Des solutions

Je ne suis pas très heureux de la société dans laquelle nous vivons.  Ni des autres autour, ni des alternatives de Gauche comme de Droite qu’on nous propose et qui n’ont guère changé depuis deux cents ans. Les Lumières ont allumé des bougies et on s’est dit éclairé. On s’est dit que l’humain  ne change pas si vite et qu’on avait fait le tour du problème de la vie en société : les autres.  Vrai pour le problème –  depuis des millénaires – mais pas pour les solutions.   Les solutions changent avec les circonstances, avec les techniques disponibles.  La technologie allume des phares… et on y voit mieux. La société doit profiter de ce nouvel éclairage.

Révolution ? Si on veut, mais alors incessante et jamais achevée. Il faut comprendre qu’il y a, à chacun de nos problèmes sociétaux, une bonne solution qui n’était pas là hier et qu’il faut mettre en place tout de suite, en attendant la solution meilleure qui viendra certainement demain et qu’il faudra alors appliquer sans délai. Ce n’est un pas un esprit révolutionnaire, mais ÉVOLUTIONNAIRE qu’il faut promouvoir.

Le but des sociétés de pénurie traditionnelles était le changement – le progrès – mais la capacité de production globale de la société industrielle peut excéder désormais très, très largement les besoins matériels de l’humanité. L’abondance a été atteinte. Le grand défi est donc devenu la résistance au changement. Résistance, parce que la « majorité effective » – ceux qui ensemble ont le pouvoir de mouvoir la société – sont BIEN dans la société actuelle et ne veulent donc pas qu’elle change.

Une lutte des classes à finir ? Pas nécessairement. Historiquement, ceux qui ont le pouvoir n’ont accepté le changement que contraints, mais l’abondance est une nouvelle donnée. Il n’est plus nécessaire désormais, pour satisfaire les besoins matériels de tous, que quiconque soit privé de quoi que ce soit. Quand ce qui sert d’enjeu matériel est surabondant, il n’y a de jeu à somme nulle raisonnable que pour l’intangible… que peut accroître une collaboration bien mieux qu’un conflit !

Les innombrables changements dont la société a besoin se retrouvent donc aujourd’hui bloqués UNIQUEMENT par des jeux de pouvoir. Ne pourrait-on pas convaincre les « gagnants » de la société que l’enrichissement d’une société tertiaire ne passe pas par une dynamique sociétale d’affrontement mais par un jeu coopératif ? Peut-on leur démontrer qu’ils peuvent avoir plus et mieux en satisfaisant la demande des perdants ?

On le peut, en traitant d’abord chaque changement dans son seul contexte. Sans oublier que tous les changements influent les uns sur les autres et qu’il y a une synthèse finale à faire, mais en ne permettant pas le saut de puce d’une problématique à une autre qui rend toute discussion ingérable en multipliant le nombre des variables. Il ne faut pas laisser la complexité venir au secours de la mauvaise volonté.

Il faut comprendre les changements comme un tout, mais les traiter un-à-un. Au cours des semaines qui vont suivre, je vais expliquer, en moins de mille mots chaque fois, comment l’on peut régler de façon satisfaisante l’un ou l’autre des grands dossiers de notre société … dont on fait maintenant tout pour rendre impossible la solution qui paraît pourtant évidente. Bien sûr, il y aurait plus à dire : je l’ai déjà fait Il y a sur mon site et mon blogue des centaines de textes qui élaborent sur ces thèmes ; ici, semaine après semaine, je veux énoncer des solutions pour ceux qui n’ont pas le temps ou le goût d’autre chose que des solutions. Mais je répondrai à toutes les objections et je ne suis pas fermé aux nouvelles propositions : la meilleure pour l’avenir n’est pas encore connue.

Voici – sujets à changements – les thèmes des 16 prochains billets

27 décembre : le travail
03 janvier : l’argent
10 janvier : le revenu
17 janvier : le contrat social (liberté & solidarité)
24 janvier : la politique
31 janvier : l’ordre public
07 février : la justice
14 février : la santé
21 février : l’éducation
28 février : la culture
07 mars : la production
14 mars : les ressources
21 mars : la gouvernance
28 mars : l’environnement
04 avril : l’information
11 avril : l’armée

Pierre JC Allard

3 pensées sur “Des solutions

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    20 décembre 2010 à 4 04 31 123112
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    « Il ne faut pas laisser la complexité venir au secours de la mauvaise volonté. » je retiens.

    Les hommes persistent à mourir, et ils ne sont toujours pas heureux, pourrait-on dire à la manière de Camus.

    Alors on se donne rendez-vous pour le premier thème: le travail.

    Déjà, le premier et le plus sournois des thèmes; comment imaginer une civilisation ‘nouvelle’ sans ce paradigme infernal auquel l’idéal d’une ‘vie bonne*’ est chaque fois confronté et asservi par la responsabilité sociétale? Tabula rasa s’impose sur une conception esclavagiste d’organisation humaine, surtout en période de suffisance que vous appelez abondance.

    «La passion «to make the world a better place to live in» a modifié le monde, mais a également eu pour conséquence qu’au cours de ce processus d’amélioration tout le monde a oublié ce que «to live» veut dire. Ainsi les Américains vivent-ils effectivement dans «le meilleur des mondes possibles» tout en ayant perdu la vie elle-même. C’est un enfer.» Hannah Arendt

    Joyeuse fêtes et à l’an prochain.

    DG

    *«On reconnaîtra aisément dans la distinction entre visée de la vie bonne et obéissance aux normes l’opposition entre deux héritages : l’héritage aristotélicien, où l’éthique est caractérisée par sa perspective téléologique (de telos, signifiant « fin ») ; et un héritage kantien, où la morale est définie par le caractère d’obligation de la norme, donc par un point de vue déontologique (déontologique signifiant précisément « devoir »).» Paul Ricoeur

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    20 décembre 2010 à 7 07 07 120712
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    Au départ, la société n’est pas du tout consciente que la production actuelle peut suffire amplement aux besoins de chacun des individus de la planète.

    C’est plutôt l’information contraire qui est véhiculée. Peut de gens savent que la boîte de soupe que vous achetez aujourd’hui, est sur une tablette depuis 15 ans et que la production de cette année n’a pas de débouché sur le marché actuel.

    Il y a surproduction partout, en tout, et c’est simplement le système économique qui refuse de nourrir des millions de personnes. D’un autre côté, si cette nourriture était distribuée, cela détruirait-il les moyens de production?

    Évidemment que la réponse est non. Par contre, cela détruirait le système économique actuel.

    Alors: quoi faire?

    Je suis impatient de vous lire.

    Amicalement

    Elie L’Artiste.

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    25 décembre 2010 à 12 12 31 123112
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    Bonjour , Voilà des sujets de fond qui vont permettre d’alimenter les débats et faire oeuvre utile ! Joyeux Noël !

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