Force Québec ou Capitulation Québec ?

La création annoncée d’un nouveau parti politique fédéraliste et de droite (comme si cela manquait au Québec), articulé autour de François Legault et Joseph Facal, ne peut que laisser songeur. Deux ans après la mort annoncée de l’ADQ et sept ans après que Jean Charest ait promis sa propre révolution du « bon sens » inspiré des réformes de droite de l’ancien premier ministre ontarien Mike Harris, c’est encore une fois la même rengaine: une nouvelle bande de joyeux politiciens s’improvisent guérilleros du grand capital pour lutter contre « l’immobilisme ». Les visages changent, mais le but demeure: en finir avec une social-démocratie qui empêche les mieux-nantis de s’en mettre plein les poches.

Typiquement, une fois au pouvoir, ou près de celui-ci, les mentalités finissent par évoluer. On se rend compte, chiffres à l’appui, que le modèle québécois est de loin supérieur à beaucoup d’autres modèles dans le monde. Nous sommes plus en santé, notre dette est dans la moyenne des pays de l’OCDE, nos bas frais de scolarité encouragent l’accessibilité, nous enrichissent, et ceux qui ont appliqué les recettes des « Lucides » sont aujourd’hui ruinés. On constate également que la population est capable de se mobiliser, que les syndicats, représentant démocratiquement leurs membres, sont en mesure de s’opposer à la mise aux enchères de notre bien commun. Les positions finissent ainsi par s’adoucir et on réalise, finalement, qu’il vaut mieux respecter la population et y aller à petits pas.

Or, cette fois-ci, on nous promet que ce sera différent. Contre l’immobilisme! Contre le statu quo! Pour une fois, on va réellement bouger! Alors que les trois quarts des Québécois veulent la démission d’un premier ministre ayant trop jouer à touche-pipi avec le privé, on nous en promet davantage! Alors que les mouvements de citoyens ont permis de faire reculer le gouvernement libéral lorsqu’il exagérait dans ses réformes (Mont-Orford, Suroît, etc.), on nous promet presque, pour mieux vendre sa salade, que la population ne sera plus écoutée. Pour en finir avec l’immobilisme, on va tout brûler.

On a parlé d’appeler ce parti « Force Québec ». Pourquoi pas. En Italie, ils ont le Forza Italia, parti d’un Berlusconi qui transforme en échec pour la population tout ce qu’il touche. Au moins, on saura à quoi s’attendre!

Le cas Facal

Joseph Facal représente à lui seul tout ce qui ne marche pas en politique au Québec actuellement. Belle-mère péquiste parti pelleter des nuages, il a passé les dernières années à parler d’indépendance, d’identité et de culture québécoise dans les pages du Journal de Montréal de Pier-Karl Péladeau. L’indépendance, oui, mais pas pour tout le monde. Et certainement pas pour le lockouté qui vit dans la misère depuis un an et demi parce que M. Facal a décidé d’encourager Quebecor.

Une indépendance proprette, déconnectée de sa base, loin des préoccupations du citoyen lambda. Une indépendance tout à fait hostile à la réalité d’un combat de libération nationale ayant toujours marché main dans la main avec la libération collective des travailleurs, des chômeurs et des moins-nantis.

J’ai connu plusieurs Péquistes qui ne juraient que par lui. Et moi, je leur disais: « ce type n’est pas de notre côté ». Qu’importe, qu’on me répondait, car il est indépendantiste! Et bien non, il ne l’est plus. Il a décidé de la rejeter aux calendes grecques, ce qui ne saurait surprendre quand on part du principe que tout projet de libération collective basé sur des prémisses économiques hyper-individualistes ne fait pas de sens. Facal était indépendantiste parce qu’il voulait un pays « sur la mappe », pas par un quelconque désir d’inventer une société différente permettant d’assurer à la fois la survie du français ET une réduction des inégalités sociales. Pour lui, l’indépendance du Québec ne constituait qu’une façon supplémentaire de l’enchaîner aux accords économiques internationaux et d’y appliquer des réformes économiques qui ont déjà prouvé leurs échecs un peu partout.

