Bonjour, tristesse européenne…

Image Flickr par Images_of_Money

En dépit de leur redressement in extremis ces dernières 48 heures, les marchés sont très tendus, comme au bord de l’abîme. Certes, les politiciens européens – qui construisent pierre après pierre l’Union depuis trois générations – finiront bien par trouver un accord de la 25 ème heure pour sauver l’Euro… Pour autant, ce plan – qui doit être dévoilé ces prochains jours voire ces prochaines heures – devra se révéler très convaincant et fort bien ficelé afin que diminue le risque de contagion imminente. En effet, c’est l’effondrement en bonne et due forme de soixante ans d’efforts, de compromis et d’inventivité qui menace l’Europe – et bien-sûr nous avec ! – si ses responsables devaient offrir un enième plan dont le seul but est de gagner encore un peu de temps !

Plus vraisemblablement, l’Union Européenne se convertira à son tour aux injections de liquidités à la faveur d’une activation sans précédent de sa planche à billets. Suivre les traces de la Réserve Fédérale est ainsi la seule et unique bouée de sauvetage de la monnaie unique si ce n’est que les montants injectés par la BCE seront indéniablement plus massifs que ceux crées par sa consœur américaine. Car c’est pas moins de 2’000 milliards d’Euros qui devraient probablement être pompés dans les fonds d’urgence et de sauvetage si la volonté européenne est vraiment d’en finir avec les tourmentes qui s’éternisent depuis plus de 18 mois. En comparant avec les programmes de baisses de taux quantitatives américains qui furent de 1’250 milliards et de 600 milliards de dollars respectivement pour le QE1 et le QE2, c’est avec l’équivalent de 2’800 milliards de dollars que la BCE devra intervenir ! La force de frappe européenne devra donc impérativement être massive pour être déterminante avec, à la clé, le renflouement de l’Euro … mais pas seulement.

L’impact d’une création monétaire de cette ampleur sera effectivement gigantesque : les marchés financiers et autres matières premières n’ont-ils pas bénéficié d’une flambée spectaculaire dès que la Fed avait annoncé ses programmes successifs évoqués ci-haut ? Les marchés financiers globaux n’avaient-ils pas connu un long état de grâce à la faveur des baisses de taux quantitatives japonaises de la fin du siècle dernier par l’entremise d’emprunts massifs en yens destinés à être réinvestis tout autour du globe ? Préparons-nous donc à une nouvelle fièvre boursière et des « commodities » même si elle sera – ou même si elle ne sera que – spéculative et artificielle…

Oui, la BCE finira ainsi par monétiser la dette des nations européennes fragilisées en rachetant leurs Bons, permettant au passage à leurs gouvernements respectifs de se financer directement auprès d’elle sans plus passer par l’épreuve du feu des marchés. Au final et dans quelques années, toute cette création monétaire se soldera en une authentique catastrophe car, dans le meilleur des cas, c’est l’hyper inflation généralisée qui sera au rendez-vous. Ah oui : et ces pays d’Europe périphériques, devenus entièrement dépendants de la BCE pour leurs financements, ne seront plus jamais en mesure de lever des fonds sur les marchés…

 

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