Ah bon ! des Cantonales ?!

 

Dimanche, ce sera en France la dernière élection avant la présidentielle, et étrangement, les médias font l’impasse sur les élections cantonales de dimanche, alors que les enseignements qu’elles vont nous donner méritent tout notre attention.

Cette élection est en effet beaucoup plus riche en enseignements que nous ne pourrions l’imaginer.

Voyons de plus près l’enjeu de cette élection.

Il est de taille, car déjà, il peut influer sur la composition du Sénat, lequel pourrait échapper au contrôle de Sarközi, créant ainsi un réel contre pouvoir. lien

Allons-y pour un petit flash-back.

En 2008, la droite était à 40,7.

Si on y ajoute le modem, on obtient 45%.

Mais depuis quelques temps, on sait que le modem s’est clairement repositionné.

Le front National était en 2004 aux alentours de 12%, passant sous la barre des 5% en 2008, et il pourrait reprendre des couleurs en 2011, sous l’effet Marine, laquelle prendra des voix surtout à la droite, mais aussi dans le camps des travailleurs, mal informés, et ne sachant plus « à quels saints se vouer ». lien

Les Verts, en 2008, quant à eux avaient tout juste passé les 4%.

Un sondage récent donnait 28% pour la droite et 51% pour la gauche (dont 9% pour les écologistes), 15% pour le FN. lien

Les pronostics vont bon train, et si 6 départements pourraient basculer de gauche à droite, 13 départements pourraient basculer dans l’autre sens.

Dans l’Ain, la gauche n’a que deux sièges d’avance, et dans l’Allier, l’avance se limite à un seul siège.

Le doute a envahi le Doubs, car le front national pourrait jouer les troubles fêtes en provoquant une triangulaire, qui serait défavorable à la gauche, celle-ci n’ayant actuellement qu’une avance de 5 sièges.

Il reste la Seine et Marne, le Val d’Oise et le Cher qui pourraient aussi retomber dans l’escarcelle de la droite.

Dans l’autre sens, la Savoie pourrait bien basculer à gauche, puisqu’elle n’a que 4 sièges de retard, et dans la Vienne, au risque de gâcher le week-end de Raffarin, il suffirait à la gauche de gagner 2 sièges pour devenir majoritaire.

Encore mieux en Côte d’Or, et dans les Hautes Alpes où la gauche n’a qu’un siège à gagner pour devenir majoritaire.

Le Jura pourrait aussi échapper à la droite.

L’Aveyron, la Loire, la Sarthe, et le Morbihan, n’ont que 4 ou 5 sièges à gagner pour basculer à gauche.

En Charente Maritime, chère à Bussereau, la gestion désastreuse gouvernementale de Xinthia pourrait couter cher à l’UMP.

L’Eure et Loire, avec 9 sièges d’avance pour la droite pourrait malgré tout basculer à gauche.

Terminons par les Pyrénées Atlantiques et le Rhône, ou le Modem pourrait jouer les troubles fêtes en ne s’alliant plus avec la droite.

D’autres analyses sont sur ce lien.

Au-delà de cette « cuisine électorale » ou l’on peut en prendre et en laisser, essayons de voir comment réagissent les partis politiques ?

Par exemple, comment analyser le comportement étrange de nombreux candidats de l’UMP, qui pour ne pas trop plomber leurs chances de réussite, évitent discrètement de montrer leur appartenance au clan présidentiel, à tel point que le PC a lancé le « jeu des mille erreurs ».

Ce jeu est lancé sur son site : lien

Il consiste à démasquer les 1000 candidats de droite qui s’obstinent à ne pas faire figurer sur leurs affiches et leurs professions de foi, leur appartenance politique à l’UMP. lien

Auraient-ils honte ?

Les écologistes sont dans le vert car l’actualité tragique nucléaire au Japon pourrait peser lourd dans la balance.

Surtout quand l’on voit de quelle manière le clan présidentiel traite le sujet, à l’exemple de Claude Allègre, le célèbre « scientifique » qui a déclaré le 17 mars : « il n’y a pas de catastrophe nucléaire au Japon ». lien

Les tergiversations de nombreux ministres accusant les écologistes de souffler sur les braises pour gagner de la popularité, sont discutables, car, à tout prendre, l’autocrate présidentiel vantant, la technologie française en matière de nucléaire est pour le coup vraiment indécent.

D’autant que son affirmation est sujette à caution : comme l’a prouvé un rapport, l’EPR ne résisterait pas à la chute d’un avion de ligne, (lien) et 34 réacteurs français (sur les 58 réacteurs nationaux) n’ont pas la « double coque ». lien

Ajoutons qu’ils sont nombreux aussi ceux qui sont construits en pleine zone sismique, et qu’EDF a été pris en flagrant délit de manipulation des chiffres, afin de faire baisser le cout de construction des centrales, quitte à rogner sur la sécurité de celles-ci. lien

Sarkozy, en refusant aveuglement de changer de logique énergétique, et en imposant, malgré l’avis majoritaire des citoyens de ce pays, un nucléaire dangereux et incontrôlable, pourrait payer cher la politique de l’autruche qu’il pratique.

En conséquence, les candidats d’EELV (Europe Ecologie les Verts) pourraient bien atteindre, voire dépasser,  la barre des 10%.

Mais revenons à l’UMP, où si on se réjouit de l’influence qu’aurait eu Sarkozy dans la décision du conseil de sécurité de l’ONU d’intervenir enfin en Libye, la phrase scandaleuse du ministre de l’intérieur, Claude Guéant devrait être largement contre-productive.

En effet, le 17 mars dernier, il a déclaré : « à force d’immigration incontrôlée, on finit par ne plus se sentir chez nous ».

Marine Le Pen a d’ailleurs applaudi tout de suite à cette déclaration, proposant une carte d’adhérent d’honneur FN à Guéant.

On en vient à se demander quel est l’intérêt de l’UMP de faire cavalier seul ?

Ne devrait-il pas faire l’union avec le FN, tant les similitudes de programme sont réelles ?

Tout comme le FN, l’UMP stigmatise l’Islam, et les étrangers en général.

Tout comme le FN, l’UMP se plaint de l’insécurité qu’ils considèrent tous les deux comme en pleine expansion.

Entre parenthèses, c’est pourtant Hortefeux qui, lorsqu’il était ministre de l’intérieur, a déclaré que depuis 10 ans, la délinquance était en régression. lien

Mais revenons au FN et à L’UMP.

On en vient à se demander ce qui les divise ?

D’ailleurs la décision récente de l’UMP de rejeter le « front républicain » proposé par le PS à la droite, ne fait que confirmer la proximité évidente entre l’UMP et le Front National. lien

La forte poussée de Marine le Pen, si on tient compte des sondages, pourrait remettre au front national à 15%.

Les autres gagnants seront les abstentionnistes, qui souvent désemparés par la corruption, les mensonges et les promesses non tenues, pourraient être plus tentés d’aller pécher à la ligne, que de se rendre dans les urnes.

Le taux de l’abstention pourrait bien dépasser au premier tour les 50%. lien

Alors comme dit mon vieil ami africain : « si tu laisse ta chaise libre, ne t’étonnes pas qu’elle soit prise un jour par quelqu’un que tu ne souhaitais pas y voir assis ».

L’image illustrant l’article provient de la-revue.net

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