Ce monstre à mon image (11/40)

– J’expose simplement une analyse complexe d’un monde qui l’est encore plus !

– Modeste avec ça. Sérieusement, tu aimes à ce point le doux son de ta voix ? Si tu veux avoir raison et être seul, tu as l’ascétisme, les hôpitaux psychiatriques et les rochers – avec la vérité sous le bras en option.

– Je commence à perdre patience, bon c’est pas tout ça, mais je suis un homme moderne, j’ai un ordinateur tactile et il ne me manque plus qu’un skateboard volant, alors voyez-vous les miracles ce n’est plus ce que c’était. Donc voulez-vous, enfin, « toi », « eux », « ils », me lâch…

– Encore un excès d’esprit ! Eh bien, ce que je veux, si tu veux tout savoir, c’est te voir mort ce matin avant le passage des éboueurs, histoire que tu ne te plaignes pas une fois de plus de la coupe de leurs uniformes.

– La mort, rien que ça ?! C’est sentencieux, limite divin et totalement définitif ! Disons que je vais passer mon tour, ma grande, mon grand. Vous êtes brésilien, brésilienne ?

– Très bien, je vois que ton métier te place même au-dessus de ça. Alors écoute, je te laisse prendre ton rail d’adrénaline une dernière fois avant que tu partes les deux pieds devant sans passer par la case cirage de pompes.

– Bon, le mysticisme a ses limites. Je mourrai comme bon me semble, comme Romain Gary, David Carradine ou la carrière de Charlie Sheen. Au revoir, donc.

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