Des « nominations irréprochables » à la sauce Sarkozy

Vive l’Union d’une Minorité de Profiteurs !

Ils devraient faire le ménage sur UMP TV : il y subsiste des déclarations du candidat à la présidence de  la République qui, si elles étaient déjà totalement dénuées de crédibilité au moment où elles étaient prononcées – on connaissait le lascar ! -, démontrent a posteriori toute la tartufferie du personnage. Ainsi de cette vidéo où Nicolas Sarkozy déclare : « Je veux une République irréprochable. Le président de la République, c’est l’homme de la nation. Ce n’est pas l’homme d’un parti, ce n’est pas l’homme d’un clan. (…) Je veux que les nominations soient irréprochables. »

Ben voyons. Vendredi 29 octobre ont été annoncées les nouvelles nominations au Conseil économique, social et environnemental (Cese), dont le site nous enseigne qu’il « est investi d’une triple mission : conseiller le gouvernement et participer à l’élaboration de la politique économique et sociale ; favoriser à travers sa composition (233 membres désignés par les organisations économiques et sociales ou nommés par le gouvernement) le dialogue entre les catégories socioprofessionnelles dont les positions, différentes à l’origine, se rapprochent dans l’élaboration de propositions d’intérêt général ; contribuer à l’information des assemblées politiques.« Un « machin » consultatif en résumé, bien pratique pour recaser ou remercier les copains, à coups d’indemnités sonnantes et trébuchantes : « les membres du Cese sont rémunérés par la République, à raison d’un tiers d’une indemnité parlementaire, frais de résidence compris, plus une «indemnité spéciale pour frais de représentation», soit plus de 5 000 euros nets mensuels », précise Sarkofrance.

Qui donc aura désormais droit à ces modestes émoluments ? Nominations «surprises» au Conseil économique et social, titre Le Figaro : « Comme toujours, la liste des 40 personnalités qualifiées désignées mercredi par l’Élysée et Matignon pour siéger pendant cinq ans au sein de la nouvelle assemblée du Conseil économique, social et environnemental (Cese) réserve son lot de surprises. La plus importante est sans conteste la présence de Raymond Soubie. Le conseiller social de Nicolas Sarkozy a toujours déclaré qu’il quitterait l’Élysée au lendemain de la réforme des retraites. Celle-ci étant achevée, il peut passer à la prochaine étape de sa carrière, qui passera par un retour dans le privé et… la case Cese. Sa nomination – même si elle est légitime sur le fond – a fait grincer quelques dents, mercredi, dans la mesure où Raymond Soubie a, compte tenu de ses fonctions, participé à l’élaboration de la liste, même si c’est Christian Frémont, le directeur de cabinet de l’Élysée, qui tenait la plume. «Le président m’a demandé d’y aller il y a trois ou quatre semaines, et je fais toujours ce qu’il veut», confie cet orfèvre des relations sociales. »

Trop aimable. « Orfèvre des relations sociales » ? Seule la Pravda sarkozyste pouvait oser ce qualificatif pour le concepteur de l’antisociale contre-réforme des retraites, qui va voler leurs deux plus belles années de retraite – avant d’être rattrapés par les maladies et handicaps – aux salariés, pour préserver les intérêts des entreprises du Cac 40 défendues par le Medef. Mais le cas Soubie n’est pas la seule « nomination irréprochable » : « c’est surtout la forte présence d’élus UMP dans cette liste qui a le plus suscité de critiques mercredi chez les recalés ou les personnalités non renouvelées au sein du Cese, précise Le Figaro. D’Hugues Martin (bras droit d’Alain Juppé à la mairie de Bordeaux) à Ange Santini (maire de Calvi) en passant par Danièle Dussaussois, conseiller général des Hauts-de-Seine, on compte plus d’une douzaine d’élus de la majorité ou apparentés, sur les quarante personnalités qualifiées désignées mercredi. (…) Nombre de ces élus ont en effet rendu de fiers services à l’Élysée, qu’il s’agisse d’Hervé Marseille (maire de Meudon) en renonçant en 2008 à briguer la présidence du groupe majoritaire du conseil général des Hauts-de-Seine face à Jean Sarkozy, le fils du président ; ou d’Yves Urieta, ex-maire PS de Pau, qui s’était allié à l’UMP pour barrer la route de la mairie à François Bayrou en 2008 également (…). » On ne saurait dire plus clairement que ces nominations constituent des récompenses accordées aux amis politiques, avec l’argent du contribuable.

On trouve ainsi dans la liste des heureux élus, outre les personnages déjà cités, un proche de Laurence Parisot, Patrick Bernasconi, l’insupportable présidente et fondatrice de l’organisation patronale Ethic, Sophie de Menthon, l’ancien ministre chiraquien Jean-Paul Delevoye, un autre conseiller de Sarkozy, Pierre Charon, le très libéral président de La Poste, Jean-Paul Bailly, l’adjoint au maire de Vichy UMP Christian Corne, Jean-Marie Geveaux, ancien député UMP du Mans battu en 2007, l’UMP Guillaume de Russé, président du Futuroscope, le sénateur UMP Jean-Claude Etienne, Claire Gibault, conseillère municipale UMP à Paris, Gisèle Ballaloud, conseillère municipale UMP d’Annecy, Nadia El Okki, 1ère adjointe UMP au maire de Saint-Martin-de-Valgognes et Guillaume de Russe, conseiller général UMP de Montmorillon. UMP, UMP, UMP… Comment disait-il, déjà, notre candidat ? Ah oui : le président de la République « n’est pas l’homme d’un parti »… Si ce n’est celui de l’Union d’une Minorité de Profiteurs ! Terminons enfin par une dernière « nomination irréprochable », non au Cese celle-là : elle concerne Gilles Dufeigneux, l’ex-chef de cabinet adjoint de Matignon, « suspendu de ses fonctions par le Premier ministre, François Fillon, le 9 septembre pour un comportement «insultant» envers la police lors d’un contrôle d’alcoolémie dans le Ve arrondissement de Paris, où il réside, rappelle Le Parisien.

Deux jours plus tôt, contrôlé par la police alors qu’il avait failli percuter un deux-roues, le conducteur avait refusé de donner ses papiers, se contentant de tendre sa carte professionnelle de Matignon, dont il disait, très énervé, sortir à peine après «avoir travaillé dix-sept heures». Il s’était, selon les forces de l’ordre, montré «insultant» et «très énervé», refusant le contrôle d’alcoolémie. » Eh bien notre homme était resté Conseiller régional et municipal (à Vannes) mais ça ne lui suffisait pas : il « a vite trouvé une porte de sortie honorable« , comme l’écrit le quotidien, bombardé la semaine dernière « délégué interministériel aux grands événements sportifs.« Une création de poste indispensable, cela va sans dire ! « Dans l’ordre de l’administration, je deviens le nº 2 derrière le secrétaire d’État (Rama Yade)« , se vante-t-il dans Le télégramme. Toutes nos félicitations. Et vive les « nominations irréprochables » à la sauce Sarkozy !

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