Avons-nous bien fait d’écarter la religion?

L’article qui a servi à la présentation du nouveau forum sur la religion, a essayé de situer la position officielle versus la position de chacun des individus. L’Église, aujourd’hui, a perdu sa main mise sur la société, pour ne garder que son importance selon chacun des individus. Ce qui veut dire que, théoriquement, si vous poursuiviez un prêtre en justice, ou que vous étiez poursuivi en justice par un prêtre, aux yeux de la loi, vous êtes considérés comme deux citoyens ordinaires. Ce qui est, définitivement, une amélioration sur le passé où la parole du prêtre aurait pu prévaloir.

Par contre, auparavant, nous avions les dix commandements de Dieu, plus les 7 commandements de l’Église, pour établir notre échelle morale et notre échelle des valeurs. Les 10 commandements de Dieu existaient depuis près de 3,500 ans et les commandements de l’Église, depuis près de 2,000 ans. Ils étaient des « énoncés » clairs, précis et faciles à comprendre. Et chacun s’en accommodait à sa façon. Tous savaient quand ils agissaient selon les normes et quand ils transgressaient ces normes. Pour la majorité, la notion de péché n’avait plus tellement d’importance; mais les « règles » étaient quand même présentes et servaient de guides précis. De plus, les lois sociales suivaient assez parallèlement ces règles morales. Sans parler de la charité, qui ne commençait pas toujours par soi-même pour être bien ordonnée.

Croyez-vous qu’aujourd’hui, la situation se soit améliorée par le remplacement de ces 17 règles par les nouvelles règles d’Éthique qui sont prônées actuellement?

Personnellement, je n’ai pas de difficultés avec la disparition des commandements de l’Église, puisqu’ils n’étaient là que pour défendre la Foi. Par contre, les commandements de Dieu, me semblaient faciles à comprendre et valables pour établir une valeur morale personnelle acceptable. Aujourd’hui, je ne sais plus trop quoi penser.

Je ne prends qu’un seul exemple: Le commandement de Dieu,  disant : « Tu ne tueras point! » n’a jamais signifié, pour moi, que l’avortement est défendu; tout autant qu’il ne signifie pas que je ne peux pas devenir soldat si mon pays est envahi  ou menacé. Cela ne signifie pas, non plus, que je n’ai pas le droit de me défendre par tous les moyens, si on menace ma vie ou celle de ma famille. C’était très clair dans mon esprit que, sous certaines conditions, je pouvais « tuer » s’il le fallait ou si j’y étais obligé. Je n’avais aucun besoin de savoir si le foetus était un être humain, ou si l’ennemi était un bon père de famille ou encore, si mon agresseur avait eu une enfance malheureuse.

Aujourd’hui, je ne sais vraiment plus. Normalement, je devrais pouvoir défendre ma famille si elle est menacée; mais quel est le risque de le faire, face à l’Éthique actuelle tout autant que face à la loi actuelle? J’ai l’impression d’avoir perdu cette liberté individuelle importante.

Finalement, même si la déposition de l’église au niveau social semble avoir été la délivrance d’un certain joug, je me sens, quand même, beaucoup moins libre de me défendre et de défendre ma famille.

J’aimerais beaucoup comprendre pourquoi?

André Lefebvre

24 pensées sur “Avons-nous bien fait d’écarter la religion?

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    22 juillet 2010 à 2 02 42 07427
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    Bonjour,

    j’aime beaucoup votre manière de présenter ce problème, surtout que vous terminez votre billet par un point d’interrogation, ce que je considère être un signe d’ouverture.

    Nos religions traditionnelles ont en effet perdu une bonne partie de leur poids, ce qui a eu pour effet de pousser une partie des « adeptes » à se tourner vers d’autres courants de pensées.

    Si ces personnes ont trouvé ailleurs les repères indispensables à une vie en société, la grande majorité a remplacé ces règles par un néant intellectuel.

    Ne plus croire en effet à un dieu quel quel qu’en soit le nom n’est pas important en soi, si ce vide est toutefois comblé par autre chose, qui pourrait-être par exemple une plus grand croyance en soi-même, ou encore en certaines valeurs morales.

