Foutu « schiste » de gaz!!!!

         Bon! Mon Ti-Loup m’a demandé d’être sérieux pour deux « schiste » de minutes, parce qu’il est très inquiet au sujet de  l’environnement qui lui permet de survivre actuellement. Je vais donc faire tout mon possible pour lui plaire.

       Nous allons essayer de clarifier la situation au sujet du gaz de schiste. Les infos arrivent de tout bord et tout côté pour nous étourdir, afin que nous laissions la décision entre les mains de ceux qui y ont tous les intérêts.

       Ce sera un dernier soubresaut pour éviter de perdre la réalité de vue. Nous allons regarder les articles sur le sujet, selon leur présentation publique chronologique. Habituellement, ça donne de bons résultats.

      Voyons, avant de commencer, la technique employée pour « reconnaître la quantité de gaz disponible » c’est-à-dire : pour « l’exploration ». En fait, si c’est la même technique que pour l’extraction elle-même, on est cuit. :

 

« Le principe de cette technique est assez basique. On commence d’abord par forer un puits pour atteindre une couche de roche appelée schiste, laquelle se situe entre  1 000 et 3 000 mètres de profondeur.

       Un camion pompe injecte un liquide (eau, sable et 632 produits chimiques) à une pression suffisante pour fractionner la couche de schiste. Le liquide de fracturation, propulsé à 600 bars de pression dans le puits pousse le gaz vers la surface par le puits de forage.

       Évidemment, la pression pousse également les gaz par les anfractuosités dans la pierre vers la shale de Lorraine qui se trouve au-dessus, et vers l’eau fortement salinisée qui se trouve sous la couche de schiste. De sorte qu’à la fin, toute l’imperméabilité de chacune des couches est annulée. »

     Il ne faut quand même pas nous prendre pour de parfaits imbéciles!!!

       Cette technique est plutôt « secrète » on ne la décrit pas tellement. Probablement à cause des répercussions logiques faciles à déterminer. Au Québec, plus de 500 permis d’exploration ont déjà été émis.

      Les principaux « mauvais points » donnés à l’exploration et à l’extraction du gaz de schiste sont à trois niveaux :

1)  l’utilisation de quantités astronomiques d’eau pour les différentes fracturations,

2)  la pollution des nappes phréatiques en raison des fissures et, plus localement,

3) la sécheresse endémique qui frappe suite à la fracturation.

         Je le répète : Au Québec, plus de 500 permis d’exploration ont déjà été émis.

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 Publié le 22 janvier 2011 à 06h00

Gaz de schiste: l’acceptabilité sociale d’abord

 Jean Baillargeon
L’auteur réagit à l’opinion d’Yvan Loubier intitulée «Au pays des moratoires» qui a été publiée samedi dernier.*

* L’auteur est expert-conseil en communication et développement stratégique et ex-conseiller principal au cabinet de relations publiques National.

     Ceci signifie que l’auteur ne parlera pas du tout du gaz de schiste; ce n’est pas son domaine.

    Il parlera de la « façon de présenter » le projet au peuple pour que celui-ci n’ait aucune objection.

   Allez m’expliquer pourquoi cette photo qui dit non au gaz de schiste se trouve à l’entête de cet article? Je ne le comprends pas; et je considère que cette photo est très près de la ligne de démarcation de la fausse représentation.

    Mais voyons ce qu’il a à dire :

J’ai été surpris de lire la thèse de mon ex-collègue, qui prétend que le Québec est condamné à l’isolement, à l’appauvrissement et au sous-emploi, si nous réclamons des moratoires dans l’exploitation des ressources naturelles, notamment le gaz de schiste, les éoliennes, l’uranium et le projet pétrolier Old Harry dans le golfe Saint-Laurent. En communication, on appelle cela une tentative de diversion ou l’art de noyer le poisson.

      Moi j’appelle ça présenter des « épouvantails » pour faire accepter, par la peur, quelque chose qui me paraît tout de suite très douteux à cause, justement, de l’épouvantail.

Comme le mentionne M. Loubier tout est une question d’attitude et il devrait faire oeuvre utile en convainquant ses clients de modifier leur approche et leur attitude face à la population québécoise, qui n’a pas à avoir honte d’exiger une «acceptabilité sociale» dans un projet d’exploration de ressources naturelles.

     Comme on le voit, il n’est pas question des dangers de cette « exploration »; il est question de présentation du projet pour qu’il ne fasse pas de remue-ménage.

Faut-il rappeler aux entreprises de ne pas prendre les Québécois pour des valises et qu’ici nous sommes plus libres de nous exprimer et de nous informer comparativement à beaucoup de pays dans le reste du monde, prétendument plus accueillants envers l’industrie d’exploration des ressources naturelles.

     Évidemment, envoyer des fleurs avant la présentation est de mise. C’est l’ABC des relations publiques.

