Arrêtons la comédie

Alors que François Hollande, en bonne compagnie, est allé commémorer l’abolition de l’esclavage, rappelant quand même que le préjudice ne pourra jamais être réparé, (lien) quelques jours auparavant, plus de 1000 esclaves modernes trouvaient la mort suite à l’effondrement de l’immeuble dans lequel ils travaillaient sans relâche, payés misérablement à coup de lance pierre, afin que nous puissions acheter, pour quelques euros, des habits « à la dernière mode ».

C’était au Bangladesh le 24 avril 2013. lien Mais cet esclavage moderne ne se limite pas à ce pays lointain. Plus près de nous, une jeune Kenyane de 25 ans, payée 125 euros mensuels, en esclavage domestique chez des princes saoudiens, vient de  réussir à quitter son enfer. lien

De l’autre coté de la Méditerranée, en Mauritanie, l’esclavage a encore droit de cité, et comme l’écrit Steve Davis, si ce pays a aboli l’esclavage en 1981, il est toujours monnaie courante. lien « Aujourd’hui, les militants des droits de l’homme qui dévoilent les affaires d’esclavage en Mauritanie sont en proie au harcèlement perpétuel et emprisonné » affirme Ahmed Jedou sur son blog. lien

Et ne parlons pas de ces 3 femmes, séquestrées pendant 10 ans, enchaînées juste pour satisfaire les besoins sexuel d’un « américain normal » à Cleveland, aux USA. lien Encore plus près, un géant du BTP, Vinci, pour ne pas le nommer, ne s’offusque pas que l’une de ses filiale paye un ouvrier travaillant en France pour 610 euros par mois, et 40 h par semaine. lien

En juillet 2012, le CCEM (comité contre l’esclavage moderne) sauvait une jeune éthiopienne asservie en France par une famille des émirats arabes unis, ajoutant qu’aujourd’hui encore entre 6000 et 10 000 personnes seraient victimes d’exploitation sexuelle en France. lien

Mais pour ces cas dévoilés aujourd’hui, combien d’esclaves reste-t-il dans ce monde qui se veut pourtant souvent démocratique et apparemment transparent ? L’esclavage n’est pas mort, il bouge encore, et toutes les commémorations du monde, et tous les bouquets déposés, et tous les discours lénifiants n’y changeront rien, sinon que de légitimer un scandale qui perdure, en toute bonne conscience.

Olivier Cabanel

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