Bonne Fête la Suisse! La BNS et M. Hildebrand veillent au grain…

Addendum du 30 Juillet: La BNS est à nouveau à l’épicentre de la spéculation puisque, selon certaines Banques importantes basées à Londres, elle vend progressivement sur les marchés une partie des Euros accumulés dans le cadre de ses interventions pour peser sur le Franc Suisse. En fait, la BNS serait très active depuis une dizaine de jours sachant que ses réserves en devises ont plus que doublé en 6 mois, pour atteindre 227 milliards de Francs Suisses, reflétant ainsi une création intense de Francs destinés ensuite à être revendus contre Euros… Sur le seul mois de Mai 2010, la BNS a acheté 60 milliards d’Euros, soit 15% du P.I.B. Helvétique!

La Suisse a-t-elle été attaquée, comme a voulu le faire croire le Patron de sa Banque Centrale Philippe Hildebrand qui a pris plaisir a agir en justicier à la John Wayne? La gardienne du Franc Suisse – dont la valorisation était assez étroitement corrélée à l’Euro ces dernières années – aurait-elle perdu de vue les raisons fondamentales ayant littéralement poussé les investisseurs mondiaux dans les bras de sa devise? Car Hildebrand s’est vraiment cru investi d’une mission divine en mettant en action toutes les batteries de la Banque Nationale Suisse (BNS) afin de pourfendre ces avides spéculateurs persuadés – pour d’excellentes raisons – que le Franc Suisse restait un pari plus sûr qu’une monnaie unique de plus en plus secouée par les remous des crises grecque, espagnole ou portugaise… alors même qu’il tombe sous le sens que le plus conservateur des investisseurs est en droit de considérer légitimement le Franc Suisse comme une alternative de choix en période de tourmentes internationales. Ce faisant, M. Hildebrand fait lui-même – certes involontairement – le jeu de spéculateurs trop heureux d’acheter le Franc Suisse à des prix un peu moins élevés juste après une intervention de la BNS… (voir mon précédent papier du 21 Juin dernier : http://www.gestionsuisse.com/2010/bns-dans-la-cour-des-nains/ ).

A l’appui de son action et pour conforter ses discours belliqueux, la BNS n’a eu de cesse d’invoquer les effets néfastes vis-à-vis des exportations Helvétiques d’une monnaie nationale forte. Pourtant, ce refrain semble vieillot et cette corde terriblement usée car même les pays (Asiatiques) ayant exercé toutes sortes de pressions baissières sur leur devise nationale afin de promouvoir (artificiellement) leur secteur à l’exportation en sont revenus tant ce type de manipulations est susceptible d’engendrer une inflation dévastatrice! Du reste, les biens exportés par la Suisse ont nettement moins été en compétition à l’international au niveau de leurs prix que pour leur qualité et, au demeurant, l’industrie exportatrice du pays bénéficie d’une longue et très concluante expérience de gestion des fluctuations de sa monnaie.  Enfin, un certain nombre d’entreprises Helvétiques trop exposées à ce risque de voir leurs marges rognées par une devise trop ferme ont intelligemment contourné ou amoindri ces effets en ouvrant des succursales à l’étranger afin d’exprimer – en tout cas partiellement – revenus et dépenses en d’autres monnaies.

Comment le Président de la BNS peut-il par ailleurs ignorer que cette confiance internationale en faveur du Franc Suisse représente un phénomène bienvenu et même souhaitable dans un contexte où le secret bancaire de son pays est ouvertement remis en question par une Union Européenne et des Etats-Unis rendus extrêmement agressifs par la crise financière? Il est en effet incontestable que cette ruée vers la monnaie Helvétique compense partiellement le dénigrement quasi généralisé Occidental à l’encontre de notre pays tout en mettant du baume au coeur de nos Banquiers tout comme il est évident que notre système bancaire serait encore plus fragilisé si les interventions massives et obstinées de la BNS pour affaiblir sa monnaie étaient couronnées de succès! A moins que M. Hildebrand n’ait décidé de s’attaquer aux finances publiques Helvétiques saines et équilibrées et à notre discipline fiscale qui, légitimement, attisent la confiance des investisseurs globaux et qu’il ne souhaite à son pays une situation à la grecque qui, elle pour le coup, précipiterait des ventes massives de Francs Suisses…?

Il est vrai qu’aujourd’hui le seul établissement financier majeur de ce monde à manquer de Francs Suisses est … la Banque Nationale Suisse qui a tant et si bien acheté et amassé des Euros (par débit Franc Suisse) qu’elle détient beaucoup plus – énormément plus – de monnaie unique que de sa propre monnaie! On croit rêver en effet dès lors que l’on se rend compte que la Banque Centrale Suisse dispose aujourd’hui d’un bilan … surtout libellé en Euros. Comment la BNS, détenue principalement par les Cantons mais qui n’en reste pas moins une entité dont les titres peuvent être acquis par le public, est-elle en mesure de justifier ce bilan contre nature? Comment expliquera-t-elle en outre les pertes qui s’amassent et que j’annonçais déjà dans mon papier du 21 Juin? Comment le citoyen Helvétique, par nature économe et rigoureux, tolèrera-t-il une BNS dont les pertes se chiffrent en milliards de Francs Suisses? Car, et ne nous y trompons surtout pas, la seule porte de sortie honorable qui sauverait aujourd’hui la BNS consisterait en une remontée de la parité de l’Euro contre le Franc Suisse qui permettrait à Hildebrand  de revendre progressivement ces masses d’Euros figurant à son bilan.

Et voilà, la boucle est bouclée: la BNS et Hildebrand se retrouvent ainsi relégués au rang de spéculateurs!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *