Croyez en moi… soyez naïfs !

  Croyez en moi... soyez naïfs !

Le talent d’un bonimenteur, qu’il soit camelot faisant le porte à porte, ou qu’il soit le candidat d’une élection présidentielle, c’est d’arriver à vous convaincre de sa sincérité.

Pour y arriver, le camelot met le pied dans la porte, sourit de ses plus belles dents, et, s’il est performant, il arrivera à vous placer sa camelote.

Pour le candidat présidentiel, c’est à peine plus compliqué : pour arriver à ses fins, il doit d’abord connaitre vos préoccupations, et une fois qu’il en a la liste, il va vous faire croire qu’il est capable de répondre à toutes vos attentes.

Mais ce qui est relativement facile pour celui qui n’a jamais été élu, devient bien plus compliqué, car lorsque le candidat est déjà en place depuis 5 ans, et que le bilan n’est pas bon, amenant à l’évidence que rares sont les belles promesses tenues, la tache parait des plus compliquée.

C’est la réflexion que doit se faire Nicolas Sarközy, lorsqu’il fait le tour de la situation.

Il est d’abord l’homme qui vaut 700 milliards, car s’il n’a été élu qu’en mai 2007, il n’a pas oublié qu’il était aux affaires des 2004, en tant que Ministre de l’économie, des finances et de l’industrie. lien

Or, en 2004, si la dette de la France était de  1000 milliards d’euros, correspondant à 65,2% du PIB, elle est aujourd’hui de plus de 1700 milliards d’euros soit plus de 80% du PIB. lien

Or l’élu présidentiel ne peut pas faire porter la responsabilité de cette dette sur la crise, puisque d’autres pays européens, comme l’Allemagne, subissent la même crise, sans en avoir le même résultat.

Il y a donc bien une responsabilité présidentielle, conséquence d’une mauvaise gestion du pays, d’un gaspillage d’état monumental, et d’une balance commerciale négative, au contraire d’une Allemagne dont la balance commerciale est excédentaire (lien), (122,4 milliards d’euros début 2009) tout comme les Pays-Bas (35,4 milliards), et l’Irlande (35,3 milliards).lien

Et ce décalage entre la France et l’Allemagne n’a cessé de grandir depuis 2004 : il atteignait 30 milliards en janvier 2006 et se monte à près de 70 milliards en aout 2011. lien

C’est le constat qu’à fait la cour des comptes qui estime que l’augmentation de la dette publique aurait pu être de 33% moins élevée avec une meilleure gestion des deniers publics. lien

On n’a pas oublié que celui qui était encore candidat en 2007 avait promis de ne pas financer les dépenses de tous les jours par de la dette. On sait aujourd’hui ce qu’il en est. lien

Mais Sarközy c’est aussi l’homme des 3 millions officiels de chômeurs, car malgré les radiations suspectes prises « à la hussarde » (lien) dès qu’un chômeur rate un rendez vous, il est probable que le seuil des 3 millions sera passés fin avril 2012, au pire des moments.

En effet, radier des milliers de chômeurs sous des prétextes souvent fallacieux ne change pas la nature de ces derniers, même s’ils ne sont plus comptabilisés, ils restent privés d’emploi. lien

Pourtant il avait promis en 2007 : «  en 5 ans, nous pouvons atteindre le plein emploi, c’est-à-dire un chômage inférieur à 5% et un emploi stable et à temps complet pour tous  ». lien

Si l’on regarde attentivement le graphique du chômage, l’homme du « travailler plus pour gagner plus  », quelques mois à peine après son élection, les mesures qu’il a pris à l’automne 2007, ont fait bondir le taux de chômage, lequel n’a cessé de grimper depuis. lien

Mais Sarközy c’est aussi l’homme qui a hypothéqué l’or de la nation, et dans la plus grande discrétion, chargeant, des 2004, la Banque de France d’en vendre 500 à 600 tonnes. lien

Le 19 novembre 2004, Nicolas Sarközy, ministre de l’économie, a fait vendre à la Banque de France  600 tonnes sur les 3024 tonnes d’or qu’elle détenait (lien)

Si le plan a été appliqué jusqu’au bout, il devait en rester 2719 tonnes au 31 décembre 2006 (lien) ; comme le lingot d’or était côté  10 000 € en 2004, et qu’il avoisine les 25 000 euros aujourd’hui, on comprend la très mauvaise opération réalisée à l’époque. lien

Il pourrait bien sur s’en prendre à Christine Lagarde, peu performante dans le rôle de « Madame Soleil », qui affirmait en août 2007 « ce n’est pas un krach (…) juste un ajustement (…) pas de contamination à l’économie mondiale » (lien) ajoutant en février 2008  : « nous ne prévoyons pas de récession dans le cas de l’Europe » et concluant en août 2008 « le gros risque systémique qui était craint par les places financières (…) est derrière nous  ».  lien

Avec une telle ministre de l’économie, l’autocrate président pouvait se croire à l’abri et prendre quelques risques en vendant l’or de l’Etat.

