Etats-Unis : Le bon choix

Il semblerait bien que les solutions mises en place aux Etats-Unis dans le cadre de leur lutte contre la récession soient les bonnes. S’il est vrai que l’Occident traverse une crise grave  principalement due à l’hyper fragilité des comptes de son secteur privé, le retour à la croissance ne peut se réaliser qu’à la faveur d’un accroissement substantiel des dépenses publiques. Cette équation est en effet limpide car il est « mécaniquement » indispensable d’opérer des politiques publiques de relance qui auront un effet d’entraînement sur les entreprises et sur la consommation et ce afin d’éviter de renouveler les erreurs japonaises. C’est effectivement le précédent du Japon qui frappe les esprits car ce pays, qui subissait lui aussi une récession du fait d’un secteur privé aux comptes anémiques, s’est enfoncé dans une crise sans fin pour avoir privilégié l’assainissement fiscal aux stimuli économiques. La résultante fut une aggravation inévitable de la récession provoquée directement par les mesures d’austérité. 

Les réductions d’impôts tout récemment adoptées aux USA autoriseront ainsi un redressement – au moins provisoire – d’une activité économique qui aurait été condamnée à décliner dangereusement du fait des réductions des dépenses publiques. Les responsables économiques et politiques de ce pays ont en effet bien assimilé le fait que la politique monétaire (c’est-à-dire la variable des taux d’intérêts) n’était pas omnipotente. Et tant pis pour les esprits chagrins qui ne proposent nulle solution de rechange si ce n’est d’annoncer inlassablement le défaut de paiement américain ou l’hyper inflation à la Weimar… Contrairement à la majorité des nations de l’Union Européenne qui ont généralisé les mesures d’économie publique (parfois de manière excessive comme en Grande Bretagne), les Etats-Unis ont donc tiré les bons enseignements de la décennie perdue japonaise: En réalité, la croissance US de cette année 2010 n’aurait été possible en présence de mesures d’austérité et d’économie. 

L’analyse de la situation ayant prévalu au Japon ayant ainsi démontré que l’erreur fondamentale fut de mettre en place la rigueur alors même que la croissance y était en phase d’allumage. Ce désengagement de l’Etat dans une conjoncture encore incertaine – réitéré plusieurs fois – se traduisant à chaque fois par une aggravation supplémentaire du marasme auprès du secteur privé qui aurait néanmoins pu se relever définitivement s’il avait pu bénéficier du soutien public sur une période un peu plus longue… C’est pourtant la stratégie adoptée par l’écrasante majorité des nations Européennes qui se focalisent aujourd’hui exclusivement sur la consolidation fiscale alors que la récession ambiante nécessiterait plutôt des décisions un peu moins en ligne avec une orthodoxie dont les effets finiront pas aboutir au résultat inverse. Nos dirigeants économiques (tout comme ceux en place à la BCE) semblent ainsi obsédés par l’assainissement des comptes publics et privés même s’il est indiscutable que l’austérité ne fera qu’aggraver la récession.  

Il est vrai que les stimuli mis en place par les politiques publiques conduisent très rarement à une croissance suffisamment vigoureuse pour résorber durablement le chômage. Souffrant d’un taux de sans emplois proche des 10%, les Etats-Unis n’ont toutefois d’autre choix que de privilégier les stimuli susceptibles d’encourager l’activité et la production dans l’espoir que ces dernières prendront le relais en 2011 et que 2012 soit une année où les fruits d’une croissance solide permettront de commencer à remplir les caisses.

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