    Il est hélas aisé de constater que ce n’est pas le cas, ce qui donne les résultats consternants auxquels nous assistons.

    Nivellement par le bas dans bien des domaines, arrivée sur le devant de la scène médiatique de messies médiocres, mais qui savent manier les foules, tel est le paysage de ce monde qui se voulait meilleur.

    La solution est donc de combler un vide devenu existentiel, mais avec quoi ?

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    22 juillet 2010 à 6 06 46 07467
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    Bonjour.

    Pardonnez-moi mais plutôt que de parler des « dix commandements de Dieu », ne serait-il pas plus juste de parler des dix commandements de l’Ancien Testament? Car ce n’est pas un dieu qui a écrit ces commandements mais bien un être humain.

    Je crois qu’on ne peut qu’être d’accord avec des commandements comme « Tu ne tueras point », « Tu ne voleras point » ou « Tu ne porteras point de faux témoignage » mais des certains commandements ont causé plus de mal qu’il n’en n’ont prévenu et même ceux que je viens de mentionner n’ont pas toujours respectés par l’église qui en a fait des règles de vie.

    Que dire de « Œuvre de chair en mariage seulement »? qui a causé tant de tors aux femmes « adultères »? ou « Tu n’adorera pas de fausses idoles » qui a servi à cautionner la répression des païens?

    Pour ma part, je ne me demande jamais si les sociétés occidentales ont bien fait d’écarter la religion car je n’ai jamais vraiment compris pour quelle raison des règles de vie dont plusieurs sont plutôt universelles devraient obligatoirement s’accompagner d’un ensemble de croyances invraissemblables.

    Je crois que c’est l’incapacité collective à pouvoir dissocier l’éthique de la religion qui a mèné à une sorte de vide spirituel lorsque la religion chrétienne a cesse d’avoir l’influence qu’elle avait. Comme le dit Hengxi, ce n’est pas si important d’avoir un dieu lorsque ce vide est comblé par autre chose.

    Il y a toutes sortes de « fausses idoles » et, comme la liberté n’est jamais facile à gérer, il est important d’apprendre à ne pas remplacer une béquille par une autre.

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    22 juillet 2010 à 7 07 30 07307
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    hengxi
    « Si ces personnes ont trouvé ailleurs les repères indispensables à une vie en société, la grande majorité a remplacé ces règles par un néant intellectuel »

    Cela aurait-il été voulu…provoqué sciemment? N’est-ce pas une procédé efficace de « nivellement par la base?

    Stéphanie LeBlanc
    « Car ce n’est pas un dieu qui a écrit ces commandements mais bien un être humain »

    Vous ne pouvez pas encore savoir à quel point je suis de cet avis.

    « mais des certains commandements ont causé plus de mal qu’il n’en n’ont prévenu et même ceux que je viens de mentionner n’ont pas toujours respectés par l’église qui en a fait des règles de vie. »

    Mais n’est-ce pas là le résultat de notre « soumission » à cette Église, lui donnant plus de pouvoir sur nous que le respect de soi-même exigeait?

    « Que dire de « Œuvre de chair en mariage seulement »? qui a causé tant de tors aux femmes « adultères »? ou « Tu n’adorera pas de fausses idoles » qui a servi à cautionner la répression des païens? »

    Ce que vous nous dites est d’une importance extrême. Vous dites que certains « commandements » de l’AT étaient valables et que d’autres ne l’étaient pas. C’est bien ça?

    André Lefebvre

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    22 juillet 2010 à 7 07 57 07577
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    Bonjour,

    « Cela aurait-il été voulu…provoqué sciemment? N’est-ce pas une procédé efficace de « nivellement par la base? »

    Je ne peux répondre qu’en posant à mon tour une question:

    A qui cela profite-t’il ?

    Pas difficile d’avoir la réponse, donc je dirai: Oui, c’est voulu.

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    22 juillet 2010 à 8 08 13 07137
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    La question de Ciceron « Cui Bono? » est toujours de mise; je suis d’accord avec vous.

    Quelle est votre opinion sur cette notion du « nivellement pas la base ». Elle semble défendable à plusieurs points de vue?

