Après de nouvelles manifs monstre, Woerth nargue le peuple : ils n’entendent rien, il faut crier plus fort !

Il est clair que l’on pouvait nourrir quelques craintes : après l’incroyable déferlement du 7 septembre, quelle serait la mobilisation à cette date si tardive du 23 ? Et puis, non, on a eu ça :


Les syndicats annoncent leurs chiffres : la CFDT ouvre les hostilités à 17h et compte « 2,9 millions de personnes dans les rues. Soit 400 000 de plus que leur estimation du 7 septembre, récapitule Le Post, qui livre les estimations pour de nombreuses villes. Peu de temps après, c’est la CGT qui embraye et donne son chiffre : 3 millions de manifestants. C’est 300 000 de plus que le 7 septembre. Enfin, à 18h, l’Intérieur sort lui aussi son chiffre : 997 000 manifestants. C’est donc 103 000 de moins que le 7 septembre. » Allons bon. Dans le contexte, qu’il y ait au moins autant de monde que le 7 est en soi significatif et quoi qu’il en soit un beau succès. Les syndicats gonflent les chiffres et le gouvernement les minore, c’est la coutume, mais le ministère de l’Intérieur pratique cette fois-ci la soustraction de façon outrancière. C’est qu’il s’agit de pouvoir se fendre ensuite de déclarations telles que celle-ci : « Éric Woerth a tranché. Pour lui, « il y a une décélération incontestable de la mobilisation ». Jeudi soir, au terme d’une nouvelle journée d’action contre les retraites, le ministre du Travail a fait part de son soulagement, sur France 2, estimant qu’il y avait « moins de monde dans les rues » que lors de la précédente journée de grève, le 7 septembre dernier. » Attendez, ce n’est pas fini, la fin va vous régaler : « Cette décélération est le signe que notre réforme est juste et efficace » , n’a pas hésité à avancer Éric Woerth. » On aime bien les précautions oratoires moqueuses du journaliste – pourtant, c’est Le Point, tout fiche le camp ! La conclusion de la bouche de Woerth va vous achever  : « Cette réforme sera votée et appliquée ». Traduction visuelle :

Woerth consent du bout des lèvres qu’il « va continuer à réfléchir » à « la question des femmes », c’est tout. Une miette ou deux, vont-ils lâcher. Et ils vont nous voler les deux plus belles années de notre retraite, celles où l’on a une chance d’être en bonne santé, pas encore trop usé de labeur. On les laisse faire ? Et sinon, on fait quoi ?

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