Cour des comptes et « gauche réaliste » : dehors les oppresseurs austéritaires !

« En préconisant une baisse des dépenses publiques dans son dernier rapport annuel, la Cour des comptes est sortie de son rôle. Et surtout, elle fait erreur du point de vue macroéconomique, car ses préconisations auraient un effet récessif sur l’activité et empêcheraient de mettre en oeuvre les politiques sociales dont la France a besoin, écrit le rédacteur en chef d’Alternatives économiques, Guillaume Duval. Le 8 février dernier la Cour des comptes a présenté son rapport annuel sur les comptes publics. (…) La Cour des comptes a cependant choisi cette année d’aller au-delà de ce travail classique pour formuler des préconisations sur la façon dont devrait être mené dans le futur le rétablissement des équilibres budgétaires. Elle prétend en particulier que, pour combler les déficits, il faudrait en priorité faire baisser les dépenses publiques plutôt que qu’accroître les prélèvements.(…) D’autant plus qu’en la matière, l’opinion formulée par la Cour des comptes semble fondée davantage sur les préjugés de la majorité de ses membres que sur une analyse sérieuse de l’impact potentiel des différentes stratégies possibles de rétablissement des comptes publics. Il ne fait aucun doute que la France doit améliorer l’efficacité de son action publique. Cela doit pouvoir se traduire dans certains cas par des dépenses publiques inférieures à ce qu’elles sont aujourd’hui. Mais il ne manque pas non plus de domaines – logement, environnement, lutte contre la pauvreté, éducation, sécurité… – où le niveau des dépenses publiques est devenu plutôt insuffisant ces dernières années. De plus si on donne la priorité à la baisse des dépenses dans la stratégie de rétablissement des comptes publics, cela aura non seulement un effet restrictif direct sur l’activité, mais cela déclenchera aussi très probablement un réflexe d’augmentation de l’épargne de précaution : les gens mettront davantage d’argent de côté pour pouvoir payer demain des dépenses de maladies moins remboursées, les frais de scolarité des enfants qui vont grimper, compenser une retraite amoindrie… Ce qui multipliera encore les effets négatifs de ces politiques sur l’activité. Tandis qu’au contraire si on donne la priorité à la hausse des prélèvements sur les plus aisés, ils ont de forte chance de puiser en priorité dans leur épargne (très, trop abondante en France actuellement) pour maintenir leur niveau de vie. Ce qui limitera d’autant l’impact négatif de ces politiques sur la dynamique de l’économie. Malgré tout le respect qu’on doit éprouver pour la Cour des comptes dans son action de contrôle, il n’y donc aucune raison de considérer que les préconisations qu’elle s’est permise de formuler cette année soient particulièrement fondées. »

Le pire est bien sûr que le Premier président de la Cour des comptes, Didier Migaux, est « socialiste ». Tiens, comme Gérard Filoche ! Pourtant ce dernier ne tient pas le même discours. Du tout : « Comment et de combien Sarkozy nous a endettés ? Sarkozy c’est 196 milliards de recettes en moins en 2009 et  5 années de pertes de recettes non compensées. En France, nous n’avons pas de problème de dette, nous avons un problème Sarkozy. C’est un problème, non pas de dépenses en trop, mais de recettes en moins. On nous raconte des fables : « l’état ne doit pas dépenser plus que ce qu’il gagne », « on dépense trop », « on vit au-dessus de nos moyens », « on doit réduire les dépenses publiques ». Autant de bêtises absolues véhiculées par des incompétents aux ordres. Autant de clichés pour tromper les gogos qui ne réfléchissent pas plus loin que le bout de leur nez. La vérité est que c’est l’État qui fixe lui-même (à la différence d’un ménage) ses propres moyens et c’est la droite qui a vidé consciemment les caisses publiques en diminuant les impôts des ménages les plus riches et des sociétés. La vérité c’est que les dépenses publiques ont baissé de 1996 à 2008, et que ce n’est naturellement pas la source de l‘énorme dette voulue, provoquée, organisée par Sarkozy. La source principale des 23 points supplémentaires de dettes causés par Sarkozy provient de la baisse des recettes, pas de la hausse des dépenses. » Suivent les chiffres qui prouvent l’assertion.

Très amusant : François Hollande et ses petits amis ont justement fixé eux aussi comme priorité la baisse des dépenses publiques. C’est donc (aussi) à eux que s’adresse ces mots de leur camarade : « Autant de bêtises absolues véhiculées par des incompétents aux ordres. Autant de clichés pour tromper les gogos qui ne réfléchissent pas plus loin que le bout de leur nez.«  Et donc le résultat sera à la fois l’oppression économique du peuple et l’inefficacité économique, les deux formant le plus vicieux des cercles. Alors que fait-on ? On vote Front de gauche, seule alternative à l’austérité prônée par « les incompétents aux ordres » (de la finance) de tous les autres bords !

 

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