8-Et si l’argent n’avait plus d’avenir ?

1. L’ARGENT, C’EST EMM……

On vous a sans doute déjà dit que l’argent ne faisait pas le bonheur. L’argent, ou pour être plus précis, la monnaie, non seulement ne fait pas le bonheur, mais est en fait un embêtement énorme. L’argent est un embêtement parce qu’il se perd, parce qu’il se vole, et surtout parce qu’il se cache.

Parce qu’on peut le perdre et qu’il peut être volé, l’argent est peu à peu en voie d’être remplacé. Chez les riches, d’ailleurs, il y a déjà longtemps que l’argent ne sert plus que pour les pourboires. Les riches paient par chèques, par traites et par lettres de crédit; ils ne se servent du papier-monnaie pour des montants significatifs que lorsqu’ils ont quelque chose à cacher.

Aujourd’hui, c’est au tour du monde ordinaire de laisser de plus en plus l’argent de côté et d’utiliser plutôt les cartes de crédit – au rythme de 60 milliards de dollars par année! – même pour de petites transactions comme payer son compte de restaurant ou acheter des billets d’avion pour les vacances. L’argent est en train de devenir inutile.

Vous voulez quelques chiffres? Il y a en circulation, au Canada, environ un milliard de billets de banques. Or, la somme des dépôts du public auprès des banques atteint 296 milliards de dollars – ce qui représente bien plus d’argent que la valeur totale des billets de banques en circulation – et il se fait chaque année au Canada pour 17 trillions de dollars de transactions bancaires ! Une partie minime de ces transactions se fait avec du papier-monnaie. Les pourboires, quoi… L’argent ne cause que des ennuis.

2. L’ARGENT ET SON ODEUR

Mis à part quelques originaux et ceux qui sont trop pauvres pour avoir le moindre crédit, les seuls qui préfèrent encore l’argent comptant sont les trafiquants de drogues, les receleurs et ceux qui veulent éviter de payer des impôts.

Si on décidait de remplacer l’argent par un système universel de crédit, on règlerait bien des problèmes et d’abord celui du vol. Non seulement parce qu’il n’y aurait plus d’argent à voler, mais surtout parce que quiconque volerait quelque chose n’en tirerait un avantage que dans la mesure où il pourrait l’utiliser lui-même – ou l’échanger directement contre autre chose qu’il puisse utiliser – ce qui ramènerait le « système économique » des voleurs à des milliers d’années en arrière, sans nuire en aucune façon aux échanges honnêtes.

Sans monnaie, fini le vol organisé à grande échelle, car toute transaction passant désormais par une institution financière et étant automatiquement enregistrée, les transactions honnêtes se feraient facilement mais il serait gênant, pour un receleur, par exemple, de verser au compte d’un voleur notoire un paiement pour des marchandises volées. Dès qu’un voleur serait pris, c’est tout le réseau qui serait démasqué.

Encore plus important, si tout paiement fait au pays devait être déduit d’un compte en banque et ajouté à un autre, il serait bien difficile pour un trafiquant de drogues ou tout autre commerçant illicite d’expliquer la provenance de l’argent qui entre à son compte. L’argent mal acquis devrait fuir vite le pays, illégalement et en devises étrangères. Compliqué…

3. TOUS ÉGAUX DEVANT L’IMPOT

Très difficile aussi, pour qui que ce soit, de cacher une part de son revenu si toutes ses entrées doivent être déposées à un ou plusieurs comptes à son nom; la fraude fiscale serait réduite dans des proportions incroyables, ce qui serait un avantage énorme pour le monde ordinaire. Pas seulement un avantage pour ceux qui touchent un salaire et subissent des déductions à la source, mais un avantage pour tous ceux qui ne fraudent pas l’impot de sommes colossales..

