Canada : Parti Conservateur – Québec : Nouveau Parti Démocratique

Par Renart Léveillé

(Ce billet a été publié originalement sur mon blogue vers la fin de la soirée électorale. Une mise à jour suivra.)

Je suis évidemment très déçu des résultats de cette dernière élection fédérale avec cette majorité conservatrice. Et le scénario de la chute du Bloc, que je craignais depuis la précédente élection, est avéré.

Par contre, pour un souverainiste comme moi, cela ressemble à quelque chose comme des conditions gagnantes. Le Québec est balayé par la victoire du NPD, qui est sans conteste un parti de gauche, contrairement au Bloc, qui, parce qu’il était centré sur la souveraineté, pouvait quand même accueillir le vote de droite. Et le Canada, plutôt le ROC, a donné majoritairement sa confiance à un parti manifestement à droite.

Dans le fond, nous étions mieux servis avec le Bloc (peut-être trop d’ailleurs…) que nous le serons avec le NPD centralisateur, bien que de gauche. Cela nous donnera plus de raisons de remettre en question ce grand pays qui semblera de moins en moins fait pour nous.

Non, malgré ce que pensent certains fédéralistes québécois, cette élection n’est pas un référendum contre la souveraineté…

(Mise à jour)

L’histoire de Ruth Ellen Brosseau, candidate-poteau pour le NPD, donne à penser que l’exercice démocratique peut vraiment surprendre et surtout, démontre les ratés de notre système.

Pour ce qui est du parlementarisme, ce n’est pas bien difficile à voir, juste quand on compare les résultats de cette élection avec ce à quoi ils ressembleraient avec un système de style proportionnel (pour aller au plus simple, les Conservateurs ne seraient pas majoritaires). Aussi, il est bien évident qu’on a ici le pire cas de montée d’un parti en raison du culte du chef, où le lien candidat-comté est des plus absurdes (du genre de téléreporter une candidate unilingue anglophone dans un comté très francophone et de la voir se faire élire…).

Et c’est notre bon fédéralisme qui permet tout ça…

2 réflexions au sujet de « Canada : Parti Conservateur – Québec : Nouveau Parti Démocratique »

  1. «Non, malgré ce que pensent certains fédéralistes québécois, cette élection n’est pas un référendum contre la souveraineté…»

    En effet. On peut voter NPD, tout en étant indépendantiste. le sort du Québec se jouera au Québec et je crois comme vous, que le Québec est mieux positionné que jamais pour en arriver à ses fins.

  2. Sur la carte électorale, le Québec est « séparé » du Canada.

    Je connais des électeurs qui se sont dit: Moi je vote pour Harper pour qu’il ait la majorité; et s’il ne fait rien pour le Québec, je vote « séparatiste » au prochaines élections. je lui donne de la corde pour qu’il se pende.

    Les autres « indépendantistes » ont voté NPD, ainsi qu’une majorité qui votait Libéral auparavant.

    Le Québec est actuellement « unifié » dans sa volonté politique dans un parti de gauche. C’est la première fois.

    Les Québécois sont « tannés » du « chiâlage » qui ne mène nulle part; je crois qu’ils ont donné une dernière chance au « fédéralisme ». C’est l’action qu’ils ont choisi aujourd’hui. Leur prochaine action sera définitive selon la place qui leur sera donnée au Canada. La notion indépendantiste est loin d’être disparue; elle est encore plus présente.

    Aussi curieux que cela paraisse, Charest est le seul qui, aux yeux des Québécois, n’est pas teinté du « chiâlage » qui dure depuis 20 ans. Il est en position de « séparer » lui-même le Québec du Canada; beaucoup plus que Marois. N’oubliez pas que Bourassa en a considéré la possibilité.

    C’est peut-être la seule façon pour Charest de garder le pouvoir aux prochaines élections provinciale. Et nous savons qu’il est une « bête » politique certifiée.

    N’oubliez pas que la politique n’a pas d’honneur ni de fidélité à quoi ni qui que ce soit.

    Le Québec est au bout de la route indépendantiste; le choix des deux options sera décisif très bientôt.

    Elie l’Artiste