De la compétitivité à la complémentarité


LE YETI  Un nouveau monde: faut passer de la compétitivité à la complémentarité. Pour madame Parisot, « nous sommes passés de la tempête à l’ouragan ». Ben oui, même le Medef finit par se rendre à l’évidence : la situation est pourrie. Mais Laurence Parisot n’a manifestement toujours rien compris. Toujours au taquet, la voilà une nouvelle fois qui réclame un « choc de compétitivité » au gouvernement.

Hého, Laurence, c’est fini, cette histoire ! Nous sommes en train de changer de monde. Va falloir changer de logiciel. La compétitivité, soit c’est fini, soit c’est nous qui le serons.

La compétitivité, c’est la mort

La compétitivité, allez admettons que ç’ait pu avoir un temps sa raison d’être. Quand il fallait se retrousser les manches pour parvenir à produire suffisamment de biens et de services pour satisfaire les besoins élémentaires des populations. Quand il fallait reconstruire un pays ravagé par la guerre.

Aujourd’hui, dans un monde qui va bientôt produire plus de déchets que de produits vraiment utiles, la compétitivité est à la fois une imbécilité et la mort. La compétitivité sauvage crée des déséquilibres meurtriers y compris pour les glanduches qui se croient encore les plus fortiches.

À quoi elles vont ressembler les triomphantes économies allemandes ou chinoises quand elles auront terrassé leurs voisins, c’est-à-dire leurs clients ? Qui va leur acheter leurs camelotes, aux entreprises, quand elles auront asséché leurs consommateurs de salariés ?

Tout ça est tellement évident qu’on est stupéfaits de voir ces idiots réclamer encore et encore plus de « chocs de compétitivité ». C’est-à-dire une baisse des coûts de production. Maline, la Parisot !

Le pire est que ça ne date pas d’hier. D’où les dégâts sociaux et environnementaux qui nous tombent de plus en plus drus sur le coin de la figure. Et ces dingues qui en réclament une nouvelle couche !

Tout est dans un retour aux sains équilibres

Keynes, le fameux Keynes, qui revient tant à la mode en ces jours troublés, préconisait déjà de son temps un strict équilibre des balances des paiements. Au point de vouloir pénaliser autant les excédents des uns que les déficits des autres.

Nous sommes aujourd’hui à la croisée de chemins sacrément cabossés. Pour sortir des ornières, rien de plus en plus urgent qu’un retour à de sains équilibres. En clair, la complémentarité des activités économiques organisée sous la supervision des politiques. Plutôt que leur mise stupide en compétition. On n’y coupera pas. Sauf à être morts.

Mais comment quand et à quel niveau ? Dans son dernier livre, “La démondialisation” (Le Seuil, 19,80 euros), Jacques Sapir ne croit ce retour aux sains équilibres que par une relocalisation des activités humaines. Avec des mesures protectionnistes pour garantir les fragiles équilibres des attaques de sauvages.

Équilibres au niveau des États et plus des zinzins genre Union européenne. Peut-être même, sous la pression de la crise, à celui d’entités plus restreintes comme les régions (cf. les tensions séparatistes en Belgique et en Espagne).

Mais bon, se débarrasser des carcans mentaux du vieux monde fini est manifestement aussi difficile que d’arrêter la clope. Pas de patch pour les accros de la compète débridée ? Ho, Laurence, pourquoi tu fumes ?

 

LE YETI

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