Il tente maladroitement de se justifier sur son blogue en parlant de la nécessité de gouverner à court terme – et d’oublier l’indépendance – afin d’infléchir une situation qu’il considère comme catastrophique. Encore une fois, notons-le, avec le thème archi-utilisé des « Lucides »: nous serions trop endettés (ce qui est faux, Lisée l’a noté). Facal y va même d’une loufoquerie: « Les gouvernements ne peuvent plus emprunter ni hausser les impôts pour se financer. » Étrange, ne trouvez-vous pas, qu’après avoir baissé les impôts des mieux-nantis pendant une décennie, jusqu’à un point où ils sont parmi les plus bas des pays industrialisés, il se refuse jusqu’à considérer une saine hausse de ceux-ci?

C’est le principe qu’avait si bien expliqué Josée Legault: on affame la bête étatique en préparant le démantèlement de l’État-providence. À chaque période de croissance, on réduit les impôts, et à chaque recul de l’économie, on coupe les services et augmente les tarifs régressifs. On coupe les impôts, et cinq minutes après l’avoir fait, il est trop tard, on ne peut plus les hausser. On appelle cela un aveuglement idéologique.  On appelle cela une capitulation.

Si Facal se contentait de parler de culture, de langue et d’identité; s’il gardait ses thèses de l’extrême-droite économique pour APRÈS l’indépendance, on pourrait presque le trouver sympathique. Mais quand il torpille le projet indépendantiste et cherche à dépecer notre État pour satisfaire sa soif de pouvoir et son penchant idéologique de droite, il devient une nuisance.

La seule chose qu’il prouve, outre son profond manque de jugement, c’est la nécessité pour le Parti Québécois d’adopter un échéancier rapide et clair pour l’indépendance, sous peine de finir écartelé entre son aile-gauche et son aile-droite. En ce sens, Facal nous est très utile: il expose clairement le manque de leadership de Pauline Marois et l’incapacité du PQ à faire la seule chose pour laquelle il devrait exister: l’indépendance du Québec.

La seule Force dont le Québec a besoin, en ce moment, c’est celle devant mener à la libération nationale et commune de ses citoyens, à la fois du carcan canadien et des idéologues désirant privatiser notre bien commun et nous appauvrir collectivement.

Et à court terme, cela signifie tourner le dos aux traîtres comme Joseph Facal et sa Force Québec qui, aveuglés par leur idéologie passéiste, risquent de nous éloigner de notre mieux-être.

Plus que jamais, la vraie force ne consiste pas à se plier aux diktats économiques des grandes entreprises et des lobbys de droite, mais de se tenir debout pour le plus grand nombre de citoyens.

Ce n’est peut-être pas Force Québec, finalement, qui devrait constituer le nom de ce mouvement, mais bien Capitulation Québec.  Quand nous sommes agressés au quotidien par une idéologie ayant fait tant de ravage partout sur la planète, l’immobilisme constitue peut-être un moindre mal…

Louis Préfontaine

http://louisprefontaine.com/2010/10/07/force-quebec-joseph-facal

9 pensées sur “Force Québec ou Capitulation Québec ?

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    8 octobre 2010 à 18 06 25 102510
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    j’ai écrit, il y a quelques temps déjà, que la majorité au Québec était de centre-droit, de tradition duplessiste et en déshérence d’un parti où elle se reconnaisse depuis la disparition effective de l’ADQ.

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2009/07/13/adequistes-surprenez-nous/

    J’ai aussi écrit que c’est sans doute Legault qui jouerait le rôle de l’homme providentiel pour cette majorité. il aura le choix de mener ses gens à la conquête du PQ ou du PLQ, selon ce qui semblera opportun, comme de s’y fondre ou de demander le ralliement des lambeaux de ce parti à une nouvelle appellation si les sondages montrent que c’est que que préfèrerait la
    population.

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2009/06/25/francois-legault-en-reserve-de-…-on-verra-bien/

    Je n’avais pas prévu, cependant, qu’il s’attacherait la charrette Facal et je ne suis pas encore persuadé qu’il le fera. S’il va au bout de cette alliance, je crois que ça compliquera la donne.

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    13 octobre 2010 à 3 03 57 105710
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    Joseph « Judas » Chacal est probablement le pire sioniste dans tout le paysage politique québécois! Aussi pire qu’un néocon de l’ère bushienne! (Et c’est peu dire.)

    ONU : La fabrique de la haine, par Joseph Facal
    http://www.josephfacal.org/la-fabrique-de-la-haine

    Dans cet article il défend la thèse des néocons et des sionistes selon laquelle l’ONU est antisémite et raciste envers Israël!

    C’est dire que Force Québec sera le parti d’un sioniste écumant, doublé d’une âme de psychopathe. Et financé vraisemblablement par les vautours du « monde des affaires »… (qui nous a d’ailleurs donné Labeaume, pour ne citer qu’un cas extrême.)

