de Tchernobyl à Ben Laden

25 ans après la catastrophe, on meurt toujours à Tchernobyl.

Morts fatales puisque les sols contaminés ne peuvent que produire des légumes et fruits contaminés. Les animaux étant touchés eux aussi, c’est en fin de chaîne que l’homme récolte les fruits du drame.

Dans le camp des lobbyistes du nucléaire, on continue de prétendre scandaleusement que seules 50 personnes sont mortes suite à cette catastrophe.

Le rapport 2005 de l’AIEA (agence internationale de l’énergie atomique) évoque 56 morts (47 secouristes et 9 enfants) lors de l’accident, et 4000 morts suite aux rayonnements. lien

Ces chiffres « optimistes » ne plaident pas en faveur de la crédibilité de l’AIEA, ni de son indépendance.

La WHO (World Healthl Organization) se réfère à une étude portant sur 72 000 travailleurs russes dont 212 seraient morts suite aux radiations, mais ne dit rien sur les 600 000 personnes employées sur le site après la catastrophe. lien

Selon une étude scientifique britannique, le nombre de décès liés à Tchernobyl devrait atteindre entre 30 000 et 60 000. lien

En avril 2006, Greenpeace a publié un rapport inédit et réalisé par 60 scientifiques du Belarus, d’Ukraine et de Russie.

Ceux-ci estiment que l’AIEA a largement sous estimé les conséquences de la catastrophe.

Ils concluent que 200 000 décès ont déjà étés constatés ces 15 dernières années,  et qu’à l’avenir près de 100 000 cancers mortels découleront de cette catastrophe. lien

Pour Jean Marc Jancovici, les comptes ne sont pas bons. (L’avenir climatique/édition du seuil 2002, page 236)

Il ne limite pas le nombre de morts au pourcentage des 600 000 personnes ayant travaillé sur le site après l’accident. lien

Il évoque les effets stochastiques (effets qui comportent la présence d’une variable aléatoire).

24 200 personnes sur 135 000, dans un rayon de 20 km autour du site a reçu plus de 200 mSv peuvent faire l’objet de la règle dose-effet.

Il évoque un potentiel de 6000 morts par cancer.

Koffi Annan quant à lui évoque un tout autre chiffre : 7 millions de personnes auraient été affectés par le drame.

Il faut se souvenir que l’alerte n’à été donnée que le lendemain en ce qui concerne les 45 000 habitants de Pripyat, lesquels ont été évacués le 27 avril, et alors que le réacteur explosé de la centrale crachait sa radioactivité, 900 élèves âgés de 10 à 17 ans faisaient un « marathon de la paix » en tournant autour de la centrale.

Dans la semaine qui a suivi l’accident, plus de 135 000 personnes ont été évacuées, et elles avaient déjà été largement irradiées.

Entre le 27 avril et le 7 mai les habitants des villes et villages situés dans un rayon de 30 km autour de la centrale furent évacuées, soit environ 250 000 personnes.

En 2010, un ouvrage scientifique a été publié sur la nature et l’étendue des dommages subis par les humains et par l’environnement. Les auteurs estiment que les émissions radioactives du réacteur en feu ont atteint 10 milliards de curies, soit 200 fois les retombées des bombes lancées sur Hiroshima/Nagasaki et que 985 000 personnes sont mortes des retombées de la catastrophe. lien

Un millier de ces personnes sont revenues vivre dans la région contaminée, bravant le danger.

Aujourd’hui, plus de 5 millions de personnes résident toujours dans les zones contaminées.

Combien de ceux là vont mourir un jour ou l’autre d’un cancer ?

On se souvient aussi qu’en France, le gouvernement nous avait affirmé que la pollution s’était arrêtée à la frontière.

Sur place, le césium 137 s’est déposé dans un rayon de 100 km autour de la centrale, puis à 200 km au Nord Nord Est de la centrale, et enfin à 500 km au Nord-Est.

Or le césium 137 a une période (ou demi-vie) de 30 ans.

Cela signifie que les terres contaminées le sont pour un bon siècle, et que cette contamination a pu se déplacer au grès des récoltes, de la consommation de produits contaminés, ou des réseaux hydrauliques, et de l’évaporation.

On trouve aujourd’hui, bien loin de Tchernobyl des sangliers lourdement contaminés dans de nombreux pays européens. lien

Selon « l’Express », leur taux de césium pourrait atteindre 1300 becquerels par kilo de viande. lien

Or 7 millions de personnes résident encore dans les territoires contaminés par le césium 137 de Tchernobyl et tout dépend du fait de leur consommation ou pas de produits contaminés. lien

Combien sur ces 7 millions de personnes vont mourir un jour d’un cancer du à Tchernobyl ?

Personne ne semble être en mesure de le dire.

Et puis, un 11 mars 2011, la centrale de Fukushima Daïchi a volé en éclats, sous les coups de boutoir d’un tremblement de terre et du tsunami qui a suivi.

Sans la lenteur de réaction des gestionnaires de la centrale, et à son refus dans un premier temps d’accepter l’aide internationale des experts en la matière, due, d’après un journaliste japonais, à la volonté de dissimuler la présence de l’arme atomique dans les locaux de la centrale, nous n’en serions peut-être pas là aujourd’hui.

En effet, Yoichi Shimatsu, rédacteur en chef d’un média japonais « the 4th Média » affirme que la libération de plutonium constatée dans l’atmosphère serait la conséquence de cette arme atomique dissimulée. lien

Nombreux sont en effet ceux qui s’interrogent sur la nature de l’explosion survenue sur  le réacteur 3. lien

La lenteur de la décision d’évacuer d’entrée les populations dans un rayon d’au moins 40 km autour du site se paiera cash dans les années qui vont venir.

En effet, le dépassement en pollution radioactive est constaté à 40 km de la centrale (lien) et les relevés ont montré que les normes étaient largement dépassées jusqu’à 100 km du site. lien

A Tokyo, ou vivent plus de 35 millions de personnes, l’activité du césium 137 dans l’air n’est pas descendue en dessous de 100 000 fois la normale, et elle est montée plusieurs jours jusqu’à 100 millions de fois la normale le jour de l’explosion des réacteurs. lien

Mais les autorités japonaises se veulent rassurantes affirmant qu’il n’y a pas de danger pour la santé des habitants.

Au niveau des effets collatéraux, on peut déjà noter la tarte à la crème reçue par Louise Pelletier, représentante régionale d’Hydro Québec. lien

Les spécialistes de la question estiment qu’au moins 1 million de japonais vivent en zone mortelle. lien

D’après le professeur Chris Busby, secrétaire scientifique de l’ECRR (European Committee on Radiation Risk), 417 000 japonais vont mourir d’un cancer d’ici 2061 dans les 200 km autour de la centrale. lien

Or à Fukushima, comme à Tchernobyl, 25 ans plus tôt, on tentera de minimiser le nombre de morts d’un cancer.

Et si l’on observe cette mappemonde, on découvre que la menace nucléaire s’étend bien au delà des périmètres de Fukushima ou de Tchernobyl, mais autour du périmètre de tous les autres réacteurs installés dans le monde, ce qui concerne au moins 20 millions de personnes.

Au delà de la polémique macabre et indécente sur le nombre de morts passés ou en cours, ne serait-il pas plus sage d’œuvrer en amont pour empêcher qu’une telle catastrophe se reproduise un jour.

La meilleure manière n’est-elle pas de tourner définitivement la page de cette énergie dangereuse, et polluante ?

En effet, on le voit, malgré toutes les précautions, un accident nucléaire est toujours possible.

On sait aujourd’hui que l’EPR que les nucléocrates nous vantent comme la meilleure technologie nucléaire ne résisterait pas à la chute d’un avion de ligne. lien

On sait aussi que les exercices de sécurité dans les centrales nucléaires française tournent parfois à la pantalonnade, que les accidents se multiplient, que le risque d’inondation ou de séisme n’est pas écarté et que de nombreuses centrales françaises sont menacées. lien

Comme l’a déclaré Bernard Laponche, docteur es sciences en physique des réacteurs nucléaires, expert en politiques de l’énergie, «  le nucléaire est une énergie du passé, et sans avenir (…) le nucléaire, tel qu’il a été développé depuis la découverte de la fission, comme celui que l’on nous promet, doit être abandonné ». lien

Le 1 mai, dans le monde entier, alors qu’Oussama Ben Laden quittait ce triste monde (lien) des millions de personnes ont manifesté dans l’espoir d’un monde meilleur, mais comme dit souvent mon vieil ami africain :

« Le clou souffre autant que le trou».

La lutte contre le nucléaire se décline aussi en chanson. lien

L’image illustrant l’article provient de « nucléaire nonmerci.net »

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