire Thibout ne tenait plus, ce que l’intéressée à démenti, tente d’allumer des contre-feux.

Il s’en prend à la presse internet, reprochant aux journalistes d’utiliser des méthodes nazies, et tentant d’inverser l’opinion populaire.

Mais c’est sans compter sur la presse étrangère, notamment la presse suisse qui le 7 juillet nous informe qu’en 2007 Woerth aurait récolté un demi million de francs suisse afin de financer la campagne de Sarkozy. lien

C’est sans compter aussi sur le travail d’investigation de journalistes qui eux, ne font pas honte à leur profession, contrairement à ceux qui, comme  Pujadas, servent de strapontin au petit président.

Dans Marianne, un décryptage amusant de l’interview met en évidence les 20 mensonges dont le Président a émaillé ses réponses. lien

Cette interview est pleine en effet de contre-vérités et d’approximations, que Pujadas a laissé passer sans mot dire. lien

Il aurait mieux valu qu’elle soit confiée à un journaliste un peu plus incisif, comme par exemple Edwy Plenel, dont on peut découvrir les 13 questions sur ce lien

Bref, çà va mal pour Woerth d’autant que Dominique G, chauffeur d’André Bettencourt pendant dix ans a été interrogé par la brigade financière le 13 juillet dernier.

Celui-ci est formel (au sujet de la valse des enveloppes kraft contenant de l’argent) : « les mieux placés pour pouvoir dire, c’est Claire Thibout, premièrement et Chantal Trovel. Ce sont des gens d’une droiture sur laquelle on ne revient pas ». lien

Concernant Sarkozy, il affirme l’avoir vu personnellement chez les Bettencourt à l’époque où il était maire de Neuilly.

Dans le « Nouvel Observateur » du 15 juillet, on découvrait un nouveau document prouvant que des dons avaient bel et bien faits à l’UMP, et l’implication d’Eric Woerth dans cette affaire ne fait pas de doutes. lien

Dans le document proposé par cet hebdo, on découvre que le couple Bettencourt a financé l’UMP et Sarkozy dès 2006, et cette année là, les dons atteignaient 30 000 euros, bien loin de ce qui est prévu par la loi.

A tout çà vient s’ajouter un hippodrome bradé à prix cassé, sans appel d’offre préalable, ainsi que la loi l’exige, grâce à la générosité du maire de Chantilly, un certain Eric Woerth.

L’intéressé réfute, mais la réalité est têtue. lien

Sarkozy, par l’intermédiaire de François Baroin a commandé un rapport, sauf qu’il n’a pas été commandé à l’IGF, mais à son chef, Jean Bassère, lequel a été nommé à cette place par le pouvoir.

Grâce à « Arrêt sur Image », on en sait un peu plus sur ce rapport, et sur la méthode utilisée.

Un ancien chef de l’IGF conteste cette méthode, car dit-il « l’IGF n’a pas travaillé selon ses méthodes habituelles, collectives, contradictoires et inquisitoriales. Ce ne sera pas un rapport de l’IGF, mais de son patron. Il a été confié par le ministre au haut fonctionnaire qu’il a nommé ».

Le rapport est donc contestable. lien

Comme on le sait, l’affaire est confiée à un magistrat nommé par le pouvoir, et même si le parquet de Nanterre vient d’ouvrir une troisième enquête, validant ainsi les enregistrements du majordome, on préférerait, comme Eva Joly que l’enquête soit confiée à un juge indépendant. lien

Aujourd’hui  ils sont quatre à être mis en examen  (De Maistre, Banier, Vejarano, Goguel), et Isabelle Prévost-Desprez va enfin pouvoir mener sa propre enquête, mais on peut regretter cet entêtement présidentiel à s’immiscer dans l’appareil judiciaire.

Le 10 juillet 2008, la Cour de Strasbourg avait pointé du doigt le gouvernement français en affirmant que le procureur « n’était pas une autorité judiciaire, faute d’indépendance suffisante à l’égard du pouvoir exécutif pour être ainsi qualifié ».

Le 29 mars 2010, la  CEDH (Cour Européenne des Droits de l’Homme) à de nouveau condamné la France. lien

Du coup, un appel vient d’être lancé : « l’appel du 14 juillet pour une justice indépendante et impartiale » et on peut le signer sur ce lien.

Aujourd’hui, de nombreux français demandent la démission de Woerth, mais d’autres vont encore un peu plus loin, en envisageant une procédure de destitution du président de la république.

Cette procédure peut être lancée en cas de manquement du chef de l’état à ses devoirs manifestement incompatibles avec l’exercice de son mandat. Elle peut porter sur le comportement politique mais aussi privé du président, à condition que ses actes aient porté atteinte à la dignité de sa fonction. lien

Si l’on a en mémoire les différents dérapages de celui-ci, comment qualifier autrement les « nettoyages au karcher, les racailles, et autres « cass’toi pov con » qu’une atteinte à la dignité de sa fonction ?

La boucle est elle en train d’être bouclée, et la vérité va-t-elle enfin sortir du puits ?

L’avenir nous le dira peut-être, car comme aime bien dire mon vieil ami africain :

« Tout a une fin, sauf la banane qui en a deux ».

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