    Ce mouvement doit être euthanasié de manière préventive avant qu’on se retrouve pogné avec un monstre incontrôlable!

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      13 octobre 2010 à 13 01 19 101910
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      Et on n’a de cesse de nous l’imposer dans les médias de propagande (Bazooo TV et journal de Mourial); on se demande vraiment pourquoi?

      Ce sociologue, diplomé par correspondance de la Sorbonne, nommé un temps au conseil du trésor, (au bureau (GRE) ça été la farce du mois à cette époque) n’a que les apparences d’un intellectuel, que les apparences. De la même cuvée que les Stephane Dion, ce sont les médias qui nous les ont habillés en intellectuels.

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        14 octobre 2010 à 8 08 50 105010
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        Effectivement Denis. De plus, comment un sondage peut-il donner gagnant un parti qui n’existe pas, qui n’a pas de programme et qui bref, offrira la même chose que l’ADQ, mais mieux déguisé? N’importe quoi!

        C’est de la manipulation! On conditionne les prolétaires à se préparer à leur triste sort, prévu par la «charte» des bourgeois et de leurs sbires crasses. Les oracles, tels Elgrably, Martineau et toutes ces autres pourritures opportunistes, ne sont que des conditionnements à nos futures conditions. Ils préparent notre cerveau à cette conciliation de classe, on ne peut plus avantageuse que celle qui existe déjà.

        Il faut effectivement tuer le poussin dans l’oeuf. Espérons sinon, que le prolétariat ne sera pas aussi dupe que le prétendent les anarchistes comme Chomsky…

        Il faut faire table rase! Tasser ces pourritures, mais surtout, se débarrasser enfin du système capitaliste, qui permet l’existence de ces pourritures, et des sbires qu’ils se paient.

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    13 octobre 2010 à 21 09 29 102910
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    Une troisième voie de merde pour endormir le peuple? Une autre fausse option remplie des mêmes connards qui ne représentent pas le peuple, mais bien leurs intérêts personnels et ceux du secteur privé?

    Mes frères et soeurs, allez-vous tomber pour cette nouvelle illusion?

    Cessons de tomber pour ces mensonges.

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      14 octobre 2010 à 8 08 54 105410
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      Effectivement François, «as usual» comme disent les colonisés.

      Même vin amer, dans une nouvelle bouteille! Ce sont pourtant les mêmes capitalistes, avec les mêmes intérêts, entrant donc en contradiction avec ceux des prolétaires majoritaires, et on ne peut dire à l’avance que le prolétariat verra clair à ce jeu, malheureusement. Ils ont failli se laisser prendre en 2007, rappelons-nous en! L’ADQ avait failli prendre le pouvoir et au nom du changement, les prolétaires avaient failli accepter de rehausser ce qu’ils n’aimaient pourtant pas du libéralisme à la Charest! Faut le faire!

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    14 octobre 2010 à 8 08 26 102610
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    Excellente analyse monsieur Préfontaine!

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    14 octobre 2010 à 9 09 04 100410
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    La «droite» n’est pas innée chez le Québécois, elle lui est un conditionnement, l’amenant peu à peu à ces valeurs, qui ne visent aucunement les intérêts du prolétariat.

    Autrement dit, la nature humaine n’existe que dans notre ignorance, du fait que la nature elle-même, est une condition d’un long conditionnement que nous ignorons volontairement et/ou, maladroitement. La nature humaine n’existe donc pas vraiment. D’ailleurs, les natures humaines sont différentes d,une nation à l’autre, parce que les conditionnements y sont différents aussi.

    Les Québécoises et Québécois furent conditionnés pendant des décennies à détester les «socialisses» et les «communisses» par les bourgeoisies locales, en vue d’une assurance de la docilité du peuple québécois. Ce dernier n’est donc pas de nature individualiste, mais fut visiblement et manifestement conditionné à développer une telle nature, par l’oligarchie d’alors, et celle d’aujourd’hui.

    On peut donc dire, d’un pays socialiste qui aurait un bon fonctionnement, que ses habitants seraient de «nature humaine de gauche», si nous tenions de tels propos et nous engagions à reconnaître quelconque nature humaine.

    Moi, par exemple, je n’ai pas cette nature, à vouloir exploiter mon prochain. Je n’envie pas la bourgeoisie. Ça ne fait pas partie de ma nature.

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