A première vue, certains qui trichent un peu aujourd’hui sur leurs rapports d’impôt pourraient croire qu’ils seraient perdants dans un système qui mettrait clairement tous les revenus à jour. Mais ils se trompent. Ils ne réalisent pas que leurs petites tricheries ne représentent que des poussières, à côté des baisses d’impôt spectaculaires que permettrait le fait de récupérer la part de ceux qui trichent sérieusement, pour des dizaines et, globalement, des centaines de millions, voire des milliards de dollars chaque année.

N’était-ce que pour ces avantages de réduire le vol et de rendre l’impôt honnête, il vaudrait déjà la peine de remplacer notre « argent » par autre chose; mais, en fait, la monnaie ne sert plus à rien: l’argent n’a plus d’avenir. Il y a quelques siècles, il était bien commode, au lieu de troquer une poule pour un sac de farine ou un fer à cheval pour une consultation médicale, de s’échanger des bouts de papier dont l’État garantissait la valeur et avec lesquels on pouvait ensuite acheter ce qu’on voulait. Désormais, avec l’informatique moderne, cette méthode n’a plus de sens.

4. L’ALTERNATIVE ELECTRONIQUE

Plus de sens, parce qu’au lieu de traîner des bouts de papier qu’on peut perdre ou se faire voler, il vaut bien mieux avoir un « crédit » à son nom dans une banque et exécuter toutes ses transactions simplement en faisant des additions et des soustractions entre les comptes. C’est une alternative qui est désormais possible par l’électronique et l’informatique… et qui fait que l’argent n’a plus d’avenir.Se débarrasser du papier-monnaie serait un gain extraordinaire pour le monde ordinaire. Comment, concrètement, peut-on en arriver à ce résultat? D’abord, chaque institution financière de dépôts reconnue au Québec – banque, caisse, trust – serait requise d’émettre une « carte de virement » à tout Québécois de 16 ans et plus qui en ferait la demande.Cela devrait se faire sans difficulté, puisque cette « carte de virement » ne créera aucun risque pour l’institution. Elle ne fera que donner au détenteur de la carte accès à l’argent qui est déposé à son compte, ainsi qu’à la marge de crédit qui lui a déjà été consentie par l’institution elle-même. Exactement comme les cartes qui donnent maintenant accès aux guichets automatiques.En fait, ce sera la même carte, à ceci près qu’elle n’émettra pas de billets, mais virera la somme voulue sur le compte de banque relié au lecteur de cartes de virement dans laquelle elle sera introduite. Chaque vendeur de biens ou de services se munira d’un de ces lecteurs, lequel permettra de communiquer directement avec l’institution émettrice, d’effectuer immédiatement la transaction et d’obtenir la confirmation du virement.

5. LE FONCTIONNEMENT

La mise en place de ce système ne dépend pas de quelque miracle technologique: ces lecteurs existent déjà sur le marché et le prix en est modeste. Il suffit de décider de le faire. Que se passera-t-il lorsque chaque individu aura sa carte en main et que les lecteurs seront en place?

L’acheteur, en insérant sa carte dans un lecteur, pourra transférer la somme voulue de son compte au compte d’un marchand ou d’un autre individu. L’appareil lui remettra une preuve de cette transaction, indiquant à partir de quel compte et vers quel compte la somme a été virée.

Naturellement, on ne demandera pas pour ce genre de transaction la signature du payeur, trop facile à imiter, mais un numéro de code qu’il aura choisi lui-même et qu’il introduira discrètement dans l’appareil. Il pourra modifier à tout moment ce code, en se présentant à l’institution financière émettrice de sa carte. Exactement comme pour les cartes de guichets automatiques actuelles.

Pour chaque individu ou société, il doit y avoir un seul numéro d’identification de base; on doit savoir avec qui on traite. A partir de ce numéro de base, toutefois, le détenteur pourra ouvrir autant de comptes que le requiert sa propre comptabilité, chaque compte étant identifié par un numéro supplémentaire.

