Aggiornomento arabe, et craintes israéliennes.

Finie la portion congrue que donne la communauté internationale à la rue arabe éprise de liberté. L’heure du soutien aux dictatures arabes supposées mater le risque islamiste ne perdurera point. Fin du règne de Ben Ali, l’ami qu’on lâche sans ménagement. Chant du cygne pour le raïs égyptien Hosni Honni Moubarak qui s’accroche au pouvoir. Gênes, peur de parler, impossibilité d’enclencher une résistance pour assurer la survie de certains régimes aux abois. De la position américaine dépend désormais le sort de ces régimes qui, par des voltiges mensongères ou qui sont maintenus sous perfusion depuis des années faisaient la pluie et le beau temps.

Le Moyen-Orient se réhabilite

Le vent du changement est inéluctable. Comme un mauvais garnement, l’Occident doit à tout prix éviter de s’ingérer en Egypte et dans le monde arabe en ce moment trouble. Ceci dépend forcément de leur influence qui périclite… Sans cette prudence-là, il y a de gros risques de perdre toute crédibilité. D’ailleurs, le monde musulman, même s’il s’habille parfois des habits de l’Occident avec des us et coutumes, est toujours resté imperméable aux pressions occidentale. Il y a eu les vents d’Est, aujourd’hui, le vent arabe se propage à la vitesse de l’éclair.

« En toute sincérité, je ne comptais pas me présenter à un nouveau mandat présidentiel » a dit Hosni Moubarak, hier, dans un discours adressé à la Nation qui continue de réclamer son départ. Hélas, le vieux raïs, 82 ans, s’accroche au pouvoir et exorte son peuple à le laisser au pouvoir jusqu’en septembre, fin de son mandat. En Jordanie, le roi Abdallah a limogé son Premier ministre, certes, mais la rue conteste le nouveau et finit par réclamer le départ de son propre roi.  A Sanaa, au Yemen,  le pouvoir craint la nouvelle « Journée de la colère », prévue jeudi, et le président Saleh, 22 ans déjà au pouvoir, ne sait plus à quels saints se vouer…Demain l’Algérie avec des grèves très suivies et la Syrie, où, des manifestations de l’opposition sont annoncées. Et que dire du Liban ?

Le poker menteur et le cynisme israélien

L’Etat dit hébreu n’a pas manqué de s’engouffrer dans la brèche. Il souhaite que les pays européens pèsent de tout leur poids pour maintenir Honni Moubarak au pouvoir, et ceci, au détriment du peuple égyptien souverain, pour ses intérêts. Barack Obama dans un discours, hier, réclame une transition en douceur. Le soutien absolu et inconditionnel à Israël prend du plomb et doit s’arrêter car, le monde libre est en train de se réveiller et de prendre son destin en main. Les pays d’Amérique du Sud se sont libérés du joug américain et reconnaissent à la pelle la Palestine. Alors qu’Israël n’a jamais respecté un accord international, il demande un appui de l’extérieur parce que son isolement risque d’être criard, simplement parce qu’il n’a jamais eu de dirigeants capables d’avoir une vision à long terme.

J’étais invité sur la RSR ( Radio suisse romande)  le 13 juin 2010 où je répondais à Alain Maillard, par rapport à l’attaque de la flotille turque qui se rendait à Gaza. Après cet entretien, tous les noms d’oiseaux m’étaient affublés. Comme si, dire le droit ou le rappeler était une faute. C’est là que se situe la faiblesse israélienne, celle de refuser tous les avis, de narguer l’Europe ou l’Amérique. Maintenant, sans vergogne, il veut le soutien de ces derniers alors qu’il refuse par exemple, de lever l’embargo qu’il applique sur Gaza en toute illégalité. Gaza, la prison à ciel ouvert depuis des années, rêve de la fin d’un Honni Moubarak, qui a fait du Ben Ali hier et qui est l’un des signataires de l’étranglement du peuple palestinien. Plus dure sera la chute !


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