Ce serait quoi, une Nouvelle Société?

Photo : Flickr geoftheref
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Une Nouvelle Société se définit par une nouvelle façon de produire, de gouverner et d’offrir des services à la population. Elle ne découle pas d’une idéologie, mais est construite de façon empirique, pour répondre au besoin de mutation d’une société qui a maîtrisé l’industrialisation et atteint l’abondance, mais où se sont développés des malformations structurelles et des dysfonctionnements dont les signes les plus apparents sont la misère et la violence.

Misère et violence briment l’évolution de la société et en mettent en péril la survie même. Ils sont les produits d’inégalités extrêmes dans la société, plus marquées que celles qui résulteraient de la simple volonté de l’être humain d’avoir sans cesse davantage, suggérant que ce n’est pas seulement l’égoïsme qui en est la cause, mais que sont aussi à blâmer la paresse et une certaine inintelligence de la situation, de ses effets négatifs, de son évolution prévisible et des correctifs qu’on pourrait y apporter.

Ceci est une bonne nouvelle, car on ne changera pas la nature humaine, mais on peut souvent inciter les gens à faire moins de mal par inadvertance… si on ne leur enlève rien et que le bien ne leur demande pas plus d’efforts. C’est de cette façon qu’une Nouvelle Société va s’imposer : en montrant qu’on peut faire les choses autrement, que tout le monde y gagne et que personne n’y perd.

Une Nouvelle Société est démocratique, mais par-delà la démocratie elle est libertaire, favorisant les appartenances identitaires. Elle est tolérante et permissive, la culture y étant vue comme un patrimoine collectif, mais son développement comme l’expression de la volonté populaire.

L’État assure la sécurité et l’ordre public en mettant l’accent sur la prévention et la protection, plutôt que sur le châtiment et la réhabilitation. La résolution des conflits est immédiate et gratuite, reposant sur une justice d’équité et souvent sur l’arbitrage.

La Nouvelle Société est entrepreneuriale, mais garantit à tous un travail et un revenu adéquat. L’État n’y produit pas lui-même des biens et services, mais en assure la disponibilité et en contrôle la qualité.

Les ressources naturelles y sont exploitées dans l’intérêt commun, il est mis fin à leur gaspillage inutile et l’environnement est protégé, mais une Nouvelle Société est essentiellement humaniste et Gaïa y reste au service de l’Homme, non l’inverse.

Les bases de l’éducation sont un corpus exhaustif des connaissances ouvert à tous, une relation personnalisée entre un enseignant et un apprenant et une reconnaissance modulaire des acquis.

La santé repose sur une relation permanente entre l’individu et son médecin, à laquelle interviennent au besoin des spécialistes, mais où le patient est toujours le capitaine du navire. L’État prend en charge le coût des services essentiels, mais par capitation, en respectant le libre choix des utilisateurs de services et en y soumettant la rémunération des fournisseurs.

La propriété privée est respectée, personne n’est spolié et la richesse n’est pas confisquée, mais les ressources financières globales sont mises en mouvement au profit de l’entrepreneuriat. L’enrichissement passif, par la simple accumulation d’intérêts, est contrecarré par une politique financière qui rembourse la dette publique, accepte une inflation contrôlée et facilite le crédit, de même que par une politique fiscale qui taxe le capital plutôt que le revenu ou la consommation.

La technologie la plus moderne est appliquée sans retard. L’Internet est rendu gratuitement accessible à tous, devenant le véhicule privilégié pour l’information publique, les communications en général entre les individus et les relations entre l’État ou l’Administration et les citoyens.

L’État d’une Nouvelle Société remet périodiquement en question toutes ses méthodes comme ses politiques et a un préjugé favorable en faveur du changement.

Une Nouvelle Société ne peut naître que dans un État développé ou en voie de vrai développement imminent, mais son but est de devenir globale, servant de cadre à une confédération mondiale qui respecte les diverses cultures. Son programme inclut donc que soient consacrés les efforts nécessaires pour que les pays sous-développés soient aidés en priorités à atteindre au plus tôt le seuil à partir duquel les principes et les méthodes d’une Nouvelle Société pourront y être implantés.

Il n’y a aucune raison, hormis l’apathie et l’inertie, pour que cette société ne devienne pas une réalité.

Pierre JC Allard

2 pensées sur “Ce serait quoi, une Nouvelle Société?

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    18 août 2009 à 0 12 21 08218
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    Intéressant…

    Quelques points:
    – Misère et violence ne sont aucunement un produit de la société moderne. Bien au contraire, la misère et la violence sont à leur plus bas dans l’histoire de l’humanité.

    – Une société tolétante et permissive mais gérant la culture et le collectif dans un contexte d’appartenance identitaire…
    Quelle est la place pour l’individu dans cette société ? Celui-ci n’a parole qu’en tant que groupe ?

    – La Nouvelle Société est entrepreneuriale, mais garantit à tous un travail et un revenu adéquat.
    Comment une société peut garantir du travail et un revenu adéquat ? Qui va créer ces emplois ?
    Et qu’est-ce que la définition d’un revenu adéquat ? Qui va décider de ce revenu ?

