Comment le faire? Réponse: « Ne le faites pas »!!!

« Comment le faire??? Reponse : Ne le faites pas!!!

 

 Ministre Pierre Arcand

En tous les cas, le ministre prend, presque, la position qu’il avait promis : « Si c’est dangereux, on ne le fera pas. »

Est-ce rassurant?

Non! Pas vraiment.

Il nous faut rester très vigilant.

 

Publié le 09 mars 2011 à 07h03

Le BAPE recommande une vaste étude environnementale

Charles Côté
La Presse

Après avoir rétrogradé, le gouvernement Charest passe au point mort.

       Il y était obligé vu la position et l’inquiétude de la population.

 Pour l’instant. Il manque trop de réponses cruciales pour entreprendre prudemment l’exploitation du gaz de schiste, affirme le BAPE, et Québec accepte les conclusions de l’organisme.

       Que signifie cette réponse en réalité?

      « manque trop de réponses cruciales » et «  entreprendre prudemment », est le pire résultat que le BAPE pouvait donner, en regard à la question qui lui était posée.

      Cette question était : « Comment procéder? ». La réponse est : « Vous ne pouvez pas procéder parce qu’il n’y a aucun moyen de le faire prudemment actuellement! ».

       Si la question avait été : « Devrait-on procéder à l’exploitation du gaz de schiste? » La réponse aurait indubitablement été : « Non, vous ne le devez pas!!! »

De toute évidence, les choses se corsent pour l’industrie.

       Donc, attention à Bouchard et Normandeau. Ce sont eux qui prendront les commandes pour dévaluer chez le public, la réponse du BAPE.

Devant les très nombreuses incertitudes qu’elle fait planer sur l’environnement, l’exploitation du gaz de schiste ne pourra pas démarrer au Québec avant une évaluation environnementale stratégique. C’est la principale conclusion du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) dans son rapport sur l’exploitation du gaz de schiste.

        La vraie conclusion est : « Non, vous ne pouvez pas procéder. » Cette dernière note « avant une évaluation stratégique »  est simplement pour garder l’exploitation en phase de « survie » sans la condamner. Et cette note est causée simplement par la nature de la question qui avait été posée au BAPE.

Les réponses à certaines questions fondamentales sont «partielles ou inexistantes», affirme le rapport, rendu public hier par le ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP), Pierre Arcand.

        Cette affirmation du rapport sur la proposition présentée, confirme que ce qu’ils ont étudié ne contient rien au sujet des questions « fondamentales » sur le sujet. Ils auraient pu dire crûment que ce qu’ils ont étudié n’était qu’un ramassis de remarques pro-exploitation, sans aucune valeur d’étude sérieuse. Mais ils l’ont fait plus « gentiment ».

Dans une entrevue avec La Presse, le ministre Arcand a affirmé que le gouvernement et lui se rangent à l’ensemble des recommandations du BAPE, y compris à celle de lancer une évaluation environnementale stratégique (EES) semblable à celle qui, l’an dernier, a mené au rejet de l’exploitation pétrolière et gazière dans l’estuaire du Saint-Laurent.

        Le résultat ici devrait être le même. Si ce n’est pas bon pour l’estuaire, comment cela peut-il être bon pour les endroits « non-urbanisées ». L’estuaire n’est pas « urbanisé » à ce que je sache.

Selon le ministre Arcand, l’EES « est un outil mondialement reconnu, c’est la meilleure approche possible. « Reprenant les termes du BAPE, il estime que c’est un «passage obligé» pour l’industrie. Le processus prendrait de «18 à 30 mois» et pourrait être lancé en juin, dit-il.

Le ministre n’exclut pas qu’il mène à une conclusion défavorable :

       Évidemment! C’est la seule position logique; mais elle pourrait ne servir qu’à nous rassurer provisoirement.

 «Si demain matin une évaluation arrivait à cette conclusion, il va falloir passer à autre chose», a-t-il dit en conférence de presse, après avoir martelé que le gouvernement ne ferait «aucun compromis « sur des questions comme la qualité de l’eau, la santé et la sécurité.

         C’est la position qu’il prendra et ce sera également celle du Premier ministre. Ce sera aux « autres » de faire le « travail de sape ». Le gouvernement veut avoir cette exploitation quoi qu’il affirme. On le sait très bien!

Cela ne veut pas dire qu’il y aura un moratoire dans l’intervalle. Mais les choses vont se compliquer pour l’industrie.