    Amicalement

    André lefebvre

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    22 juillet 2010 à 9 09 07 07077
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    Stéphanie LeBlanc

    « comme la liberté n’est jamais facile à gérer, il est important d’apprendre à ne pas remplacer une béquille par une autre. »

    Encore une fois, je suis parfaitement d’accord avec vous. Cependant, vu l’importance de cet « autre chose », serait-il possible de lire votre point de vue sur cette « gérance de la libertée » ainsi que sur la « nature » possible de cette « autre chose ».

    Pour être franc, je suis quelque peu rassuré sur l’inefficacité du « nivellement par la base » qui fut tenté. Nous avons déjà deux interventions jusqu’ici qui nous apportent des points extrêmements importants au niveau social.

    La section « Dieu et religion » vous est définitivement ouverte pour y publier quel qu’article que vous seriez d’accord à commettre sur votre vision des choses.

    L’Invitation s’étend naturellement à tous ceux qui « vivent » une position, quelle qu’elle soit,face au sujet de la religion. Je crois qu’il est un facteur très important pour l’évolution de notre société, puisque c’est la somme des opinions de chacun des individus qui crée l’opinion sociale.

    Je vous remercie de participer au « bien » de l’ensemble, au lieu de son « contrôle ».

    Amicalement

    André Lefebvre

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    22 juillet 2010 à 9 09 58 07587
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    Bonsoir (pour moi)

    Le nivellement par le bas que vous évoquez est loin d’avoir été inefficace, du moins par ses initiateurs. Il date (à mon avis) du début des années 80 et de débuts de nouvelles méthodes de communication qui touchent absolument tous les secteurs.

    Sans généraliser, mais sans dire non plus qu’il s’agit d’exceptions, une personne moyennement instruite passe de nos jours pour un intellectuel, un babillard devient une vedette télévisée, et un personnage politique médiocre, mais sachant manipuler et utiliser les médias devient député, ministre ou même président.

    Il en est de même pour les religions où le seul charisme d’un homme va drainer les foules pour peu qu’il sache communiquer (Voir par exemple Jean Paul II ou le Dalai Lama).

    Idem pour les disciplines sportives, musicales et artistiques en général où les relations et le don de bien communiquer sont les garanties d’un succès, même éphémère.

    afin de ne pas créer un fossé infranchissable entre la « caste » des médiocres d’en haut et le peuple « d’en bas », le domaine de l’enseignement a été également nivelé par le bas, avec un niveau d’enseignement général lamentablement bas, mis à part pour les quelques dont les parents n’acceptent pas cette déchéance, mais qui doivent se battre autant contre ce système que contre leurs enfants jugés différents par la masse inculte et pourtant souvent instruite et diplômée.

    Le plus important dans ce terrassement des mentalités est que les gens communiquent physiquement de moins en moins, ce qui est toujours dangereux pour les pouvoirs en place.

    Il a donc été créé la ribambelle des réseaux sociaux et autres gadgets auxquels tout être humain normalement constitué se doit de souscrire.

    Discussions virtuelles, rencontres virtuelles, richesses intellectuelles virtuelles font ce que nous avons aujourd’hui, c’est à dire des révolutionnaires virtuels menant un combat virtuel lors d’une vie virtuelle.

    Un vrai progrès …. Virtuel !

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    22 juillet 2010 à 10 10 10 07107
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    Merci pour cette réponse claire.

    Un seul point que je demandrais d,Éclaircir encore une peu.

    Vous dites: »les gens communiquent physiquement de moins en moins, ce qui est toujours dangereux pour les pouvoirs en place…
    Discussions virtuelles, rencontres virtuelles, richesses intellectuelles virtuelles font ce que nous avons aujourd’hui, c’est à dire des révolutionnaires virtuels menant un combat virtuel lors d’une vie virtuelle. »

    Est-ce que je comprends bien votre point si je pense que le danger pour le pouvoir en place est précisément ce combat « virtuel » que vous décrivez?

    André Lefebvre

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    22 juillet 2010 à 10 10 14 07147
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    André Lefebvre

    « Vous dites que certains « commandements » de l’AT étaient valables et que d’autres ne l’étaient pas. C’est bien ça? »

    Oui. Il n’y a aucune raison « naturelle » si j’ose dire pour considérer, par exemple, que les relations sexuelles hors mariage sont une faute. Ce n’est pas la nature qui a inventé le mariage ni même le concept de fidélité, quoique plusieurs espèces animales soient « monogames ». Il s’agit simplement d’une règle apparue avec les premières sociétés patrilinéaires.

