Charbonneau VS Sauriol!!!

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La commission Charbonneau continue son travail et c’est la meilleure émission de télé-réalité qui soit apparue sur nos écrans jusqu’ici. Bravo pour l’extension de 18 mois!!!

Hier, le témoin Pierre Lavallée, président de BPR, a fourni un témoignage d’un homme qui semble, très rarement, faire des concessions à son échelle des valeurs; mais il l’a fait en 2007. Par contre, s’il a participé à la collusion et à la corruption c’est surtout pour ne pas être évincé de la liste des entreprises invitées à soumissionner plutôt qu’à obtenir des contrats définis. Je n’ai eu aucune difficulté à le croire. Il était clair que son employé en charge du « développement d’affaire » devait être dans ses petits souliers lorsqu’il lui a apporté la nouvelle qu’il fallait  « subvenir à la caisse électorale du parti » pour ne pas être classé « inapte à soumissionner ». J’aurais aimé entendre la volé de « gros mots » qu’il lui a lancé lors de cette « nouvelle ». Il s’est donc laissé tenter, mais en 2008, il s’est rendu compte que cela ne servait à rien et a donné l’ordre formel de cesser toute contribution à qui que ce soit; f-i fi, n-i ni, fini! Et ce, au moins, un an avant tous les autres.

Par contre, le témoin suivant m’a laissé une toute autre impression. M. Rosaire Sauriol connait la clique de « corrupteurs » et de « corruptibles » depuis les années 1998 et même avant, dans certains cas.

Lorsque le procureur de la commission a commencé à décrire l’agenda électronique de M. Zampino versus M. Sauriol, les rencontres étaient tellement fréquentes que j’ai commencé à me demander si c’était, vraiment, M. Zampino qui dirigeait tout, ou s’il était simplement sous la coupe de M. Rosaire Sauriol qui, lui, aurait été le « grand manitou ». Aucun autre président d’autres compagnies de géni-conseil n’a rencontré M. Zampino aussi fréquemment. Une chose ressort clairement de son témoignage; c’est que Desseau employait tous les moyens connus et possibles pour influencer les élus, bien avant 2003-2004. Selon son témoignage, on est assuré que c’était le cas depuis, au moins, 1998.

Des parties de son témoignage me sont, tout à coup, revenus à l’esprit :

1) Il avoue avoir fait de la fausse facturation à partir de 2003-2004; mais il « payait » des cotisations depuis 1998 souvent en « cash », dit-il. Il prenait son « cash » où avant 2003?

2) Il dit qu’il a entendu parler de « collusion » depuis 2001-2002; mais tous les autres n’en ont entendu parler qu’en 2004. Est-ce que ce serait lui qui a mis le système sur pieds, en donnant différentes responsabilités à ses amis Frank Zampino, Bernard Trépanier et Michel Lalonde?

3) En 2007 il se retrouve sur le bateau de Toni Acurso avec Zampino et Trépanier au moment où le consortium Dessau/Simard & Beaudry (GENIeau) est accepté comme soumissionnaire. L’autre soumissionnaire accepté est SM-Catania qui déposera une soumission d’au delà de 200 millions plus élevé que GENIeau. Ce qui ressemble beaucoup à une soumission de complaisance. SNC Lavallin, après avoir investi dans la préparation de la soumission, n’avait pas déposé de soumission pour le projet. Ce qui semblait incroyable à M. Lavallée de BPR chargé de conseiller la ville dans l’octroi des contrats. Celui-ci avait alors demandé clairement : « Ya-t-il quelque chose d’arrangé ici? ». M. Zampino lui avait assuré que non.

4) M. Sauriol nous informe qu’un système similaire existait à Longueuil où il a fournit 25,000$ en 1998 et, encore une fois, en 2001. Il a également versé du financement illégal à Blainville et à Chateauguay. À Blainville il a cessé d’avoir des contrats lorsque le nouveau maire François Cantin fut élu.