L’or de la Banque de France, c’était encore en 2007 environ 2658 tonnes, en plein cœur de Paris, 28 mètres sous terre, rue de la Vrillière, (lien) dont la France était, jusqu’il y a peu, le 3ème détenteur, après les Etats Unis et l’Allemagne. lien

Mais en 2009, ce sont encore 56 tonnes d’or qui ont été vendues. lien

En 2010, Sarközy continue de vendre l’or de la France, et nos réserves sont aujourd’hui inférieures à celles de l’Italie. lien

Mais ce n’est pas tout, il est aussi l’homme qui a vendu, pour ne pas dire bradé, les plus beaux fleurons de l’architecture française propriétés de l’Etat, n’échouant que d’un rien, à celle de l’Hôtel de la Marine, grâce à une pétition lancée entre autres par un certain Giscard. lien

La grande braderie avait commencé des 2005, et de nombreux joyaux d’états ont déjà été vendus : tout y est passé, depuis un château de l’Essonne, à un autre château en Dordogne, en passant par un ancien pavillon de chasse à st Germain en Laye, des couvents, des casernes, des immeubles, des hôtels particuliers, ce ne sont pas moins de 1700 immeubles et terrains que l’Etat a vendu. lien

Et puis qui a oublié que le candidat de 2007 avait promis de moraliser le capitalisme, de s’en prendre aux paradis fiscaux, ainsi que de ne pas imposer de nouvelles taxes aux français ?

Tout le monde sait, ou presque, que l’impôt sur le revenu est le plus juste des impôts, lorsqu’il est proportionnel, et que la taxe défavorise surtout les classes moyennes et pauvres.

Or, une fois élu, il a fait exactement le contraire, mettant en place le bouclier fiscal pour les riches, et multipliant les taxes pour les autres.

Le coup de rabot donné récemment est devenu un petit coup de lime, ne s’appliquant qu’à 22 niches fiscales sur les 500 mises en place. lien

Il est aussi l’homme qui avait promis d’augmenter de 25% le minimum vieillesse, de revaloriser les petites retraites. lien

Il avait promis un gouvernement limité à 15 ministres, promesse non tenues comme l’on sait. lien

C’est lui aussi qui promettait de pénaliser les produits venant de pays qui ne respectent aucun engagement en matière écologique : promesse non tenue, mais qu’il n’hésite pas à refaire en 2012. lien

En matière d’environnement, on sait aujourd’hui la coquille quasi vide qu’a été « le Grenelle de l’Environnement » (lien) ainsi que l’écrivent Stephen Kerckhove, et Jean Christophe Mathias dans leurs livres respectifs : « Grenelle, l’histoire d’un échec  » et « Grenelle de l’environnement, la supercherie écologique ».

Quant au droit au logement opposable, on sait ce qu’il en est, et on sait aussi que l’on continue toujours plus de mourir de froid dans la rue. lien

L’hiver 2011-2012 qui est loin d’être fini, a déjà provoqué la mort de près de 400 personnes. lien

On se demande où est passé la promesse de « donner des avantages concrets à ceux qui donnent de leur temps à la société dans les associations ». lien

Et quid de sa volonté de « consacrer beaucoup d’argent aux banlieues, dans l’éducation, la formation, la rénovation urbaine, les services publics, les transports, l’activité économique » ? (lien) ou de sa volonté de « préserver l’excellence de notre système de la santé », autant que celle de « cesser d’aider les gouvernements corrompus  » ? lien

Promesse transmise à Kadhafi, et autres Ben Ali.

Du coup, le presque candidat président sait très bien que « la meilleure défense, c’est l’attaque », et conscient de ce fait, serait en train de nous mijoter une belle imposture : il va peut-être publier en mars un livre en forme de méa culpa, dans lequel il reconnaitrait toutes les erreurs commises.

Du bouclier fiscal à l’autisme d’Etat, de la vulgarité au bling bling, et du yacht de ses amis à sa fête au Fouquet’s, tout devrait y passer, certain d’avance que quelques déçus du sarkozisme lui en seront reconnaissant.

Après avoir abandonné le ton nerveux et arrogant dont il était coutumier, le remplaçant par une voix mielleuse, et faussement calme, il va faire aux électeurs « le coup du repentir sincère ». lien

Alors les naïfs de 2007 seront-ils aussi nombreux en 2012 ? Nous le saurons bientôt, car comme dit mon vieil ami africain : « premier gaou n’est pas gaou, c’est deuxième gaou qui est gnata » (lien) ce que l’on pourrait traduire par, «  se faire avoir une fois n’est pas grave, mais deux fois, de la même manière est totalement gnata  ».

L’image illustrant l’article provient de « alexandre-thomas-forum.blogs.nouvelobs.com »

Merci à Corinne Py pour son aide efficace.

Olivier Cabanel

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