    Chaque homme devait s’assurer d’être bien le père des enfants de sa femme pour pouvoir lui transmettre nom et héritage. C’est pourquoi il était important qu’il épouse une vierge et que celle-ci demeure fidèle. Comme ce n’était pas suffisant pour dissiper tout doute, il s’est établie dans plusieurs culture un système de contrôle impitoyable du corps des filles et des femmes. Ce système perdure encore dans beaucoup de sociétés.

    Dans le cas des fausses idoles, on considère toujours comme faux le dieu du voisin et vrai le nôtre. Les fausses idoles de l’époque n’étaient pas l’argent ou les vedettes de cinéma, il s’agissait d’autres figures deïtiques que le dieu d’Abraham tout simplement. Même si je n’ai plus de religion, je ne peux être d’accord avec une règle qui interdit la liberté de culte.

    « …serait-il possible de lire votre point de vue sur cette « gérance de la liberté » ainsi que sur la « nature » possible de cette « autre chose ».

    J’écrirai sans doute quelque chose là-dessus mais j’ai personnellement trouvé très difficile la transition entre la religion qui donnait des réponses simples et rassurantes à toute question existentielle et l’obligation que je me suis donnée d’essayer de réfléchir par moi-même sur ce genre de questions.

    Il n’est pas surprenant que les sectes, gourous et même coach de vie soient aussi populaires. Dans leur désir d’être guidé, les gens ne se font peut-être pas suffisamment confiance. Je crois possible qu’une personne ait une spiritualité et un bon sens moral sans le recours au culte. Ça ne veut pas dire pour autant qu’on ne peut pas s’inspirer de l’enseignement d’une autre personne mais on doit absolument conserver son indépendance d’esprit.

    J’étais très jeune lorsque je me suis mise en devoir de ne plus croire juste parce qu’on m’avais dit de croire. Peut-être que la transition aurait été plus harmonieuse si je n’avais pas passé tant d’années dans une bulle protectrice. La bulle a crevé trop vite et il faisait très froid à l’extérieur…

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    22 juillet 2010 à 10 10 24 07247
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    re-bonsoir,

    « Vous dites: »les gens communiquent physiquement de moins en moins, ce qui est toujours dangereux pour les pouvoirs en place… »

    Non, en fait pris dans mon élan, je me suis mal exprimé, et c’est en fait l’inverse que je voulais dire:

    En instaurant une société basée sur le virtuel, les responsables de tous ordres se protègent, car si vous regardez l’histoire, c’est dans la rue qu’ont toujours eu lieu les grands changements.

    Ce n’est donc qu’une énième application du diviser pour mieux régner.

    Pour ceux qui est des religions traditionnelles en Occident, les personnes chargées de les diffuser en sont les plus grands fossoyeurs, à de rares exceptions près, comme soeur Thérésa ou l’Abbé Pierre qui auraient été capable de remplir le stade de France sans difficulté, alors qu’un curé de campagne a bien du mal à remplir son église, même lorsque l’évêque vient faire sa visite.

    La question que je me pose, bien qu’étant devenu athée par conviction personnelle est:

    une religion doit elle se moderniser, et jusqu’où ?

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    22 juillet 2010 à 10 10 26 07267
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    Ce genre de « crevaison de bulle » est généralement le signe d’une « naissance ».

    Vivre n’est pas nécessairement facile, mais c’est tout de même merveilleux; je pense.

    Nous attendrons que vous soyez prête, évidemment. Par contre, vos interventions sont tellement « pertinentes » que j’ose espérer qu’elles ne se raréfieront pas.

    Un seul petit détail:
    « quoique plusieurs espèces animales soient « monogames ». Il s’agit simplement d’une règle apparue avec les premières sociétés patrilinéaires.  »

    je ne vois pas le lie entre sociétés patrilinéaire et « animal monogame »???