Le meilleur exemple, c’est le changement de cap d’Hydro-Québec, qui a compris qu’elle ne pourrait développer l’énergie éolienne s’il n’y avait pas au préalable une «acceptabilité sociale» des projets, un critère qui fut exigé lors de son deuxième appel d’offres de bloc d’énergie. Cette condition imposée aux entreprises n’a pas, à ce que je sache, traumatisé d’éventuels investisseurs, mais a plutôt ramené un climat de paix sociale dans les régions où sont implantés les futurs parcs éoliens. Ainsi, les entreprises informent les élus municipaux et les citoyens avant d’entreprendre des travaux et non après le début des travaux. Qui exige maintenant un moratoire pour l’industrie éolienne?

      Explication rationnelle d’un objectif pour contrer les objections raisonnables du citoyen.

Grâce à la désastreuse tournée d’information organisée par le cabinet de relations publiques National pour le compte de l’Association des entreprises de gaz de schistes, il est devenu évident pour le gouvernement du Québec que les permis octroyés ont été prématurés, et cela, faute d’expertise gouvernementale appropriée pour comprendre cette nouvelle industrie sur le territoire du Québec.

     Évidemment, « comprendre cette nouvelle industrie » est nécessaire à sa présentation au public, sans éveiller des inquiétudes. On ne peut dire le contraire

Même la ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, a avoué l’erreur du gouvernement de n’avoir pas suffisamment informé au préalable les citoyens et les élus municipaux des impacts de ce nouveau type d’exploration, alors méconnu du grand public.

      Le gouvernement n’a aucun intérêt à informer les citoyens des impacts réels susceptibles de se produire dans ce nouveau type d’exploration.

     Et surtout il ne s’y sent pas du tout obligé. Il est convaincu d’être le seul apte, et surtout le seul à détenir le « pouvoir » d’assurer la sécurité de la population.

     Son seul problème devient donc de s’assurer que sa décision sera accueillie favorablement. C’est alors qu’une question de marketing envers de la population et non une question de sécurité.

 Dans un tel contexte, les citoyens et les élus municipaux agissent de façon responsable en exigeant un moratoire sur l’exploration du gaz de schiste.

      Autrement dit, les citoyens sont inconsciemment réceptif à cette notion de son « exclusion » au niveau de la décision du gouvernement. Ils sentent très bien que celui-ci s’approprie exclusivement la responsabilité de leur sécurité vitale à tous.

     Ce qui n’est pas du tout rassurant face à un gouvernement qui est soupçonné et prouvé, de défendre ses intérêts personnels.

Il n’y a pas d’opposition systématique aux grands projets au Québec, il y a seulement des entreprises mal préparées et mal conseillées à la réalité sociale, culturelle et économique du Québec.

      Ceci est vraiment de noyer le poisson.

     En réalité, il y a une inquiétude très importante de la population sur les conséquences nocives de ce genre d’exploration.

     Et leur inquiétude est justifiée par les résultats obtenus partout ailleurs sur le continent, par ce genre d’exploration du gaz de schiste. 

    C’est ce que cet article tente de faire oublier.

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       Mais quelle différence y a-t-il entre l’exploitation normale et l’exploitation  par fracturation???

Un simple dessin l’explique très bien :

 

 Publié le 08 février 2011 à 07h16 |

Un éminent géologue sonne l’alarme

Charles Côté

Si le Québec va de l’avant avec l’exploitation du gaz de schiste, il risque d’être aux prises à jamais avec la pollution de l’eau souterraine, selon le géologue Marc Durand, qui a enseigné pendant 25 ans à l’UQAM, jusqu’à sa retraite, en 1999.

       Voici donc, l’opinion de quelqu’un qui n’est pas du tout impliqué, ni dans le « marketing » du produit, ni dans sa mise en marché et définitivement loin des intérêts financiers et économiques que ce produit génère.

      Il a donc tout intérêt de donner « l’heure juste » sur le sujet.

      En fait son intérêt est exactement le même que celui de la population en général.

Il croit que l’industrie sera partie depuis longtemps quand les problèmes apparaîtront. «Il faut prendre une échelle de temps comparable aux déchets nucléaires, dit-il. Il faut être capable de dire ce qui va se produire dans 50 ans, dans 200 ans. Une police d’assurance en ce sens serait prohibitive. Qu’ils aillent à la Lloyd’s, à Londres, pour voir.»

«Le volet comptable du plan d’affaires de l’industrie du gaz de schiste n’inclut pas le coût de la prime de risque, dit-il. Et c’est pour ça qu’on parle de rentabilité, parce que le risque est repassé au gouvernement du Québec

      Le coût de la prime de risque est laissé au gouvernement du Québec; ce qui signifie que c’est « nous » qui déboursons. Mais qu’est-ce que ce « coût de la prime de risque » précisément? Nous le verrons peut-être plus loin.

