Alain Juppé, incarnation d’une République en putréfaction


Abus de confiance, prise illégale d’intérêt, recel d’abus de biens sociaux, promesse d’arrêter la politique puis de se cantonner à la ville de Bordeaux… Et il revient comme si de rien n’était : énorme coup de gueule !

Regardez cette magnifique Une du site britannique Metro : Un criminel français pourrait jouer un rôle clé dans la défense du Royaume-Uni ! C’est le camarade RichardTrois qui a débusqué la chose sur le Post : « Emotion outre-manche. Au lendemain du remaniement et à quelques jours du sommet de l’Otan qui s’ouvre ce vendredi à Lisbonne, les journaux britanniques découvrent que le nouveau ministre de la Défense français, Alain Juppé, est un « criminel condamné. » (…) Le député conservateur Patrick Mercer, colonel de l’armée britannique, s’est dit « choqué » par le choix d’Alain Juppé, rapporte le quotidien

En effet, selon le nouvel accord franco-britannique de défense, une partie des troupes britanniques, dont les paras et les SAS, pourrait être placée sous commandement français, et donc sous l’autorité du ministère de la Défense. Le Daily Mail rappelait dès lundi 15 que le gouvernement français comptait désormais parmi les siens un personnage condamné en 2004 à 18 mois de prison avec sursis à l’exécution et à un an d’inéligibité. Un rappel salutaire qu’aucun journal ou média français n’a fait avant ces parutions britanniques. » Bien vu, RichardTrois : les confrères ne se sont pas bousculés pour rafraîchir la mémoire (courte) de leurs lecteurs. Pour notre part, nous ne nous étions pas privé d’appeler un chat un chat, en l’occurrence Alain Juppé un repris de justice, fournissant le lien de notre article d’août 2006, Au secours, Juppé revient !, qui reprend par le menu les turpitudes de l’individu.

Inégibilité à vie !

C’est finalement le pire dans cette histoire : Juppé passe en France, grâce à la complicité des médias aux ordres de l’establishment, pour un homme respectable. Or de notre point de vue – et de celui des Anglais -, il ne l’est nullement et l’indulgence dont il bénéficie est injustifiable. A l’heure du discrédit qui frappe la classe politique dans l’opinion, nettoyons les écuries d’Augias sans trembler ! Un politique se doit d’être exemplaire et nous militons ardemment en faveur de l’inégibilité à vie pour les cas avérés de dilapidation des fonds publics au service d’une cause personnelle ou partisane – ce qui revient finalement à peu près au même : celui qui tape dans la caisse pour le bénéfice de son organisation politique en sera récompensé par l’avancement de sa carrière et jouira ainsi des gratifications qui l’accompagnent. Et voilà donc ainsi Juppé réélu maire de Bordeaux par ces crétins d’électeurs, puis appelé à nouveau à des fonctions ministérielles, qui plus est en tant que ministre d’Etat, numéro deux du gouvernement selon le protocole, quand bien même sa malhonnêteté avérée lui a valu condamnation par la justice. C’est ça l’UMP, c’est ça la France !

A ceux qui trouvent notre colère outrancière – « populiste » ? -, un extrait de l’article d’août 2006, qui prend toute sa saveur à l’heure du énième retour et reniement de Juppé – il avait juré qu’il ne reviendrait pas au gouvernement et resterait maire de Bordeaux à temps plein  : « En 1998, Juppé est mis en examen pour « abus de confiance, recel d’abus de biens sociaux, et prise illégale d’intérêt », en tant que Secrétaire général du RPR, parti chiraquien qui donnera naissance à l’UMP, et maire adjoint aux finances de Paris. C’est l’affaire des emplois fictifs. En 2002, voici ce qu’il déclare, évoquant l’hypothèse d’une « peine infamante » : « j’abandonnerais la politique. C’est une question d’éthique personnelle, je suis passionné, ambitieux d’accord, mais je ne suis pas Mellick ou Balkany ».

(…) Le vendredi 30 janvier 2004, le tribunal de Nanterre condamne le « porteur de sombrero » du président de la république à 18 mois de prison avec sursis et 10 ans d’inéligibilité. Le principal fautif reste intouchable dans son bunker judiciaire de l’Elysée [Jacques Chirac, NdA]. Mais Juppé prend donc 10 ans d’inéligibilité, ce n’est pas rien ! Il faut dire qu’il est convaincu de détournement d’argent public, on a déjà vu faute plus vénielle. Pour la bonne bouche, un extrait du jugement : « Que la nature des faits commis est insupportable au corps social comme contraire à la volonté générale exprimée par la loi ; qu’agissant ainsi, Alain Juppé a, alors qu’il était investi d’un mandat électif public, trompé la confiance du peuple souverain. »

Bigre. Mais pas d’affolement excessif, la cour d’appel de Versailles ramène en 2004 sa période d’inégibilité à… un an ! Un revirement judiciaire et une clémence qui tombent sacrément bien. Mais il est tout de même condamné à 14 mois de prison avec sursis. Sans doute cette peine n’est-elle pas assez « infamante », puisqu’Alain Juppé revient dans la politique : le conseil municipal de Bordeaux a démissionné en bloc pour lui permettre de reprendre son fauteuil de maire. Il a annoncé hier officiellement sa candidature aux élections municipales partielles d’octobre prochain. Mais attention ! Son retour ne concerne que la politique locale. On peut le croire : ce type-là n’a qu’une parole. »

« Vite, la révolution citoyenne ! »

L’illustration Le come-back de Juppé provient de Tropical boy.

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