    Amicalement

    André Lefebvre

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    22 juillet 2010 à 10 10 32 07327
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    @hengxi

    « La question que je me pose, bien qu’étant devenu athée par conviction personnelle est:

    une religion doit elle se moderniser, et jusqu’où ? »

    Excellente question en effet.

    La mienne serait: Comment peut-elle se moderniser puisqu’elle se dit porteuse du « révélation » de la part de « l’omniscient »? Peut-elle s’adjuger la possibilité d’améliorer ce qui provient de « l’omniscient »?

    Cela ne me semble pas très logique. Qu’en pensez-vous6

    Amicalement

    André Lefebvre

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    22 juillet 2010 à 11 11 08 07087
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    @hengxi

    « car si vous regardez l’histoire, c’est dans la rue qu’ont toujours eu lieu les grands changements. »

    Il n’y avait, à l’époque, aucun autre « pouvoir » qui était disponible au peuple. Par contre, il ne faudrait pas minimiser l’importance des « Pamphlétaires » avant la manifestation « dans la rue ».

    Ne croyez-vous pas que la puissance de l’internet est de beaucoup supérieure à celle des « Pamphlétaires »… même de ceux entre 1750 – 1770?

    Amicalement

    André Lefebvre

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    22 juillet 2010 à 11 11 14 07147
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    @hengxi
    Ce qui nous ramène à votre question initiale:

    « La solution est donc de combler un vide devenu existentiel, mais avec quoi ? »

    Auriez quelques propositions?

    Amicalement

    André lefebvre

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    22 juillet 2010 à 11 11 34 07347
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    « je ne vois pas le lie entre sociétés patrilinéaire et « animal monogame »???

    Je disais que la nature n’a inventé ni le mariage ni même la fidélité mais je voulais tout de même mentionner que certaines espèces animales sont monogames (je considère l’être humain comme un animal parmi d’autres, sans vouloir insulter personne).

    Je ne sais pas jusqu’à quel point l’être humain est monogame de nature (on a tous entendu des hommes dire que la monogamie est naturelle mais seulement pour les femmes, comme c’est pratique n’est-ce pas? 🙂 Je ne suis pas pour autant contre le couple et la monogamie.

    Le mariage a été inventé par des sociétés patrilinéaires pour limiter, du moins officiellement, les relations sexuelles des femmes à celles qu’elles avaient avec leur époux et pour que ce soit bien clair pour tout les autres hommes que cette femme-là « appartenait » légalement à l’homme qui l’épousait.

    Cela dit, le mariage n’est pas un lien physique et lorsqu’on ne peut empêcher physiquement une personne de faire quelque chose, on appelle à la rescousse l’ostracisme social contre celle qui ne respecte pas les règles et on invente une religion qui fait de ces règles des lois divines.

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    22 juillet 2010 à 11 11 53 07537
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    @Stéphanie LeBlanc

    Effectivement vous présentez une facette importante de la situation.

    Permettez-moi de souligner quelques petits détails sur lesquels je me questionne suite à la lecture de votre opinion:

    1) « Je disais que la nature n’a inventé ni le mariage ni même la fidélité  »

    Entièrement d’accord avec vous; mais en disant cela, ne sautez-vous pas une étape? N’est-il pas vrai que c’est la nature qui a tout de même « inventé » la relation sexuelle? Fidélité et mariage ne deviendraient alors que ses conséquences. Reste à savoir si ce sont des conséquences normales ou non. Que pensez-vous de développer cette facette du sujet?

    2) « Le mariage a été inventé par des sociétés patrilinéaires pour limiter, du moins officiellement, les relations sexuelles des femmes à celles qu’elles avaient avec leur époux et pour que ce soit bien clair pour tout les autres hommes que cette femme-là « appartenait » légalement à l’homme qui l’épousait.  »

    Encore une fois je suis d’accord. Mais est-ce à dire qu’une épouse accepte facilement que l’homme ait une relation sexuelle avec une autre femme?

    Une autre question qui me vient tout à coup: Est-il possible, selon vous, de préciser une date pour l’apparition de cette société patrilinéaire dans l’histoire de l’humanité? Cela pourrait peut-être permettre de comparer deux genres de société.

