Ce monstre à mon image (12/40)

La Voix surgit, comme prévu :

 

– Alors comme ça, tu comprends lentement, mais tu agis vite. Je suis déçue, je pensais que c’était l’inverse pour un homme de ta trempe !

– Heu… ha… heu…

– Bravo, des onomatopées, c’est tout ce que tu as à me proposer, vraiment ? Je me contenterais presque d’une phrase avec un vulgaire complément d’objet direct tu sais ! Je te propose une performance digne de Jeanne et du bûcher et toi, tu es là, les bras pendants sans rien dire. Tu es créationniste ou juste demeuré ?

– Eh bien, ni l’un ni l’autre.

– Mazette, c’est que le petit monsieur fait dans la concision. C’est la timidité ou la peur ? Hum, tu crois que je ne t’entends pas conchier la Terre entière comme si tu n’étais pas accidentellement de passage ?

– Je ne comprends pas. Mais si cela n’a aucun sens, en quoi mon opinion peut-elle vous intéresser ? D’ailleurs, pourquoi vous dérange-t-elle ? Je ne nuis à personne.

– Tu nuis à mon image de marque ! Les avis je m’en moque, nombriliste sur talonnettes ! Votre époque ne distingue plus le philosophe de l’idiot du village, et la postérité ne dure pas plus longtemps que le tube de l’été. Mais toi, depuis trente ans, jour après jour, tu condamnes le monde, les gens et l’histoire en mon nom. Tu es masochiste ? Tu sais, il y a les cultes pour ça, ou le mariage !

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