Aubry, ça suffit !

Le 9 septembre 2009, nous appelions Martine Aubry à démissionner de son poste de Première secrétaire du Parti socialiste après révélation des fraudes indignes autant que massives ayant conduit à sa désignation. Et le 1er juillet 2010, nous titrions Retraites : Martine Aubry, reine des sociaux-traîtres, après qu’elle avait déclaré « Nous allons vivre de plus en plus longtemps et donc il va falloir travailler plus longtemps : nous en sommes tous d’accord« . Il nous faut aujourd’hui à nouveau dénoncer le comportement inacceptable de celle qui pourrait être la candidate « de gauche » à la prochaine présidentielle. Pourquoi ? Citons L’Humanité : « est venue la question sur la candidature de Christine Lagarde à la direction du Fonds monétaire international (FMI), en remplacement de Dominique Strauss-Kahn, démissionnaire pour cause d’inculpation pour crime sexuel aux États-Unis. Et la réponse ahurissante de Martine Aubry, en forme de soutien résolu à l’actuelle ministre de l’Économie du gouvernement de Nicolas Sarkozy?: «Madame Lagarde est une femme respectable. Si Christine Lagarde peut l’obtenir, ce serait une très bonne chose pour la France et pour l’Europe.» La numéro un du PS, très probable candidate à la primaire de son parti pour l’élection présidentielle, ne voit donc aucun problème, et voire même une certaine continuité, dans le fait que l’une des maîtresses d’œuvre de l’austérité sarkozyste, que les socialistes ne cessent de dénoncer au Parlement, succède à Dominique Strauss-Kahn au FMI?: voilà qui n’est pas sans poser d’inquiétantes questions sur les «leçons» que les socialistes tirent du «coup de tonnerre» qu’ils viennent de subir. » Effectivement, Lagarde a démontré constamment le caractère antisocial de sa politique – dénoncé par exemple dans un billet d’août 2009 titré Christine Lagarde ou le libéralisme aveugle : comment une telle doctrine, digne d’être combattue avec la dernière énergie, pourrait-elle représenter « une très bonne chose pour la France et pour l’Europe » ? Mais même si ce point suffit à s’insurger, il n’y a pas que ça. Daniel Schneidermann dénonce ainsi pour @rrêt sur images le paradoxe suivant : « Martine Aubry soutient la candidature de Christine Lagarde à la direction du FMI, qui serait « une très bonne chose pour notre pays et pour l’Europe ». Bien. Elle n’a peut-être pas eu vent que ce sont ses propres camarades de parti, qui souhaitent traduire la même Lagarde devant la Cour de Justice de la République, pour avoir, contre l’avis d’une partie de sa propre administration, poussé une procédure très favorable à Tapie. » En effet là encore, Lagarde s’est bien rendue coupable de complicité de spoliation d’argent public au profit de Bernard Tapie (complicité seulement dans la mesure où elle n’a fait qu’exécuter les ordres du spoliateur en chef, Nicolas Sarkozy), ce qui devrait, s’il existe une justice, lui valoir la prison, en l’occurrence pour « abus de pouvoir », délit passible de cinq ans. On saura le 10 juin, qui se trouve aussi être le dernier jour pour présenter les candidatures à la succession du « Perv » au FMI, si la Cour de justice de la République décide ou pas d’engager une procédure.

Enfin, contrairement à l’affirmation contenue dans le préambule aubrien, Lagarde est rien moins que respectable. Elle est en effet convaincue de mensonges à répétition, ainsi que nous le récapitulions dans notre billet de juillet 2008, De quoi Christine Lagarde a-t-elle la tête ? Mais alors, quelle mouche a-t-elle pu piquer Aubry pour déclarer un tel soutien sans nuance à la créature UMPiste ? Le journaliste et écrivain Fabrice Nicolino répond dans son excellent article titré Bis repetita chez les puissants (DSK, Aubry, Lagarde) : « Le Fonds monétaire international (FMI) est l’une des structures de base de ce monde à la dérive. Il intervient sans cesse dans la politique des États. Contre les peuples et des services publics souvent en déroute. Pour le marché, pour la liberté du renard libre dans le poulailler libre [avec mes excuses pour le renard, que j’adore dans la réalité]. Une morale plus proche du sens commun nous ferait voir le FMI pour ce qu’il est : une structure criminelle au service des maîtres de la planète.