    Amicalement

    André Lefebvre

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    22 juillet 2010 à 12 12 18 07187
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    « Stéphanie, merci pour votre commentaire, je me sens moins seul,… »

    Nous sommes trois à nous sentir moins seul. M’enfin…nous sommes encore seuls à trois. Venez nous aider quelqu’un!!! 🙂

    @hengxi
    « Le problème que soulève Stéphanie mériterait un post à lui seul, non pas pour apporter une réponse, mais en débattre. »

    Ce que je l’encourage énormément à faire sur le forum « Dieu Religion ». Je vous ferais remarquer que le développement que vous faites de vos opinions commence à mériter le même statu. 🙂

    Votre opinion sur la polygamie est quelque chose qui semble nous avoir échapper. Merci.

    « Pour répondre à André, des solutions, non, je n’en ai pas…Mon avis est donc que tout commence par cette notion forte de famille, pour ensuite se diffuser aux diverses couches sociales, répandant ainsi un certain nombre de valeurs morales. »

    D’accord! J’accepterai donc votre avis qui ne serait pas une « solution »; Mais pourriez-vous nous dire les conséquences sociales de la remise en place de votre avis?

    Car, aussi incroyable que cela puisse vous paraître, la disparition graduelle de l’esprit de famille n’est pas exclusive à la Chine. Ici, entre autre, on fait même face à la disparition de la famille elle-même; ou du moins, de son importance sociale et individuelle.

    Votre avis sur ce sujet, ayant déjà été expérimenté en Chine, pourrait s’avérer d’une importance capitale.

    Merci d’avance.

    André Lefebvre

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    22 juillet 2010 à 12 12 48 07487
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    André Lefebvre

    1) »N’est-il pas vrai que c’est la nature qui a tout de même « inventé » la relation sexuelle? Fidélité et mariage ne deviendraient alors que ses conséquences. »

    Oui, la nature a inventé la relation sexuelle, j’entend par relation non seulement l’acte reproducteur mais elle a sans doute joué un rôle dans l’attachement et l’intimité et je suis heureuse qu’elle l’est fait.

    On a davantage de chance d’être fidèle lorsqu’on est attaché et pas seulement attiré physiquement par une personne. On peut aussi vouloir passer le reste de notre vie avec cette personne. Cependant, je ne vois pas en quoi le mariage, viendrait apporter quoi que ce soit de plus à l’amour.

    De tout temps, des couples se sont mariés pour toutes sortes de raisons n’ayant rien à voir avec l’amour: unions stratégiques, unions pour obtenir une dot, pour donner une reine à un royaume, pour avoir un héritier, pour sauver une femme enceinte du déshonneur ou pour trouver une mère de remplacement pour des enfants.

    Aujourd’hui, même le mariage se veut une célébration de l’amour et n’est plus une obligation sociale, certains couples se marient pour faire un joli party, pour une bourse, pour obtenir une citoyenneté, pour se protéger en cas de divorce (dans le cas des femmes), pour faire plaisir à des parents plus traditionnels, etc.

    2) »Mais est-ce à dire qu’une épouse accepte facilement que l’homme ait une relation sexuelle avec une autre femme? »

    Je ne crois pas! 🙂 Cependant, la plupart des cultures cherchent à minimiser la responsabilité de l’homme dans l’infidélité, en mettant la faute sur la femme tentatrice par exemple ou même en culpabilisant l’épouse ne n’avoir pas su retenir son époux (se refuser à son mari était considéré par l’église catholique comme un encouragement à l’infidélité).

    Pour votre dernière question, je ne suis vraiment pas une spécialiste et je n’ai pas de date à vous donner sur l’apparition des sociétés patrilinéaires mais on parle de plusieurs milliers d’années. Un mode de vie sédentaire l’a d’ailleurs favorisé car avec lui sont venu l’agriculture, l’élevage des animaux, le concept de propriété terrienne, etc.

    C’est dommage que l’apparition de l’écriture soit ultérieure à la disparition de la majorité des sociétés matrilinéaire. On a tendance à faire débuter l’histoire avec un grand « H » et la civilisation avec un grand « C » avec l’apparition de l’écriture. L’histoire est écrite par les gagnants et comme ce eux qui ont inventé l’écriture en plus… 🙂

    Hengxi:

    Merci pour l’appréciation! En Chine, il y a encore une société matrilinéaire, les Mossos! Les femmes Mossos ne sont d’ailleurs pas vues d’un très bon oeil par les autorités, en regard de la politique de l’enfant unique…

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    22 juillet 2010 à 13 01 17 07177
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    « Cependant, je ne vois pas en quoi le mariage, viendrait apporter quoi que ce soit de plus à l’amour. »

    J’abonde dans tout ce qui précède cette phrase et j’ajoute ma réponse: « Moi non plus! ».

