Exilé surplace (2/4)

Ici, là, maintenant, l’air ne manque pas, mais je suffoque devant l’infini et le vide. Si la moindre brise faisait une pause dans mon huis clos, aucune nature, même morte ne viendrait corroborer les faits. Et je fais que pâle figure et j’aurais grand plaisir à contempler un mirage à la hauteur de mon absurdité ordinaire. Tandis que je traque le moindre écho à mes questions intimes, la tapisserie reste stoïque à toutes mes salves d’insultes. Et puis je n’ai pas assez de liquide pour pleurer en canon et plus suffisamment de haine pour hurler à la face de ce monde qui m’a fait sien par peur de mon imagination cannibale. 


Non, je dois définitivement choisir entre rêver ou sombrer. Il ne peut en être autrement parce que le cauchemar, c’est les autres. 
Plus de montre, plus de temps, plus de retard. Et finalement plus personne à convaincre entre les nécessités apprises par cœur et les lubies ne répondant qu’à mon bon vouloir.

Je pouffe ! Non ! Je souris ! Non ! Je ricane ! Non ! J’éclate de rire quitte à en mourir.  À court de salive, les commissures de mes lèvres sont au bord de la rupture, j’arrête de me pincer pour me réveiller et de me réconforter afin de me relever. La bataille s’achève sans plus de raison qu’elle n’avait commencé.

Mon afro est en désordre, en plein désarroi après les passages frénétiques de la prise de tête et les empreintes de mes doigts crispés et moites. 

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