Entrevue exclusive avec le ministre fédéral : Maxime Bernier

J’ai rencontré M. Bernier à son bureau du Centre-ville de Montréal.  Il a accepté de répondre à mes questions. 

Q : Après avoir travaillé dans le secteur privé, pourquoi avez-vous décidé de faire le saut en politique fédérale et devenir candidat pour le Parti conservateur du Canada dans le comté de Beauce?

R : J’ai toujours eu de l’intérêt pour  les politiques publiques et la politique en général. En 2005, j’ai rencontré M. Harper pour lui  suggérer d’insérer dans son programme, deux éléments qui sont importants pour moi : la diminution des impôts (car les Québécois sont les plus taxés en Amérique du Nord) et le respect de la Constitution canadienne.  Le chef conservateur a inclus cela dans son programme, il m’a demandé d’être candidat sous la bannière conservatrice et j’ai accepté.  J’ai fait le saut en politique afin de défendre des valeurs qui sont à la base d’une société démocratique : la liberté et la responsabilité individuelle.  Aujourd’hui, je continue de prôner ces idéaux au sein du caucus conservateur et du gouvernement.  La réduction des taxes, des impôts et de la taille de l’État est une priorité pour moi.  Souvent, les politiciens et les bureaucrates prennent les citoyens pour des enfants irresponsables.  Mon engagement politique est de prendre les citoyens pour des personnes responsables.  Moi, je pense que c’est en faisant la promotion de la liberté individuelle que l’on va avoir une société plus prospère.  Je dois être dans le feu de l’action pour pouvoir changer la société et permettre une plus grande liberté aux Canadiens. 

Q : Après la victoire conservatrice du 23 janvier 2006,  vous avez accédé au Cabinet fédéral comme ministre de l’Industrie.  Quelle est votre plus grande réalisation lors de votre passage dans ce ministère à saveur économique?

R : Tout d’abord, je suis très fier d’avoir été ministre de l’Industrie.  Ma plus grande réalisation est la dérèglementation de la téléphonie locale.  Quand je suis arrivé au ministère de l’Industrie, j’ai établi mes priorités.  Mon premier objectif était la dérèglementation de la téléphonie locale.  C’était un dossier qui était directement lié à mes croyances politiques, c’est-à-dire la dérèglementation et le respect du libre marché.   J’ai livré une grosse bataille idéologique avec les fonctionnaires que j’ai remportée avec l’aide de mon équipe qui m’a grandement appuyé dans cette aventure.  Le professeur Shultz de l’Université McGill a dit que j’ai été le meilleur ministre de l’Industrie des trente dernières années à cause de cette réforme.  Celle-ci a permis d’avoir plus de compétition, des prix plus bas et de meilleurs services pour les consommateurs.  Je suis très fier de cela. 

Q : Plusieurs militants conservateurs vous voient comme l’ultime successeur de Stephen Harper.  Lorsque votre chef va quitter la vie politique, avez-vous l’ambition de lui succéder à la tête du Parti conservateur et de devenir un jour, premier ministre du Canada?

R : Actuellement,  je fais mon travail de député de Beauce et de ministre d’État à la petite entreprise et du Tourisme.  Je n’ai pas de plan pour le futur et mes priorités sont de bien représenter les Beaucerons à Ottawa et de défendre la voie du Québec à la table du Conseil des ministres.  Je ne sais pas ce que l’avenir me réserve.  Je suis en politique pour défendre les principes de liberté et de responsabilité individuelle et je pense que les politiciens n’en parlent pas assez.  Je remercie les gens qui me voient dans une éventuelle course au leadership  mais je n’en suis pas là actuellement. 

Q : Pensez-vous que vous pourriez un jour changer d’idée concernant la chefferie du PCC si des députés conservateurs font  pression sur vous?

R : On ne sait jamais ce que l’avenir nous réserve.  Je prendrai cette décision lorsque le temps arrivera.  Actuellement, je ne suis pas en train de me poser des questions par rapport à cela.  Notre chef est bien en selle et il nous a permis de remporter deux élections en étant que gouvernement minoritaire et une majorité au dernier scrutin.  Je travaille en toute collaboration avec M. Harper

Q : Depuis les élections de 2008, le gouvernement Harper est très impopulaire dans la Belle province.  Comment expliquez-vous les déboires de votre parti au Québec?

R : À partir de 2006, l’ancien chef du Bloc québécois Gilles Duceppe a dépeint M. Harper comme étant un cowboy de l’Ouest qui n’était pas sensible aux préoccupations du Québec.  C’est faux et ce n’est pas la réalité.  Il y a une perception négative qui demeure par rapport à notre chef.  Je peux vous dire que M. Harper aime la Belle province et il commence toujours ses discours (même à l’étranger) en français.  Il sait que le Canada a été bâti en français et que Québec est la ville fondatrice du Canada.  On doit mieux communiquer nos politiques et être plus présent dans les médias.  Stephen Harper doit être plus présent dans la province pour contrer l’image négative qui est colportée par les partis d’opposition.  C’est un gros défi pour nous et on va travailler fort pour reconquérir le Québec. 

Q : Croyez-vous que les syndicats (et autre groupes progressistes) organisent des campagnes de dénigrement contre votre chef au Québec?

R : Effectivement, je pense que les syndicats font campagne contre nous lors des élections générales avec l’argent des cotisations syndicales provenant de leurs membres.  Regardons juste la dernière campagne électorale, les syndicats ont dépensé beaucoup d’argent pour défaire des candidats conservateurs.  C’est pour cela que l’on a déposé un projet de loi (qui va être en vigueur bientôt) qui va obliger les leaders syndicaux de divulguer leurs états financiers.    Il y a plusieurs syndiqués qui ne savent pas que leurs cotisations servent à faire de la politique.  Quand cela va être public, les travailleurs vont avoir la chance de poser des questions à leurs leaders syndicaux et ceux-ci vont devoir être plus transparents. 

Q : Depuis la récession économique de 2008, le ministre des Finances a déposé des budgets déficitaires.  Certains conservateurs dénoncent le fait que vous avez augmenté la dette publique fédérale depuis votre arrivée au pouvoir.  Est-ce que vous allez être en mesure de revenir à l’équilibre budgétaire comme promis en 2015?

R : Oui, c’est une volonté très importante pour notre gouvernement de revenir à l’équilibre budgétaire en 2015 afin de pouvoir baisser les taxes et les impôts des Canadiens. Lorsqu’on est arrivé au pouvoir en 2006, on a eu deux années de surplus budgétaire. Notre gouvernement a dû dépenser beaucoup d’argent pour faire face à la crise financière mondiale qui a frappé le pays en 2008.  On a relancé l’économie avec des dépenses publiques mais cela a créé un déficit et nous en sommes responsables.    Il faut revenir à l’équilibre budgétaire le plus rapidement possible parce qu’il faut redonner l’argent aux citoyens car ce sont eux qui créent de la richesse.  Notre gouvernement va éliminer le déficit en s’attaquant à la colonne des dépenses. 

Q : Adrien Pouliot est le chef du Parti conservateur du Québec.  Est-ce que votre parti pourrait créer des alliances électorales avec le PCQ afin de vous aider mutuellement?

R : Notre gouvernement ne se mêle pas de politique provinciale.  On respecte la Constitution canadienne et ses juridictions.  Notre parti ne va pas donner de directives à ses membres et supporteurs d’appuyer un parti en particulier.  Moi, je vais rester neutre même si le programme des conservateurs québécois est très près des idées que je prône.  

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *