DE PERFIDIA TROLLORUM

« Avec la désintegration accélérée des valeurs, et l’avènement d’une caste dirigeante corporatiste de salopards, née de la fusion entre le capital et le pouvoir politique….

Hmmm … Non.

« Considérant que la démocratie est soluble dans la corruption et que le précipité qui nous en reste est de dilution homéopathique… »

Hmm… Non plus.

1 000 mots pour dénoncer l’abjection, c’est court. Allons–y plus directement.

« Les medias traditionnels étant devenus une source de désinformation et le seul espoir pour la liberté étant la prolifération de médias-citoyens… »

Ouais, ça peut aller…. Ça tient encore de la parodie, mais il y a quelques saluts que les bons entendeurs devraient accepter. Mon sujet sérieux, c’est que le système a une peur terrible des blogues et que, n’étant plus dangereusement contesté ailleurs, il a toutes ses ressources pour infiltrer ce dernier bastion de la liberté d’expression, qu’elle soit de tendance gauchiste ou libertarienne.

La stratégie du système pour lutter contre la pensée indépendante, revendicatrice, contestataire ou simplement non-comateuse, ce n’est plus de la confronter, c’est de la discréditer. Cette approche, basée sur un total mépris de l’individu – présumé ignare, veule et cycliquement amnésique – a trouvé sa première manifestation, la plus ostentatoire. dans la dénonciation du « complotisme ».

Tous les gouvernants et la plupart des gens, en fonction directe de leur pouvoir, passant tout leur temps libre « hors-bombance & copulation » à concevoir et a exécuter des plans pour atteindre leurs objectifs, – en cachant soigneusement ces objectifs et leurs plans – on peut dire que comploter est la première activité de tous ceux qui ont un certain impact sur la vie de Quidam Lambda. Quidam Lambda étant, bien sûr, celui qui ne complote pas.

On n’est donc pas loin de la vérité en disant que, chaque fois que QL se fait blouser, il est victime d’un complot. Si la notion de complot disparaît de la Novlangue corporatiste, on comprend que QL ne peut plus se plaindre d’être blousé et, finalement, ne voit même plus qu’il l’a été… Il accepte qu’il vit dans « le plus pas-pire des mondes » Long live BB !

Après l’anticomplotisme, vient donc le trollisme comme procédés d’abêtissement populaire. Le trollisme procède en trois (3) étapes.

La première, simpliste, consiste à projeter l’anticomplotisme dans les échanges sur blogues. Un agent provocateur, souvent introduit tôt, quand un blogue naît et se développe, se crée une crédibilité en apportant une information peu connue, véridique ou au moins vraisemblable. Disposant souvent de ressources externes, il peut battre en brèche les opinions de quiconque n’a pas des dossiers bien étoffés. Le blogue litigieux est neutralisé.

Cette approche atteint sa perfection quand l’agent provocateur contrôle l’accès au site, en interdit l’accès aux non-croyants et peut donc ne garder en ligne que les commentaires critiques du système qu’il peut facilement réfuter. Au Québec, le site Antagoniste est un bon exemple de cette manipulation sans subtilité.

Quand les dossiers contestataires sont bien ficellés – parfois irréfutables – un deuxième niveau de trollisme devient cependant nécessaire. Il consiste en opérations-kamikaze. Un blogueur se sacrifie – c’est rarement son vrai nom et les avatars ne souffrent pas quand ils meurent – en disant tellement de stupidités, ou en s’écartant tellement des sujets traités, que Quidam Lambda perd patience et cesse de visiter le site-cible qui devient un fouillis d’insignifiances. On évite ainsi la diffusion d’idées dangereuses pour la bien-pensance.

La défense contre ce trollisme-kamikaze est d’abord de le dénoncer UNE FOIS, sans y attacher trop d’importance. Ensuite, d’éduquer Quidam Lambda à ne pas s’attarder à ce qui est hors-sujet. L’usage du tue-mouche sur un mur pastel ne vous fera pas une maison propre.

Ce processus d’éducation populaire va déjà bon train en Europe et surtout aux USA. La phrase talisman est : DON’T FEED THE TROLLS !

Au troisième niveau, le trollisme bien planifié ajoute à la dénonciation de tout ce qui est incompatible avec la soumission tranquille à la manipulation, l’utilisation de la zizanie : un arme qui a fait ses preuves. Le troll va déformer, progressivement s’il a tout son temps, l’interprétation qui peut être donné d’un commentaire de A à un article de B – et vice versa – jusqu’à ce que les auteurs concernés se sentent devenir des adversaires, puis des belligérants. Divide ut imperat

J’ai vu de mes yeux il y a des années, au Harry’s Bar, rue Daunou, un Français et un Américain unilingues en venir aux coups, après dix minutes d’un échange, bien anodin au départ, dans lequel s’était introduite une « bonne âme » pour leur traduire leurs propos respectifs. Facétieux ? Peut-être dans un bar, mais sur un blogue celui qui crée la zizanie souffre d’un désordre mental… ou exécute un sabotage bien orchestré.

Quand apparaît ce phénomène – Agoravox en est le creuset pour toutes les expériences-pilotes ! – c’est que quelque chose est apparu menaçant. Qui s’est senti menacé ? Pourquoi ? Le blogueur de bonne foi peut remonter la séquence des échanges et voir dans quelle mesure un tiers est intervenu qui a créé plus ou moins subtilement la zizanie.

Ceux que ce genre de choses passionnent peuvent alors se demander ce qui a servi de déclencheur pour mettre les trolls en action… Un peu plus de recherche et on peut même trouver qui diable peut bien avoir un intérêt à ce sabotage… Cette dernière recherche peut ouvrir des abcès.

Le but des 7 n’est pas d’ouvrir des abcès, mais de faciliter l’expression de toutes les opinions pour qu’en émerge plus de consensus… je mets cette phrase à dessein, pour que vous puissiez voir le trollisme en action. Si qui que ce soit répond que « rien n’est plus important que d’ouvrir les abcès »… je ne répondrai pas. Vous pourrez alors voir les trolls s’agiter au fond du piège :-) )

Pierre JC Allard

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