Dès que chaque adulte aura sa carte et chaque marchand son lecteur de cartes, l’utilisation du papier-monnaie pour des fins honnêtes baissera rapidement, puisque la carte de virement est plus pratique pour le marchand comme pour l’utilisateur.

6. LES BILLETS AU RANCART

Pour le marchand, la carte de virement est totalement sûre et son usage est gratuit. Pour le payeur aussi la carte de virement sera plus pratique, puisqu’il négociera son crédit en bloc auprès de son institution financière et aura ainsi accès en tout temps à toutes ses disponibilités.

Tout le monde commencera à utiliser la carte de virement parce qu’elle est plus pratique, et l’État pourra donner un coup de pouce supplémentaire en retirant de la circulation les billets de banques. D’abord les gros billets; ce n’est pas une trouvaille, car bien des pays n’ont déjà pas en circulation de billets de banque d’une valeur supérieure à 20 $.

C’est une première limite qui semble raisonnable, car il n’est pas nécessaire d’être très musclé pour porter 100 billets de 20 $ dans sa poche, et il n’est pas facile de trouver une raison honnête d’avoir plus de 2 000 $ sur soi, quand une carte de virement vous donne accès, à quelques minutes d’avis, à tout le crédit qu’on possède au monde.

Donc, élimination dans les trente jours de l’entrée en vigueur du système, de tous les billets de 1 000 $, de 100 $ et de 50 $. Ceux qui en possèdent n’auront qu’à faire créditer leur compte en banque de la valeur de ces billets. Après trente jours, on pourra encore le faire… mais il faudra alors donner des explications. Quelques explications en perspective pour ceux qui détiennent des sommes significatives non déclarées dans un coffret de sûreté. Gênant, oui, mais croyez-vous vraiment que c’est le monde ordinaire qui aura des explications à donner?

7. LA FIN DE L’ERE DU GRISBI

Que faire pour effectuer un paiement à quiconque n’est pas vendeur de biens et services et ne s’est donc pas muni d’un lecteur de cartes? Il sera facile d’utiliser le téléphone pour effectuer par codes une transaction de compte à compte; la technologie pour cela existe déjà. Il ne serait pas beaucoup plus compliqué de modifier les téléphones publics pour qu’ils émettent aussi aux parties une preuve de la transaction. Et, avec la diffusion et la miniaturisation croissante des téléphones cellulaires, chacun pourra bientôt avoir en poche son lecteur personnel.

Il ne restera plus, dans une étape finale, qu’à enlever les billets de 20 $ et de 10 $ de la circulation et à remplacer les billets de 2 $ et de 5 $ par des pièces, pour que tout le système des échanges fonctionne pratiquement de compte à compte sur informatique, les pièces demeurant en circulation pour les aumônes et la joie des collectionneurs. Il ne faut qu’une décision pour mettre en marche ce système de l’avenir. Pourquoi pas tout de suite?

2 pensées sur “8-Et si l’argent n’avait plus d’avenir ?

  • avatar
    19 juillet 2009 à 8 08 00 07007
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    Effectivement, si l’on regarde vers l’avenir, il est improbable que ces fichus billets de banque n’aient encore de raison d’être puisque, comme il a été si bien été expliqué ci-haut, les seules transactions qui ne peuvent être effectuées par carte doivent être un tant soit peut questionnable au point de vue légal. L’élimination d’une représentation physique de l’argent entraînerait automatiquement toute forme de crime où un individu se permet de croire qu’il peut s’enrichir en exigeant le contenu du tiroir-caisse d’un commerce ou celui du porte-feuilles du passant sur le trottoir.

    Il faut toutefois se souvenir qu’une fois tout l’argent virtualisé, l’économie de tout un Peuple sera à la merci des criminels éduqués, puisque qu’aucun réseau informatique ne peut être considéré comme étant infaillible et totalement sécuritaire.

    Soyons vigilants et Vive la Nouvelle Société!

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