Mais ce serait trop simple. DSK en a été le directeur général jusqu’aux menus désagréments que l’on sait, grâce à Nicolas Sarkozy, qui avait mis tout le poids de la France officielle à la fin de l’été 2007 pour que le poste échût au grand socialiste. Par la faute d’une petite femme de chambre venue des hauts plateaux de Guinée, un malheureux traîne désormais sa richesse entre quatre murs, lestée d’un collier électronique. La farce est-elle terminée ? Elle ne fait que commencer. Notre grande socialiste nationale – amie des patrons, comme DSK, amie d’Alain Minc, comme DSK – Martine Aubry se déclare en faveur d’une candidature de madame Lagarde, actuelle ministre de l’Économie, au poste de directrice générale du FMI, comme vous verrez plus bas. Le miroir inversé de 2007. C’est splendide, cela dit tout de la réalité des relations entre  « opposants » politiques. Rappelons trois choses. La première, c’est que la politique de Sarkozy, c’est tout de même bien un peu Lagarde. On suggère donc qu’elle aille faire de même à Washington. La deuxième, c’est que madame Lagarde a joué un rôle confus, et très contesté, dans le règlement du litige financier opposant Tapie au défunt Crédit Lyonnais dans le cadre de la vente Adidas. La France a filé 285 millions d’euros à Nanard, qui n’iront ni aux banlieues, ni à la biodiversité. Madame Lagarde a-t-elle été coupable «d’abus d’autorité»,  comme certains l’en accusent ? Ce serait grave. On verra. La troisième en tout cas mérite de sortir de la naphtaline. Nous sommes le 10 juillet 2007, et tandis que Nicolas Sarkozy s’active dans les coulisses au grand bénéfice de DSK, madame Lagarde est à la tribune de l’Assemblée nationale. Voici un extrait de ce qu’elle y déclare : «Que de détours pour dire une chose au fond si simple : il faut que le travail paye. Mais c’est une vieille habitude nationale : la France est un pays qui pense. Il n’y a guère une idéologie dont nous n’avons fait la théorie. Nous possédons dans nos bibliothèques de quoi discuter pour les siècles à venir. C’est pourquoi j’aimerais vous dire : assez pensé maintenant. Retroussons nos manches». C’est cette brave personne qu’Aubry, bientôt candidate à l’élection présidentielle, veut voir à la tête du FMI. Je pense pour ma part aux milliers de jeunes et moins jeunes de la place Puerta del Sol, à Madrid (ici), qui envoient se faire foutre le (très) grand socialiste espagnol José Luis Rodríguez Zapatero. Je pense, je pense vraiment et sincèrement à Nafissatou Diallo, retrouvée tremblante, terrorisée et vomissante dans les couloirs de l’hôtel Sofitel de New York. L’innombrable légion des salauds n’est pas près de rendre des comptes. Ou si ? » Tout est dit et bien dit.

4 pensées sur “Aubry, ça suffit !

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    25 mai 2011 à 2 02 23 05235
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    Il parait bien clair que Aubry du PS et Sarkozy de l’UMP ainsi leurs copains respectifs sont deux échantillons de cette même élite-moisissure è la surface de la France, mais voyez-vous une solution ? Une vraie solution réaliste ?

    PJCA

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      26 mai 2011 à 6 06 27 05275
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      Oui, mais certainement pas De Villepin , cher PJCA…
      Et contrairement à ce que vous affirmez sur Agx la gauche n’est pas morte .
      La pseudo gauche « Place des Vosges » Oui.
      Le ménage se fait , assez rapidement .
      Tk.

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    26 mai 2011 à 3 03 26 05265
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    aubry comme hollande soutient lagarde pour le fmi
    bel exemple d’unanimité pour que rien ne change
    l’umps n’a qu’un adversaire politique: le FN

    aubry a de multiples casseroles.
    elle est à la remorque du lobby islamiste sur Lille et a volé son poste par bourrage d’urnes.

    le ps n’est en rien une alternative
    il est un recours pour le medef, le cac40, les marchés financiers internationaux …

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    26 mai 2011 à 14 02 11 05115
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    « Je pense, je pense vraiment et sincèrement à Nafissatou Diallo, retrouvée tremblante, terrorisée et vomissante dans les couloirs de l’hôtel Sofitel de New York. L’innombrable légion des salauds n’est pas près de rendre des comptes. Ou si ? » Tout est dit et bien dit. »

    Pas tout à fait. Au sujet de New York, les avocats de DSK commencent à dévoiler leur vrai système de défense.

    Ils disent aujourd’hui que les « coulages » d’informations au sujet du dossier empêche la tenue d’un procès « équitable » pour leur client.

    Cela signifie qu’il se replient sur des « vices de procédure » pour obtenir l’acquittement de ce client.

    Évidemment, cette technique est applicable lorsqu’on ne peut pas éviter la condamnation de son client. Ce qui laisse entendre une culpabilité imparable.

    Si la justice de New York permet le « développement » de cette « défense », nous verrons que la situation sociale de DSK lui permet d’éviter une condamnation.

    C’était une forme de défense à prévoir.

    La question devient: Qui a permit ce « coulage » d’information? Quant à savoir POURQUOI? C’est facile à deviner.

    Amicalement

    Elie l’Artiste

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