Ce monstre à mon image (03/40)

Sa femme le découvrira apaisé, serein au milieu de tous ses trophées, de sa gloire. Alors je repars comme je suis venu, sans un bruit, sans une trace, sans un sentiment. Et au pied de l’immeuble de mon dernier client, immobile pendant près d’une demi-heure, ma demi-heure, j’ai eu l’impression d’avoir enfin derrière moi des choses, des gens. Je marche simplement, sans but précis, puis j’arrive sur mon ombre naissante entre le réverbère et la lumière. Et la Voix revient une dernière fois : 

 

– Serge, il faut que je te parle, comment dire…

– Tu en as déjà trop dit, tu en as déjà trop fait. Il n’y a plus de mots, plus de vie, plus de choix.

– Écoute, je…

– Fais ce que tu veux, qui, quoi que tu sois ; je rentre chez moi.

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