    « Aujourd’hui, même le mariage se veut une célébration de l’amour  »

    Mais il reste facultatif, du moins au niveau personnel. Par contre au niveau social, il y a encore du chemin à faire; je pense. Protection de la femme, des enfants etc..

    « en mettant la faute sur la femme tentatrice par exemple… »

    🙂 J’ai assisté à des déploiements d’énergie incroyables de la part de certain pour « convaincre » une femme convoitée. L’aspect « tentatrice » à ce moment-là en était complètement absent. Je vous le garantie. En fait je n’ai pas rencontré cet aspect plus qu’une ou deux fois. (Pauvre de moi! 🙂 )

    « (se refuser à son mari était considéré par l’église catholique comme un encouragement à l’infidélité). »

    Ouais; en blaguant chez nous on disait : « refuser le « sacrement ». » Mais cela ne faisait pas partie des commandements de l’AT. Alors…

    « Pour votre dernière question, je ne suis vraiment pas une spécialiste  »

    je peux peut-être vous aider sur ce point. Il faudrait vérifier dans une fourchette entre – 2000 et -1200, au plus tôt. Ensuite cela s’est installé progressivement. remarquez que cette « tendance » n’a jamais existé ches les Amérindiens, sauf après le travail « extraordinaire » des missionnaires. Et le résultat s’est fait attendre au moins 200 ans.

    « On a tendance à faire débuter l’histoire avec un grand « H » et la civilisation avec un grand « C » avec l’apparition de l’écriture…. »

    Entièrement d’accord avec vous. On oublie toujours de spécifier: « Histoire ÉCRITE ». Ce qui laisserait de l’espace pour l’histoire antérieure supposée « non écrite ». par contre, on verra peut-être que cette histoire antérieure fut la première chose qui fut écrite à l’arrivée de l’écriture.

    « Merci pour l’appréciation! En Chine, il y a encore une société matrilinéaire, les Mossos! Les femmes Mossos ne sont d’ailleurs pas vues d’un très bon oeil par les autorités, en regard de la politique de l’enfant unique… »

    Bon! Voilà encore une info importante qui s’ajoute.
    Qui croit encore que les échanges sont inutiles?

    Pouvez-vous nous parler un peu de ces « Mossos »?

    André Lefebvre

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    22 juillet 2010 à 13 01 56 07567
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    Au fait, je ne devait pas mettre le mot « même » dans la phrase « Aujourd’hui, même le mariage se veut une célébration de l’amour» J’ai changé la formulation de la phrase et je ne sais pas trop ce que le mot fait là…

    Les Mossos appartiennent à une minorité etnique. Ils ressemblent aux tibétains je dirais. Les familles sont composées de femmes apparentées, d’enfants des deux sexes et dirigées par une matriarche. Les hommes vivents en célibataires (j’entends d’ici les exclamations « Mais c’est le paradis, je déménage! »).

    En gros, il n’y a pas de mariage ni d’union définitive, les couples se forment et se défont spontanément. Malheureusement les enfant ignorent généralement qui est leur père, quoique certains le savent. Ils appellent tout homme gravitant autour de leur mère « oncle ». C’est la mère qui transmet son nom et son héritage à ses enfants.

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    22 juillet 2010 à 14 02 02 07027
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    Ce fut instructif tout autant qu’agréable et je vous en remercie infiniment.

    Amicalement

    André Lefebvre

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    22 juillet 2010 à 14 02 10 07107
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    Ce fut un plaisir pour moi aussi! Bonne nuit!

    Stéphanie

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    5 septembre 2010 à 7 07 51 09519
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    Il semble qu’un commentaire de M. Pierre Régnier ne s’est pas enrégistré ici.

    Pourquoi, je ne sais pas.

    André Lefebvre

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