Côte d’Ivoire – La fin du film de Laurent Gbagbo

 

Triste fin. Western insipide. Décidément, comme le disent les Camerounais pour qualifier un mauvais joueur de football, Laurent Koudou Gbagbo a été un vrai « mouilleur » durant les quatre mois pendant lesquels il a usurpé la présidence ivoirienne. En digne soldat de l’apocalypse, il est resté en lévitation, probablement obscurci par son Dieu. Une falsification historique d’une secte millénariste.

Comment peut-on être aussi aveugle ? Comme le dit le dicton, « il n’y a pas pire aveugle que celui qui refuse de voir ». Ne détenant plus rien, ni le pouvoir financier ni le pouvoir politique, plus que jamais isolé, le boulanger s’est cette fois-ci, comme un grand, roulé lui-même dans sa propre farine. Dès le début, au-delà des considérations que certains ont pu me prêter, j’avais vu l’hypocrisie et la méprise du camp d’en face sans être pro-Ouatarra. Je suis d’autant plus à l’aise en le réaffirmant maintenant, alors qu’il est le grand vainqueur dans les urnes et aujourd’hui par les armes : la force légitime…

Sans vergogne et toute honte bue, ne vous inquiétez pas, les retournements de vestes seront légions. Pas besoin de ça, moi. Je fus considéré comme le seul intellectuel noir qui ne soutenait pas Laurent Gbagbo. Hélas, je suis pour la vérité et par conséquent, de voir que pour un incident électoral on se retrouve à dire qu’on combat la françafrique tout en s’autoproclamant panafricaniste sans avoir véritablement, dans les faits, montrer une once de ces dires et délires, il faut vraiment prendre les enfants du bon Dieu pour des canards boiteux.

En réalité, les mobiles de ce choix douteux en faveur de Laurent Gbagbo sont nombreux. Il y a ceux qui, par aveuglement sans doute, avec mauvaise foi parfois, et hypocrisie aussi, cachaient en réalité, qui, leur xénophobie et tribalisme à l’égard des populations du nord de la Côte d’Ivoire, qui, à l’encontre des musulmans, qui, dans un racisme anti-blanc de bas étages puisque l’épouse d’Alassane Dramane Ouatarra est blanche et…..juive, semble-t-il. Quelle pantalonnade !

J’ai vu des intellectuels de renom se fourvoyer honteusement. Dans leur divagation cérébrale, plus abstraite qu’autre chose, les contrevérités se sont multipliées à la vitesse d’un Lewis Hamilton sur un circuit de formule 1. De les voir accepter la forfaiture de la Cour gbagbotionnelle triturant l’article 64 du code électoral ivoirien, je savais que, in fine, ils allaient perdre, malgré leur désinformation tournant à plein régime. J’ai même vu certains nous parler de la souveraineté de la Côte d’Ivoire qui n’était pas négociable et bla bla…mon œil.

Les professionnels de la propagandastaffel à la Goebbels en sont pour leurs frais. Quelle idée, au 21e siècle, d’être un héros mort ? Et quel héraut, héros de pacotille surtout, proche de l’hystérie. Cette fois-ci, le peuple n’a pas voulu mourir pour rien. Pas de bouclier humain avec l’entrée des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) à Abidjan, arrivées sans heurt jusqu’à la Radio télévision ivoirienne (RTI) qu’ils ont pris. Leur progression s’est accentuée à Cocody, quartier huppé du nord d’Abidjan dans la résidence privée de Laurent Gbagbo et la présidence de la République au quartier du Plateau. Ce n’est que dans ces deux lieus que des combats ont été signalés cette nuit.

Et que dire de ceux qui ont tenté de comparer l’injustice faite à Mouammar Kadhafi, victime de la démocratie aux missiles Tomahawk ? Pour eux, le combat est le même. Ils osent parler d’incohérence sans pouvoir apporter la moindre preuve sur les faits d’armes de leur champion pour l’Afrique et les Africains. En Libye, seule la solution diplomatique passera et non les armes. C’est plutôt la soi disant communauté internationale qui refuse une solution négociée, ultime syncrétisme pour ne pas reconnaître sa défaite.

Actuellement à Abidjan, les FRCI encerclent le palais présidentiel et demandent à Laurent Gbagbo de se rendre, avant de donner l’assaut final….qui vient d’être donné. Ce dernier laisse encore ses supporters se faire tuer. Une chute prévisible. Une chronique triste d’une fin sans gloire.


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