5) M. Sauriol est impliqué à Laval, mais la commission ne veut pas s’y adresser à cause des enquêtes de l’UPAC.

6) Il faisait du financement illégal aux partis politiques provincial par chèque au moyen de prête-noms recrutés dans sa compagnie et à l’extérieure de celle-ci. Évidemment ces dons devenaient « légaux » aux yeux de la loi à cause des prête-noms. De 1998 à 2010 Desseau a versé plus de 660,000 $ au PLQ et 395,000 $ au PQ. On ne peut savoir combien exactement parce que les prête-noms extérieurs à la compagnie sont évidemment introuvables.

Moi, je veux bien que les organisations politiques aient une « soif insatiable » pour de l’aide financière; et je suis d’accord pour dire que cela peut être un incitatif puissant pour accepter du financement illégal en « cash » ou « légalisé » au moyen de prête-noms. Par contre, quand je place en parallèle l’incitatif de plusieurs millions et même de milliards de dollars en « futurs » contrats gouvernementaux, je me rends compte que « l’incitatif » pour les compagnies de génie-conseil et les entreprises en constructions est mille fois plus important que celui des élus. Il est donc plausible que ces firmes soient responsables de l’organisation systématique de « corruption » au moyen de collecteurs de fonds désignés par eux.

M. Sauriol nous a également appris que « tous les professionnels » des municipalités où il fait « affaires », fournissent à la caisse électorale pour les mêmes raisons que lui.

Globalement, nous sommes dirigés par une « élite » corrompue ou corruptible à tous les niveaux de notre société. Le déficit zéro sera très difficile à atteindre avec de tels « administrateurs »; mais tous, et c’est indéniable, combattent la pauvreté. Sauf que, malheureusement, ce n’est que pour l’éliminer parmi eux.

 

Amicalement

André Lefebvre

2 pensées sur “Charbonneau VS Sauriol!!!

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    21 mars 2013 à 6 06 56 03563
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    J’ai oublié de mentionner que BPR semble avoir été impliqué dans la collusion en 2007 lorsque la plupart des autres le furent en 2004.

    André Lefebvre

  • avatar
    28 mars 2013 à 16 04 02 03023
    Permalink

    Après trois jours d’interrogatoire à M. Trépanier (M. 3%)maître Galant a réussit à faire admettre que M. Trépanier « vendait des tables » et des « billets » selon une liste de « fournisseurs » de la ville de Montréal, qu’Union Montréal lui donnait. Ces « fournisseurs » comprenaient les entrepreneurs et les firmes de génie-conseil. Il vendait des tables aux cie qui avaient fourni au parti Union Montréal.

    M. le commissaire Lachance, aujourd’hui, par des questions simples, a démontré clairement que M. Trépanier ne sait même pas ce qu’est un « consortium ».

    Maître Galant à « découvert » qu’une réunion entre M. Zampino, M. Marcil et M. Trépanier avait eu lieu dans un restaurant Pacini de la rue St-Denis, où M. Trépanier… n’a jamais mis les pieds.

    M. Trépanier était renseigné par M. Marcil du gagnant des contrats qui étaient tous « organisés d’avance »; c’est à dire que la firme ou le consortium savait déjà, avant l’ouverture des soumission, QUI allait avoir le contrat. Donc que M. Trépanier appelle le gagnant après l’ouverture des soumissions pour annoncer la « bonne nouvelle » au gagnant prouve qu’il ne savait rien de la « collusion ».

    Par contre, s’il ne savait rien de la collusion, à ses yeux, il redorait son « blason » de « gars qui a des contacts » aux yeux des firmes de génie-conseil.Il a fait ça toute sa vie, redorer son blason.

    J’ai hâte de voir ce que M. Zampino va dire au sujet de M. Trépanier lors de son témoignage. Je pense qu’il risque de perdre un « très bon ami » s’il se sert de lui comme « buffer ».

    « On verra bien »; comme dirait un caquiste.

    André Lefebvre

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