Ce monstre à mon image (37/40)

J’aime le jeu, j’aime le risque. La ville réglemente au mieux mon existence, alors je joue parfois avec le feu et je me brûle toujours. Mais, apparemment, j’ai la réputation d’être un homme de parole. Et, dans mon métier, la parole, c’est tout ce que l’on a, donc je paie mes dettes. C’est ainsi que, la mine déconfite, les épaules lâches et le cœur las, je me suis retrouvé – entre les promesses de l’aube et le chant des éboueurs – à faire le pied de grue accompagné de mon nécessaire de survie en attendant les fameux gens bien. C’est la même histoire, à chaque expédition suicidaire au-delà de l’autoroute, dans le monde parallèle des départementales et des nationales apportant leur lot de malheurs biologiques, je suis victime des MST de Dame Nature. Démangeaisons nocturnes, allergies saisonnières, piqûres commanditées, morsures exceptionnelles. J’en suis réduit à une communion hypocrite avec la nature, prêt à l’abandon de ma raison en fixant la trotteuse de ma montre ou à une overdose de cortisone. 

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