    – L’État n’y produit pas lui-même des biens et services, mais en assure la disponibilité et en contrôle la qualité.
    Pour la qualité, on n’a qu’à penser au contrôle de qualité des fromages pour se rassurer…
    L’état ne produit pas, soit. Mais comment peut-il s’assurer de la disponibilité des biens et services ? S’il y a un domaine où l’histoire ne peut être démentie, c’est bien dans la capacité de l’état vs le libre marché à fournir ce qui est nécessaire dans une société.
    Est-ce que les files d’attentes en URSS pour avoir un pain sont déjà oubliées ?

    – Les ressources naturelles y sont exploitées dans l’intérêt commun, il est mis fin à leur gaspillage inutile
    Je me demande bien ce que cela implique.
    Par exemple, pour une entreprise qui extrait du cuivre, qu’est-ce que le bien commun ?
    Et qui détermine ce qu’est le bien commun ? Le gouvernement ?
    Est-ce vraiment un concept qui est unanime ?
    Et le gaspillage… comment s’assurer que les individus ( car c’est eux qui gaspillent et non les industries ) ne gaspillent pas. Et qu’est-ce que la définition de gaspiller ? Comment tirer la ligne en ce qui est de la consommation et ce qui est du gaspillage ?

    – La propriété privée est respectée, personne n’est spolié et la richesse n’est pas confisquée, mais les ressources financières globales sont mises en mouvement au profit de l’entrepreneuriat.
    Heuu, quelles sont ces ressources financières globales dans un contexte de propriété privée ?
    Ho, la richesse n’est pas confisquée mais elle est taxée ?

    – L’enrichissement passif, par la simple accumulation d’intérêts, est contrecarré par une politique financière qui rembourse la dette publique
    Donc, mettre son argent au profit de la société, moyennant une compensation (ie: interet) est condamnable ? Et pourtant, pratiquement tout les citoyens placent leurs économies dans le but d’avoir cet «enrichissement passif».
    Si placer son argent sert à rembourser la dette publique, il faut réaliser que personne ne va le faire… Les gens vont mettre leur argent ailleurs.

    – accepte une inflation contrôlée et facilite le crédit
    Mais un système économique qui défavorise l’économie ( en y taxant à outrance les interets pour rembourser la dette ) et favorise le crédit ( d’où va venir cet argent sans épargne ? ) est un système similaire à celui que nous vivons: un pays qui vit au dessus de ces moyens.

    – une politique fiscale qui taxe le capital plutôt que le revenu ou la consommation.
    Ceci est le meilleur moyen d’appauvrir un pays !
    Le capital, c’est ce qui est économisé et réinvestit pour produire la richesse. C’est la machinerie, l’innovation, la vrai richesse.
    La consommation, c’est la destruction de la richesse.
    C’est la différence entre manger la poule ou la garder pour manger (et vendre…) les oeufs…
    Décourager le capital et encourager la consommation, ce n’est pas vraiment une bonne idée.

    – La technologie la plus moderne est appliquée sans retard.
    Qu’est-ce que cela implique au juste ?
    Est-ce qu’un tel gouvernement livrera un BluRay à tous avec son retour d’impôt ?
    Qui décide de l’utilité d’une nouvelle technologie ? Et évidemment, qui paye pour cela ?

    – Il n’y a aucune raison, hormis l’apathie et l’inertie, pour que cette société ne devienne pas une réalité.
    Heuu… Objection!
    Premièrement, une telle société ne peut exister économiquement. L’erreur ici est que la richesse n’est pas quelque chose qui tombe du ciel comme vous le pensez. Demander la richesse pour tous et pénaliser ceux qui la créent a déjà été prouvé comme irréalisable par plusieurs pays. Rien ne laisse croire à une nouvelle avenue ici.

    Deuxièmement, une telle société a comme prémisse le fait qu’il soit possible d’avoir un gouvernement qui soit juste, bon, équitable, etc.
    L’histoire ici aussi nous montre que ceci est utopique. Aucun gouvernement ne serait capable de remplir un mandat tel que vous lui confiez.

    Dernièrement, la raison évoqué pour proposer une telle société est de réduire la violence et la misère. Je ne vois vraiment pas en quoi ce qui est proposé réduirait la violence ? Au contraire même, cette société donnerais encore plus de pouvoir à la majorité d’imposer aux autres ses idées: ce n’est pas vraiment un gage de non violence.

    Il y a plus que l’apathie et l’inertie pour s’opposer à cette idée.

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    18 août 2009 à 22 10 06 08068
    Permalink

    À chaque fois que des élections provinciales et fédérales se pointent le bout du nez, on a l’impression que la société va changer en mieux, pour se rendre compte quelques semaines après, que tout est toujours pareil, pire ou légèrement mieux temporairement.

    Juste rayer 1% de la corruption dans le système, et déjà la société s’en porterait beaucoup mieux. Tout comme une réforme en profondeur dans tout le système de justice, transformerait bien des choses dans la société.

    Autant attendre encore longtemps.

    Patricia Turcotte

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