Comment interpréter la baisse des T- Bonds ?

Bill Gross, star des managers de hedge funds et qui gère le fonds PIMCO, a avoué avoir vendu la globalité de ses avoirs en Bons du Trésor US. Faut-il s’en inquiéter, suspecter une banqueroute imminente de l’Etat américain qui serait incapable d’honorer ses engagements? Ou serait-ce plutôt une augure annonciatrice de jours meilleurs, une conviction de ce gérant (et d’autres professionnels avec lui) selon laquelle l’économie de ce pays renouerait avec une croissance robuste? Les prix des obligations d’Etat et l’intérêt qu’elles produisent fluctuant en sens inverse, une dépréciation des Bons du Trésor US implique systématiquement un relèvement des taux d’intérêts américains. Ces rendements peuvent certes prendre l’ascenseur afin de motiver des investisseurs frileux en cas de conjoncture périlleuse traversée par l’Etat en question qui tente de lever ces fonds. C’est pour ce motif que les pays européens périphériques doivent aujourd’hui s’acquitter de taux rédhibitoires sur leurs émissions…

Néanmoins, ces Bons se tassent et ces rendements s’apprécient également en cas de croissance  – ou de perspectives de croissance – induisant le retour à une inflation modérée. De fait, les autorités monétaires américaines – ayant comme on le sait rivalisé d’imagination en terme d’injections de liquidités afin de maintenir sous une intense pression leurs taux d’intérêt – ont tout récemment affiché leur satisfaction par rapport à cette reprise des rendements obligataires reflétant, selon eux, un regain d’optimisme concernant l’économie de leur pays. Ainsi, contrairement à l’augmentation de rendements sur les obligations qui serait une prime de risque afin d’attirer des investisseurs spéculateurs, cette dépréciation des Bons du Trésor US serait motivée par un pari selon lequel la situation du pays serait définitivement redressée…

Par ailleurs, Gross a admis que sa stratégie de liquider les positions de son fonds en T-Bonds était également motivée par le retrait proche de cette politique de baisses de taux quantitatives de la Réserve Fédérale. Comme celle-ci soutient en effet massivement les Bons du Trésor via les achats répétitifs voulus par ce qu’il a été convenu de nommer les « QE2?, l’interruption – ou même la diminution substantielle – de ces injections de liquidités se traduiraient en une réduction non négligeable de la demande sur les marchés de ces obligations avec, à la clé, une dépréciation automatique de leur valeur. Cela dit, une telle remise en question par la Fed de sa stratégie des baisses de taux quantitatives serait sous tendue par des signaux tangibles de reprise économique qui ne seraient pas hypothéqués par la cessation de ces stimuli: peu importe en d’autres termes que la valeur des Bons du Trésor américains s’affaisse si la conjoncture économique est au beau fixe par ailleurs…

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