Ecoutez-les chanter victoire!

Trois raffineries ont donc voté la reprise du travail. Il faut se mettre à la place des grévistes : la paye divisée par deux, ça fait très mal à la fin du mois… Voilà pourquoi il faut persister à aider les travailleurs des autres installations pétrolières qui poursuivent la lutte. Comme l’écrit Solidaires pour une grève efficace !, « Il est urgent de continuer ! (…) Aujourd’hui nous avons enregistré le 500e don ! et dépassé 40 000 euros de dons au total ! Il faut signaler aussi la collecte du Front de gauche de plus de 8 000 euros. Sans compter toutes les autres caisses locales, peu médiatisées, la solidarité en nature etc. Nous sommes déjà à 50 000 euros soit environ 1 000 jours de grève financés ! Cela a un réel impact, n’en doutons pas, d’autant que ca va continuer. Le bilan de SUD le prouve, l’argent commence à arriver sur les sites ! Il faut continuer. Si trois raffineries ont mis fin à leur grève, neuf tiennent encore. Et pas des moindres ! » Les éboueurs marseillais ont également repris le travail. Mais voulait-on la peste dans la cité phocéenne, en plein XXIe siècle ? Nous avons pu constater les dégâts de visu – pas que de visu, d’ailleurs, notre odorat fut aussi rudement malmené ! – et la catastrophe sanitaire n’était pas loin. Faut-il déduire de ces faits – les trois raffineries qui lâchent et les éboueurs qui font preuve de responsabilité sociale – que le mouvement est terminé ? Pas si sûr. C’est pourtant ce que serine la caisse de résonance médiatique. Et les membres du gouvernement masquent difficilement leur arrogance triomphante. Mais une qui ne masque rien, c’est Laurence Parisot, la patronne du Medef. Nous l’avions déjà écrit : La contre-réforme du gouvernement est celle du Medef : l’aveu de Laurence Parisot (billet du 11 octobre dernier). Dopée par les effluves de la victoire sur les travailleurs qu’elle anticipe avec gourmandise, elle a franchi encore un cran dans l’aveu, comme s’exaspère Hélène Le Cacheux, tête de file du Parti de gauche des Bouches-du-Rhône : « Je viens d’entendre Laurence Parisot à l’émission Mots Croisés revendiquer être la «marraine» de la réforme des retraites engagée par Nicolas Sarkozy. Elle déclare dans la foulée «être favorable à entamer un dialogue avec François Chérèque sur la question». C’est au ministre de le faire ! On n’essaye même plus de nous faire croire qu’il y a des politiques indépendants, mandatés par le peuple, qui travaillent à l’intérêt général. C’est l’illustration de la connivence de classe qui existe parmi «les puissants». C’est bien une oligarchie qui nous gouverne. »

« Nous voyons aujourd’hui que malgré les mensonges des différents ministres reçus sur les ondes, tous les secteurs d’activités de notre pays sont touchés par des grèves, ponctuelles ou reconductibles, écrit encore Hélène Le Cacheux. Grâce à ces «blocages» nous pouvons encore faire plier le gouvernement. » Aujourd’hui, lycéens et étudiants sont dans la rue. Jeudi, c’est encore une grande manifestation unitaire qui rassemblera des millions de Français en colère. Baroud d’honneur ? Quand bien même ce serait le cas, nous en serons. Et la crise actuelle aura de toute façon laissé des traces profondes, administrant la preuve flagrante d’à quel point ce pouvoir gouverne contre son propre peuple. La responsable du PG bucco-rhodanien relaie ainsi le communiqué de l’association nationale d’élus « La gauche par l’exemple » : « Les élus du Parti de gauche déplorent le passage en force du gouvernement qui, malgré les mobilisations, n’a eu de cesse d’étouffer le débat : bouleversement du calendrier parlementaire, limitation des débats à l’Assemblée nationale, recours au 44-3 au Sénat (vote unique, NdA). « Nous assistons ainsi à une véritable parodie de démocratie, alors même que la population rejette très majoritairement le projet », déclare Marie-Agnès Labarre, sénatrice du Parti de gauche. » Qui a même manifesté avec ses collègues en pleine assemblée (le 5 octobre dernier) ! Face à tant de morgue et d’entêtement à nous voler nos deux meilleures années de retraite, avant que d’être trop cassés pour en profiter, la colère ne saurait être retombée d’un coup, contrairement à ce que veut croire (et nous faire croire) le gouvernement. Allons, haut les coeurs, la bataille n’est peut-être pas perdue. L’heure est venue d’y jeter ses dernières forces. Tous dans la rue jeudi, et soutien aux grévistes !

Caisses de solidarité :

  • Parti de Gauche, chèques à l’odre de   » Solidarité grévistes  » au Parti de Gauche, 63 avenue de la République 75011 PARIS
  • Intersyndicale CGT-CFDT Raffinerie de Grandpuits, 77720 Mormant Cedex (paiement possible en ligne sur le site http://www.raffineriegrandpuits.fr)
  • SUD, chèques à l’ordre de SUD CHIMIE ; Sud Chimie Pharma ; 6, rue Louis Blanc ; 76100 ROUEN
  • CFDT, chèques à l’ordre de CFDT Saint Nazaire ; UL CFDT ; 4, rue MARCEAU ; 44 600 Saint Nazaire
  • CGT, chèques à l’ordre de la FNIC-CGT ; Coordination CGT TOTAL ; A l’attention de Christine KIPFER ; Bureau A0102 ; 24 cours Michelet ; La Défense 10
  • CGT Solidarité Luttes Retraite, CGT, 263 rue de Paris, 93516 Montreuil Cedex
  • Union Syndicale Solidaires, « Solidarité grévistes retraites », 144 Boulevard de la Villette, 75019 Paris
  • CGT Chimie (FNIC), 263 rue de Paris, Case 429, 93514 Montreuil Cedex
  • Section CFDT, Raffinerie Total Feyzin, BP 6, 69551 Feyzin, ordre du chèque « Solidarité avec les grèvistes”

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