États-Unis : la démocratie légalement corrompue

              LE YETI

Je serais américain des États-Unis, je n’aurais pas été voter à la présidentielle. Non pas en raison de la personnalité ou du projet des deux candidats en lice, mais parce que la démocratie y est désormais ouvertement et officiellement corrompue.

Entendu sur France Inter dimanche matin l’information suivante : le 21 juillet 2010, un arrêt de la Cour Suprême américaine a aboli le plafond de 5 000 dollars maximum autorisé pour chaque don privé à un candidat.

Dons désormais illimités, à peine assortis de trois conditions faux-cul en diable :

  • l’obligation de dévoiler l’identité des donateurs… mais avec possibilité pour ceux-ci de s’abriter derrière une personne juridique ;
  • l’interdiction de verser ces dons directement aux candidats… mais via des groupes appelés super-PAC (Political Action Comittee), ce qui revient strictement au même ;
  • l’affectation des sommes recueillies au seul financement de spots publicitaires, à l’exclusion de tout autre utilisation, ben tiens !

L’impérieux besoin d’auto-illusion

Bref, plus hypocrite tu meurs ! En clair les riches peuvent donner tout le pognon qu’ils veulent le plus anonymement du monde pour influer sur la politique des candidats… et leur réclamer des comptes au final.

On voit le profit que peuvent en tirer les lobbies omnipotents, les mafias fortunées.

On comprend pourquoi tous les records de dépense ont été dépassés lors de cette présidentielle de 2012 sauvagement dérégulée. On parle de plus de 6 milliards de dollars, loin des 432 petits millions recueillis “régulièrement” par Obama, et des 274 misérables millions de Romney.

On saisit mieux pourquoi, à côté des deux candidats officiels, nul n’a jamais entendu parler des candidats tiers, juste inscrits sur les listes pour faire genre.

Et la démocratie là-dedans ? Mercredi 7 novembre, à l’heure du bilan, la plupart des commentateurs comme de leurs auditeurs ont préféré ignorer cette réalité crue, tant est grand, dans le marasme désenchanté ambiant, le besoin de s’auto-illusioner encore un peu sur ce qui n’est plus que pure charlatanerie.

Le Yeti

( Photo de Ayn Rand, l’égérie de la Droite)

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