Exilé surplace (1/4)

«J’y suis, j’y reste ! C’est ce que doivent se dire ceux qui n’arrivent pas à en partir…»


J’ai trouvé, je suis perdu. La vue, ma vision ne reconnaissent pas l’horizon. Le décor est blanc et solitaire car le temps est parti depuis toujours. Ici, le plafond ne ressemble en rien à la chape de plomb céleste dès lors que son vis-à-vis admet ne plus vouloir se dérober sous le poids de ses péchés. Il n’y a rien à quoi se raccrocher et personne à percuter. Moi, je suis assis en tailleur sur cette bande passante sans début prometteur, sans fin salutaire ni escales exotiques. Pas d’obscurité originelle ni de silence primaire et encore moins de big bang aux alentours…

Pas de lumière divine ni de tunnel rédempteur et encore moins de Bible dans le cœur… 

 Je n’ai plus toute ma tête. Le bocal est fêlé. L’eau prend la tangente puisque qu’aucun soleil ne viendra le traverser. Ma mémoire de poisson rouge me protège pour encore quelques instants des remises en question que désigne cette captivité sans futur. Or, je n’ai pour seul paquetage qu’un jean lessivé dont les coutures l’abandonnent et une chemise froissée surmontée d’une cravate taupe et tachée par la machine à café. 

Alors que les Hommes ont de la terre ici et là pour s’inventer une mère universelle, mes semelles, orphelines,  sont vierges de tout périple à la recherche du temps perdu. Seul au monde, touriste en puissance et colon en devenir, j’oscille entre Patrick McGoohan et Ricardo Montalbàn.

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