Burkina Faso – Coup d’Etat militaire ou pas ?

OUAGADOUGOU – Des coups de feu tirés par des militaires étaient entendus jeudi soir à Ouagadougou dans l’enceinte de la présidence de la République du Burkina Faso, a constaté un journaliste de l’AFP qui se trouvait à proximité du bâtiment.

« Ce sont quelques jeunes militaires qui sont en train de faire n’importe quoi », a expliqué à l’AFP un officier du régiment présidentiel s’exprimant sous couvert d’anonymat. « Nous sommes en train de gérer », a ajouté cette source, précisant cependant que ces soldats refusaient pour l’instant de négocier.

Selon lui, il s’agit d’un mouvement de colère de militaires qui tirent en l’air pour protester contre le non-versement d’une indemnité de logement qui leur avait été promise.

Les tirs d’armes légères et d’armes lourdes, qui se poursuivaient à 22H45 (GMT et locales), provenaient de la caserne du régiment présidentiel qui se trouve à l’intérieur du périmètre d’une vingtaine d’hectares abritant le palais du président Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 1987.

Le journaliste de l’AFP a vu une ambulance sortir de l’enceinte du palais présidentiel.

Le régiment présidentiel est composé des éléments les plus performants et les mieux payés de l’armée du Burkina Faso.

Fin mars, des militaires en colère s’étaient emparés d’armes de guerre dans des garnisons de plusieurs villes du pays, dont sa capitale Ouagadougou, et avaient tiré en l’air dans les rues, pillé des boutiques et libéré certains de leurs camarades condamnés et emprisonnés pour des affaires de moeurs et des viols.

Après ces incidents, le président Compaoré avait rencontré toutes les composantes de son armée, des simples soldats aux généraux, et annoncé la fin de la crise à l’issue de ces rencontres.

La révolte de ces soldats avait été précédée par un mouvement de contestation de jeunes étudiants à la suite de la mort, fin février, d’un des leurs tué lors d’une manifestation. D’autres manifestations s’étaient produites par la suite dans tout le pays, faisant au moins six morts, dont quatre étudiants.

Cette double protestation des militaires et des jeunes a constitué l’une des plus graves crises qu’ait connue le régime du président Compaoré, un ancien militaire arrivé au pouvoir il y a 24 ans à la faveur d’un coup d’Etat ayant renversé et tué son ancien compagnon Thomas Sankara, figure emblématique de l’émancipation africaine.

(©AFP / 15 avril 2011 01h06)

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