      Ouais! On verra bien.

Comme le recommande le BAPE, c’est le comité scientifique de l’EES qui déterminera «les besoins en travaux de terrain et projets pilotes». «Les travaux d’exploration vont pouvoir se poursuivre dans la mesure où ils vont permettre de parfaire nos connaissances scientifiques», a dit M. Arcand. Il précise en outre que «le gouvernement n’autorisera pas de nouveau forage sans consultation publique».

       Poursuivre les travaux d’exploration n’est pas logique du tout quand c’est « les très nombreuses incertitudes qu’elle fait planer sur l’environnement, » qui est le problème. À quoi sert de continuer l’exploration si « ce qui est nécessaire est d’étudier les dangers pour l’environnement » ? Il y a plein d’endroits en Amérique du nord où nos enquêteurs peuvent aller vérifier les effets sur l’environnement de cette exploitation.

        J’ai peur que le style de connexions neuronales du gouvernement reprenne le chemin qui a mené à : « pas de problèmes » décelés dans le rapport Bastarache, et dans le rapport du vérificateur général.

M. Arcand prévoit allouer un budget d’environ 2 millions au secrétariat de l’étude. Les travaux seraient dirigés par un comité de 5 à 10 experts issus du gouvernement, des municipalités, de l’industrie et des universités.

Le rapport du BAPE contient une centaine de recommandations. Le gouvernement les juge «acceptables» dans leur ensemble, selon M. Arcand.

       Il y en aurait eu mille et elles auraient été tout acceptables. Parce que le but visé est l’exploitation.

Le BAPE conclut en proposant que le MDDEP hérite de la mission d’encadrer l’industrie, au détriment du ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF), afin de favoriser «la surveillance et le contrôle intégré des ressources». C’est un rejet du modèle de commission pétrolière et gazière à «guichet unique» adopté par la Colombie-Britannique et préconisé par l’industrie.

       On voit très bien que le BAPE est conscient que le gouvernement veut absolument procéder à cette exploitation. Il émet donc des conditions qui enlèvent à l’industrie la possibilité de faire tout ce qu’elle veut. Le BAPE ne pouvait faire plus pour nous protéger. C’est à nous de faire le reste.

Sur la question capitale de la contamination à long terme due à l’injection de produits chimiques dans le sous-sol, le BAPE rejette net le discours de l’industrie :

« Il n’y a actuellement aucune étude validée par des travaux de terrain qui permet d’évaluer le risque que poserait cette situation pour l’immédiat ou pour les générations futures», affirment les commissaires.

       C’est tout à fait clair!!! Par contre, il y a plein d’endroit ou on peut vérifier les conséquences réelles « de visu ».

À cet égard, le ministre Arcand a annoncé que l’utilisation de produits qui comportent des risques pour la santé sera interdite.

       En connaissez-vous plusieurs des produits chimiques qui sont « sans risque » pour la santé, vous?

      Moi …non.

Des critiques

Le BAPE se montre critique des pratiques de l’industrie au Québec. Il souligne par exemple que Talisman Energy n’a pas pris de «précautions particulières» à l’égard des zones recouvertes d’argiles sensibles. Il croit que « les risques technologiques liés à l’industrie devraient être documentés en français ».

Le BAPE souligne aussi les failles du gouvernement qui, par exemple, n’exige pas que les compagnies d’assurances couvrent le risque d’accident gazier, comme c’est le cas par exemple en Alberta.

Le BAPE ne se contente pas de souligner les incertitudes environnementales. Il se prononce aussi sur plusieurs questions économiques.

Il presse le gouvernement de « récupérer le plus rapidement possible le manque à gagner en raison de faibles montants des droits qui ont été exigés lors de l’attribution initiale des droits d’exploration». Il ajoute que le MRNF ne devrait «pas autoriser le transfert de permis à un tiers, de façon à ce que les entreprises ne puissent désormais obtenir de permis que par la voie de l’enchère».

 Le BAPE pouvait-il faire mieux, selon leur mandat, pour nous protéger?

Je ne crois pas.

Pouvait-il faire mieux, selon leur mandat, pour empêcher cette exploitation?

Je ne crois pas non plus. Ils ont fait le maximum pour l’arrêter. C’est donc à nous de prendre la relève et de prendre nos responsabilités;  si nous vivons dans une démocratie, évidemment.

 Sinon….regardez vos petits enfants pendant qu’ils sont encore beaux.

Amicalement

                                                                                  Elie l’Artiste

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