Il affirme que la roche qui contient le gisement gazier, le shale d’Utica, sert actuellement de barrière contre les couches géologiques plus profondes, qui contiennent de l’eau très saline.

«Avec un forage à tous les kilomètres carrés, on va couvrir 10 000 km2, dit-il. La quasi-totalité de la formation de shale d’Utica sera fracturée. (Parce qu’on fracture à tous les forages) Le shale deviendra beaucoup plus perméable (et même complètement perméable). Au moins 1000 fois, peut-être 1 million de fois. Et en dessous de l’Utica, il y a de l’eau très fortement saline et minéralisée, de 10 à 12 fois plus salée que l’eau de mer. Au-dessus de l’Utica, il y a le shale de Lorraine, qui n’est pas une formation uniforme. On ne connaît pas beaucoup les fractures et les zones perméables dans le Lorraine.»

      Une telle représentation de la situation géologique est indispensable pour comprendre les dangers en présence. Merci M. Durand. Mais je vous laisse continuer.

Il affirme que l’injection à très haute pression des liquides de fracturation peut perturber la séparation naturelle des eaux douces près de la surface et des eaux qui deviennent de plus en plus salines à mesure qu’on pénètre en profondeur.

     C’est bien évident, si l’imperméabilisation du shale d’Utica est annulée.

«C’est vrai que, dans un état naturel, il existe une telle stratification, dit-il. Mais si on modifie la perméabilité des couches et qu’en plus, on augmente la pression en profondeur, ça change complètement tout. (En fait tout le système est bousillé; c’est assez clair).L’eau saline va trouver des chemins, en plus de tout ce qu’ils auront injecté et qui n’aura pas été repompé, donc qui circulera aussi.»

M. Durand connaît bien la géologie du sud du Québec, en particulier le shale d’Utica : il l’a ausculté pendant le creusage du métro et de la conduite principale d’égout menant à l’usine d’épuration de Montréal. «On en avait profité pour faire des recherches parce que c’est rare d’avoir accès au sous-sol à aussi grande échelle

     Autrement dit, il a profité d’une situation rare que les ingénieurs en forage ne rencontrent jamais. Son « expertise » est d’autant plus exacte et précise.

      Ce qui me surprend un peu et qui ajoute à mes inquiétudes, est que cette shale d’utica ne se trouve pas à une aussi grande profondeur que je le croyais, puisque le creusage du métro permettait de l’étudier. C’est loin du 1 000 mètre minimal dont on parlait plus haut.

     Cela ne laisse pas tellement une « grande épaisseur » du sol où circule l’eau actuellement potable.

Il n’est pas rassuré par l’industrie, qui a remis au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) des études réalisées au Texas et en Pennsylvanie.

Ces études montrent que les fissures produites pendant l’hydrofracturation se font à une profondeur telle qu’elles n’atteignent jamais la nappe d’eau potable souterraine, ou aquifère.

«Ça ne prouve rien, dit-il. Les graphiques ne montrent pas du tout la géologie entre la zone de microfracture et les aquifères près de la surface. On ne voit pas les failles naturelles et la nature des roches. L’eau a pu s’engouffrer par une fracture naturelle et aller beaucoup plus loin sans être détectée.

Il accuse l’industrie d’appliquer «de tout temps et partout» une approche selon laquelle on «préfère prendre le risque de payer après coup pour des dommages».

      C’est exactement ce que les USA ont vécu avec BP dans le Golfe du Mexique. Je serais extrêmement surpris que la note couvre tous les dommages.

      C’est d’ailleurs là, l’avantage  de cette approche habituelle de l’industrie.

«Les pires dommages s’établissent dans le long terme : l’industrie aura depuis longtemps plié bagage avant que ça commence à paraître et l’on ne pourra donc pas légalement faire un lien direct entre les deux.»

     D’après certains comptes rendus des USA, fait par des particuliers sans aucun intérêt personnel pour l’industrie, les dommages apparaissent quelques temps après la fracturation des sols. Évidemment cela reste définitif après-coup.

M. Durand se défend aussi d’être «anti-développement». «Je me suis toujours trouvé du côté de ceux qui trouvent que les écologistes exagèrent, mais je sentais que j’avais des connaissances à partager au sujet des gaz de schiste», dit-il. Il préfère voir cette ressource laissée sur place, le temps d’une ou deux générations, quand on saura l’exploiter mieux et de façon moins risquée.

      Si jamais la technique le permet sans risque évidemment.

     Demain nous aborderons les différents arguments politiques auxquels on nous confronte journellement à ce sujet des gaz de schiste.

     Il ne nous reste pas beaucoup de temps pour nous renseigner. Le gouvernement y mets les bouchées doubles.

Amicalement

                                                                  Elie l’Artiste

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