Côte d’Ivoire – les chiffres ne trompent pas.

 

Il est de bon augure, aujourd’hui, de se prévaloir de la vérité. Or, ici, nous n’avons jamais prétendu une seule fois détenir LA vérité ou d’avoir la science infuse. Nos convictions, nous les étalons sans invective. Or, que font nos adversaires, les adversaires de la vérité ? Ils insultent, se cachent derrière leur mauvaise fois ou leur hypocrisie, sans apporter un brin de réponse scientifique à leur soi disant preuves. Explications.

Loin de nous, ici, de se cacher derrières d’improbables oripeaux élogieux. Simplement dire la vérité de la façon la moins polémique possible. Ainsi, à l’issue de second tour de l’élection présidentielle ivoirienne du 28 novembre 2010, ô surprise, les chiffres de la Commission électorale indépendante (CEI) et ceux du Conseil constitutionnel (CC) …sont identiques, à l’exception des sept départements où les votes ont été annulés. On comprend donc mieux que, les grabataires du Conseil constitutionnel ivoirien ne pouvaient avoir travaillé aussi rapidement. Ambiance.

Lors du second tour des élections présidentielles en Côte d’Ivoire, les chiffres annoncés par la Commission électorale indépendante (CEI) donnaient Alassane Dramane Ouattara vainqueur avec 54,1% contre 45,9% à Laurent Gbagbo. In fine, en les détaillant, il s’avère donc que le premier totalisait 2 483 164 voix contre 2 107 055 à Laurent Gbagbo, soit 376 109 voix d’avance. Pas besoin de revenir sur les contestations ou des membres du LMP se donnant en spectacle à la face du monde, en arrachant et déchirant des procès verbaux ou l’intimidation des forces armées fidèles à Laurent Gbagbo, envahissant la CEI car, tout homme de bonne foi est surpris que, pour la première fois au monde, le pouvoir en place conteste des résultats…

Les zélateurs du quidam Gbagbo ne s’appuient que sur des supposées fraudes et la primauté soi disant du Conseil constitutionnel. Nous les invitons à relire les accords de Linas-Marcoussis (2003), de Prétoria, de Ouagadougou (2007) ou d’Accra (3 accords). Ce qu’on retient, c’est qu’il y a une  demande explicite à…l’ONUCI d’être partie prenante de l’élection présidentielle. Donc, les défenseurs zélés de Laurent Gbagbo doivent comprendre qu’ils sont dans le déni perpétuel. Signataire de ces accords, leur champion a accepté, de facto, la primauté de l’ONU (ONUCI) et par conséquent, nonobstant le fait que les Forces nouvelles n’ont pas été désarmées -seul fait qu’on peut leur reprocher-, l’élection, certifiée par l’ONUCI et la CEDEAO est donc valable.

Le jugement abscons du Conseil constitutionnel ivoirien prononcé par son président pro-Gbagbo Paul Yao N’dré, qui truanda les résultats de la CEI en annulant les votes dans sept départements pour faire de Laurent Gbagbo le vainqueur avec 51,45% des suffrages contre 48,55 à Alassane Ouattara, est une tricherie à la va-vite. Un décryptage indique que, en acceptant les résultats du premier tour, il y a un vrai problème . Il donne  115 865 voix d’avance pour Laurent Gbagbo. Un faux grossier. Le genre d’hoax intenable à termes. Donc, lorsqu’on parle du recomptage des votes en s’appuyant sur le Conseil constitutionnel, tout en annulant le Nord, c’est une voltige mensongère. Les anti-Ouatarra s’appuient dessus pour dire que son camp refuse et par conséquent, il a perdu.

Les amis de Gbagbo aiment bien parler de la primauté du Conseil constitutionnel en oubliant volontairement et honteusement l’article 64 du code électoral ivoirien qui prouve bien qu’il y a maldonne dans leur violation du droit, devrais-je dire, névrose électoraliste. Or, que dit cet article ? Au cas où le Conseil constitutionnel constate des irrégularités graves de nature à entacher la sincérité du scrutin et à en affecter le résultat d’ensemble, il doit prononcer l’annulation de l’élection présidentielle, et non pas l’identité du vainqueur, un nouveau scrutin devant être organisé au plus tard quarante-cinq jours à compter de la date de cette décision. Or, qu’a-t-il fait ? Proclamé un vainqueur. Pas besoin de cogiter ou d’avoir fait Science Po pour comprendre le degré zéro de la filouterie puisqu’on ne sait sur quel chiffre se base le Conseil constitutionnel pour désigner Gbagbo comme président.

Le Conseil constitutionnel a donc invalidé les votes de Bouake, Katiola, Seguela, Dabakala, Ferkessedougou, Korhogo et Boundiali. La chose la plus invraisemblable se situe dans le fait que, au second tour, selon le Conseil constitutionnel, dans son fief de Bouake, Alassane Ouattara a été majoré de 94 873 votes. Alors qu’au 1er tour à Bouaké, Alassane Ouattara obtient 83 059 votes contre 13 899 pour Laurent Gbagbo et 64 497 pour Henri Konan Bédié, surprise, son nombre d’électeurs à Bouaké a diminué… de moitié entre le 1er et le 2ème tour. Il comptabilise au second tour: 42 00 voix. Cherchez l’erreur ! En creusant donc, on constate avec effarement que le président-élu a plutôt progressé dans les fiefs gbagbistes. Étonnant, non ?

La Conseil constitutionnel, en se basant toujours sur les chiffres de la…Commision électorale indépendante estime que, Ouattara a gagné plus de voix au Sud et au Centre, plus qu’au Nord. Une progression spectaculaire dans toute la zone d’Abidjan (Lagunes) : +204 841 voix entre le 1er et le 2ème tour; dans la région du N’zi Comoé (+105 280 votes); dans la région des lacs (Yamoussoukro, +102 700); dans la vallée du Bandama (+99 834); dans la région des Dix Huit Montagnes (+79 192), et enfin, le Bas Sassandra (+74 067). Nouvelle surprise: Ouatarra fait plus fort dans ces zones que Gbagbo. La focalisation au Nord est le fait que le camp Gbagbo savait pertinemment qu’il n’avait aucune chance dans cette zone nordiste d’où la précipitation des réclamations sans objet. Il fallait 59,7% au Nord à Alassane Ouattara pour remporter la présidentielle. Au 1er tour, il avait remporté le scrutin nordiste avec…74%. La Conseil constitutionnel lui donne au second tour…37 %. Amusant. Or, la Conseil constitutionnel avait oublié le détail qui tue: les votes des régions dites pro-Gbagbo.

Faut-il encore vous faire un dessein ? On comprend rapidement la prestation de serment à la hussarde de Laurent Gbagbo qui savait pertinemment qu’il avait été battu à plate couture. Aujourd’hui donc, certains parlent sans vergogne d’un complot contre la Côte d’Ivoire. D’autres d’un combat pour l’indépendance de la Côte d’Ivoire, pire, de l’Afrique même. Voilà comment on fait d’une défaite et d’un incident électoral provoqué, un combat de pacotille, en menant son pays qu’on dit aimer, à la guerre civile.

Alassane Dramane Ouatarra est bel et bien le président-élu de Côte d’Ivoire !


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