Banqueroute annoncée pour certains Etats américains

La California, l’Illinois et le New Jersey se retrouvent en cette fin 2010 dans une situation financière fort périlleuse du fait de déficits qui se comptent par dizaines de milliards de dollars. En fait, d’autres Etats américains pourraient bien leur emboîter le pas en 2011 car les investisseurs exigent encore et toujours plus de rendement (d’intérêts) sur leurs prêts tels que reflétés à travers les marchés obligataires. Effectivement, ces Etats n’ayant pas la faculté régalienne et Ô combien commode d’imprimer de la monnaie à partir du néant comme peut le faire l’Etat Fédéral, ils en sont ainsi réduits à devoir aller dans l’arène impitoyable des marchés – et donc de devoir surpayer leur financement – afin de rester à flots… Le privilège exorbitant de Washington – qui use et qui abuse des baisses de taux quantitatives – et qui dispose à son gré de la première devise de réserve au monde n’étant pas partagé entre les Etats de l’Union, certains de ceux-ci se retrouveront vraisemblablement en situation d’insolvabilité en 2011.

En effet, cette situation d’extrême fragilité étant exacerbée par des investisseurs qui, conscients de ce risque, demandent à être rémunérés en fonction et qui majorent donc progressivement le taux prélevé sur la dette de ces Etats… tant et si bien que cette déroute programmée est parfois comparée à l’effondrement bancaire et financier de l’automne 2008. Un certain nombre de projet de travaux publics sont ainsi purement et simplement annulés car, comme l’affirmait tout récemment Chris Christie, Gouverneur du New Jersey, sur la célèbre émission « 60 Minutes » : Je ne peux payer ces travailleurs si je n’ai pas l’argent pour les payer. En finalité, (textuellement: “the bottom line ») je n’ai pas cet argent »! Cette crise ajourne donc des travaux indispensables car consistant à améliorer les infrastructures ou à mettre en place des plans de redressement et de développement économiques tout en étant une des raisons fondamentales faisant que le chômage reste élevé aux Etats-Unis. Le pays se retrouve en conséquence dans un cercle vicieux car ce chômage est lui-même responsable des ressources fiscales déclinantes de ces Etats qui n’ont ainsi d’autre choix pour assurer leur train de vie (déjà fort réduit) que d’aller se financer sur les marchés…

C’est ainsi que la dette des collectivités locales US (municipal debt) s’est creusée de 1’400 milliards de dollars en 2000 à 2’200 milliards aujourd’hui tandis que leurs endettements combinés à ceux des Etats sont à leur plus haut niveau historique, soit à 22% du P.I.B. des USA de nos jours contre 15% il y a dix ans! (source: Wall Street Journal) Dans un tel contexte, n’est-il pas débile (pardonnez l’expression) de consacrer annuellement 800 milliards de dollars au budget défense?

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