Des valeurs humaines pour l’humanité

 

PIERRE JC ALLARD  Ceci est le troisième article d’une série où je parle d’un retour vers le réel.  Un retour vers le réel qui résulte d’une perte de confiance en tous ces symboles commodes dont on a créé un univers virtuel. Un miroir où tout peut être traité plus efficacement, comme par magie, puis se refléter sur la réalité.

La confiance est partie, car on a compris que la monnaie n’est pas la richesse, ni l’autorité la force, mais qu’elles n’en sont que des reflets. On s’est aperçu que le miroir peut déformer, et que toutes les arnaques, hélas, deviennent aussi infiniment plus faciles si on fait aveuglement confiance au reflet.

Tout est plus facile, si la confiance règne.. et le mal aussi ; on a donc coupé la confiance. Mais cette perte de confiance est régressive dans l’histoire de l’humanité, car c’est travailler sur des symboles qui nous rend humains.   Nous voulons donc rebâtir la confiance.

La confiance, toutefois, présuppose un accord préalable sur ce qui est BIEN.  Elle exige une éthique au cœur de l’individu, une morale au sein de la société.  On ne peut se faire confiance que si on  respecte des valeurs.  Mais lesquelles ?   Celle que nous avions, héritées souvent des religions, nous ont déçus. Vite, des valeurs…

On se plaint souvent de ce que Dieu nous manque pour fonder cette éthique et cette morale, mais c’est ne pas comprendre que c’est cette éthique innée en nous – et cette morale que nous voulons respecter ensemble – qui définissent le comportement qui nous sert tous. Le comportement « moral » consensuel que nous trouvons pratique de présenter comme une volonté divine.

Un attribution pratique, mais qui a des effets pervers, car dès qu’on prête à « Dieu » un volonté qui puisse être différente de ce qu’un consensus UNIVERSEL perçoit comme le Bien, ce qui pour certains est  « mal » peut être présenté par d’autres comme « bien », sans autre argument que la « foi en Dieu »… laquelle se confond alors avec la foi en la parole de celui qui l’affirme, sans qu’il soit  possible de soumettre cette dissonance à l’arbitrage de la raison.

Or, tout ce qui exclut ainsi l’arbitrage de la raison – le seul par définition qui puisse déterminer un consensus « raisonnable »  –  ne peut conduire qu’à d’irréductibles divergences entre croyances, qui ne se règleront que par la force et la violence, à la mesure de la foi qu’on leur accordera.  Est-ce sur ça, que nous voulons établir de nouvelles valeurs ?

Ces croyances sont des éléments de discorde dans une société. Ce sont des poisons dont les effets se conjuguent pour détruire la solidarité qui seule en permet l’évolution harmonieuse.  La « foi » doit donc être vue pour ce qu’elle est :  une pulsion pré-rationnelle.  La foi est le déterminant par défaut à l’action, quand nulle raison consciente n’existe d’agir que la volonté d’un changement.

Ces tropismes, qu’on rationalise en en faisant des croyances, créent alors une illusion de sens, en ce que celle-ci confère de persévérance dans l’action engagée.  Irremplaçable au départ, mais n’est-il pas évident que l’intelligence – et donc l’humanité – se développent  au fur et à mesure que ces croyances sont remplacées par des  motifs réfléchis, orientés vers un but  que la raison a choisi ?

Nous sommes aujourd’hui au point ou de nouvelles valeurs doivent s’imposer : c’est à cette condition que reviendra la confiance. Inutile de souligner lourdement que l’égoisme, qui est le premier fondement de la nature humaine  –  et de toute individuation ! – sera encore le premier déterminant de ces valeurs. Mais, cette contrainte acceptée, les progrès que nous avons fait dans la connaissance et les acquis que nous avons tirés de l’abondance industrielle, devraient nous permettre de définir une éthique pour notre temps. Une moralité porteuse du genre d’humanité que nous voulons.

Il y a donc des vertus dont nous devons DIRE qu’elles sont des vertus et que c’est un vice de ne pas les manifester. Au premiers rang de ces vertus, la SOLIDARITÉ. Une société doit affirmer que, dans la condition d’interdépendance croissante que l’humanité va vivre, il y a des péchés, voire des crimes qui peuvent être commis contre la solidarité.

Il y a aussi la TOLERANCE comme vertu – dont la laïcité est l’une des manifestation essentielles –et contre laquelle il y a ces transgressions que sont le racisme, le sexisme et le refus actif  des différences.

Il y a bien d’autres de ces vertus encore méconnues et aussi les péchés capitaux contre ces vertus dont une société devra choisir de s’y attaquer plus ou moins fermement. Il va falloir les identifier.  Si quelque chose doit jouer le rôle d’une morale – et je crois qu’il le faut – il faudra que cette morale soit compatible avec le devenir d’une humanité que nous jugeons souhaitable. Ce qui n’est pas le cas de la route que nous suivons présentement.

Le néoliberalisme est IMMORAL.  Il est non seulemnt responsable de tous les maux que nous connaissons et n’avons pas ici a répéter répéter, mais il est incompatible avec la renaissance d’une confiance entre sociétaires-citoyens sans laquelle une société, quelle qu’elle soit, ne PEUT PAS SURVIVRE.

Il semblerait qu’une nouvelle morale en Occident, dont la solidarité et la tolérance seraient, des piliers – puisse découler normalement d’un nouveau paradigme fusionnant le message christique et celui du communisme, les deux s’étant succédés pour parler de partage et de générosité.  Les deux dépouillés, bien sûr, de tout dogme en ruinant l’essence en en limitant l’universalité.  Il faut penser morale, sans penser religion.  C »est une voie a explorer.

 

 

2 pensées sur “Des valeurs humaines pour l’humanité

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