Ce monstre à mon image (10/40)

Agacé, je reprends mon chemin à vive allure sans m’arrêter. Je n’ai pas réussi à échapper au système métrique. Me revoilà au même endroit, mais plus loin, au centre de la lumière, entre le réverbère et le feu de signalisation.

 

Après quelques secondes de suspense, la Voix, la ville reprend son message prophétique :

 

– Ce matin, avant que la première poubelle ne soit enlevée sur le boulevard des États-Unis, tu seras allongé face contre terre.

– Alors, au choix, avec ou sans intervention divine, sur place ou à emporter ?

– Tu sais, j’ai tenté maintes fois de t’aiguiller sur la marche à suivre. Je t’ai même donné des exemples, mais rien n’y a fait. Plus je frappais fort, plus tu continuais. Tu dois avoir une piètre vision de l’amour. Quand, je pense à ton chien Belami. Et puis il y a eu ta femme, Chri…

– Enflure, enfoiré de fils de pute ! Crevure de je ne sais pas quoi !!!! Tu es en train de dire que tu as tué ma femme ? Tu as tué ma femme pour me donner une leçon ?

– Ta, ta, ta. Le petit monsieur perd son flegme et ses invectives feutrées ? Tu sais, nous nous ressemblons, j’ai fait preuve du même cynisme que le tien, et puis s’il y a une pute dans cette histoire, c’est toi. Seules les putes ont besoin de se cacher, ont besoin de protection, ont besoin d’une ville. Tu vas mourir, enfin tu n’auras plus peur. Remercie-moi.

– Je vais te crever, tu entends, je vais te crever. Te crever, te cre-veeeer enfoiré !!

– Voyons, sois raisonnable, je suis partout et je suis toi. Adieu.

– Reste ici enfoiré, toi, reviens j’ai dit, réponds-moi. Répooonnnds !!!

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