BD : « La survie de l’espèce » par Paul Jorion et Grégory Maklès

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Une BD maintenant ! Intarissable, le Jorion ! Simultanément à la sortie de “Misère de la pensée économique” (Fayard), voilà qu’il se préoccupe de “La survie de l’espèce” (Arte Futuropolis, 18 euros) avec Grégory Maklès aux pinceaux.

Forcément, on l’attendait au tournant, notre sociologue-anthropologue belge en goguette dans le monde des bulles. Eh bien c’est peu de dire qu’il ne rate pas le virage.

UNE SAGA FINANCIÈRE PALPITANTE

Parvenir à tenir le lecteur en haleine dans un genre aussi casse-gueule qu’une saga financière sur fond de crise humanitaire, fallait oser. Le sens du comique et de la dérision des auteurs le dispute heureusement à la brutalité et à la totale absence de scrupules de leurs héros.

Jorion réussit son pari grâce à l’aide efficace de son compère Maklès et de ses partis-pris graphiques : un usage de la couleur limité au vert, une mise en page épurée, avec des hardiesses de narration (la voix off décalée de Jorion sur fond noir) parfaitement maîtrisée.

Voilà pour la forme. Pour ce qui est du fond… Eh bien, justement, à propos de fond, il y est question de celui que l’humanité est en train de toucher à cause de cornichons tellement tordus qu’ils en sont arrivés à spéculer même « sur l’apocalypse » qui menace de tout emporter, eux compris.

Jorion et Maklès décryptent avec une précision de chirurgiens sataniques les machinations vicelardes de cette malfaisante bande de rapaces aussi retors que bêtes et suicidaires.

BEST-SELLER

Mais, ho, attention, chez Jorion, les films-catastrophes ne sauraient se terminer autrement que sur une note positive. Ou du moins pas trop accablante. Le lecteur est prévenu d’entrée sur la couverture :

« Un essai dessiné incisif, humoristique et pas complètement désespéré »

Pour retrouver un peu d’espoir, Jorion n’y va pas par quatre chemins. Il ressort… la guillotine !

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Et se permet juste, dans un épilogue où il est question d’une malle Calais-Douvres prise dans une tempête, le luxe élégant d’être bouleversant.

Résultat de l’opération, un best-seller d’entrée : dès sa parution, le 2 novembre, “La survie de l’espèce” s’est hissée au huitième rang des ventes d’Amazon.fr, avec prix Goncourt et tout le bataclan.

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