Ce monstre à mon image (02/40)

Je fais un pas sur le passage clouté, encore orphelin, quand la vie me passe dessus sans avoir eu la courtoisie de s’annoncer. Le tombeau sur roues des urgences, appelé par la femme du footballeur, me percute de plein fouet. L’impact est bref, irrévocable. Il n’y a plus rien à faire. La logique a ce côté inextricable que le destin cherche en vain au travers de ses prédictions. La ville accueille une fois de plus la lumière dans son berceau de fer industriel et de béton armé. Et puisque chaque spectacle a une fin, les urgentistes gesticulent simultanément, mais je n’entends plus rien, sauf la ville. En chuchotant sur un ton maternel, elle me demande pardon :

 

– Mais pourquoi ne m’as-tu pas écoutée, je t’avais dit de rester sur le trottoir. Pourquoi ?

– Une question, une seule : que feras-tu lorsqu’il n’y aura plus personne pour croire en toi ?

– Eh bien je mourrai, c’est ce que j’ai toujours voulu, que cette histoire sans fin se termine.

– Dans ce cas, tu peux commencer à avoir peur.

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