CH : la langue des joueurs

CH : la langue des joueurs

David L’antagoniste n’est pas content de savoir que certains voudraient qu’il y ait plus de joueurs francophones dans l’équipe du Canadien de Montréal parce qu’ils pensent que cette équipe devrait être un peu représentative de ses partisans québécois, majoritairement francophones. Pour faire une comparaison et tenter de gagner un point, David L’antagoniste présente un exemple fictif :

Maintenant, imaginons une figure identifiée au Tea Party, Sarah Palin par exemple, qui déclare que la NFL c’est bien plus qu’une simple business et que la ligue a aussi pour mission de véhiculer des valeurs identitaires. Par conséquent, la NFL doit favoriser l’embauche de joueurs blancs pour mieux refléter l’identité nationale américaine et ainsi avoir une ligue qui nous ressemble.

David L’antagoniste se trompe royalement en choisissant cette avenue. Il faut comparer avec des comparables qui tiennent la route, et comparer la couleur de la peau avec le langage n’en fait pas partie. La couleur de la peau n’a rien à voir (enfin, de moins en moins, sauf pour les racistes) avec l’identité collective dans notre monde hétérogène. Et puis de le présenter ainsi donne plutôt l’impression de vouloir refléter la diversité de l’identité nationale états-unienne au niveau de l’apparence…

Pour arriver à un exemple parfait au niveau des États-Unis, il faudrait que l’anglais ne soit pas la langue commune internationale. Dans le cas où c’était l’espagnol (la langue espagnole trouve beaucoup de locuteurs aux États-Unis), et que la majorité des joueurs de la NFL ne comprenaient ni parlaient anglais, ça pourrait ressembler à un exemple digne de ce nom.

Si je ne m’abuse, les joueurs noirs de la NFL parlent tous très bien anglais et sont en plus de bons états-uniens (il ne doit pas y avoir beaucoup de joueurs d’autres pays…). Donc, en plus, il compare une ligue internationale (même si ça s’appelle « Ligue nationale de hockey ») avec une ligue nationale. Il ne peut y avoir de problèmes linguistiques dans la NFL, tandis que c’est possible dans la LNH/NHL puisqu’il y a une franchise (une des premières, il faut le rappeler) dans une province officiellement de langue française.

Sinon, personnellement, je comprends qu’il y ait eu une évolution du côté du hockey (et non du côté du football) qui fait en sorte que le côté identitaire de ce sport a pris le bord et donc que la langue anglaise est devenue celle du vestiaire. C’est pour cette raison qu’individuellement j’ai de la difficulté à m’identifier au CH (et en plus, je n’ai pas très tendance à m’intéresser aux sports en général, c’est mal parti!).

On est en droit de penser que les dirigeants de cette équipe devraient faire tout en leur possible pour se rapprocher de leurs partisans, qui sont des francophones. Mais, visiblement, ils font le contraire. Alors, ça ne m’a pas étonné d’entendre Pierre Curzi aller dans ce sens (qu’il avouait lui-même qu’il donnait l’impression de tomber dans le conspirationnisme) et d’entendre Pauline Marois le défendre.

Le gros problème, c’est le fait que l’anglais est en même temps la langue commune internationale, la langue majoritaire canadienne et la langue minoritaire (avec avantages sociaux) au Québec. Ça mélange trop les cartes et plusieurs peuvent s’y perdre.

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