Fukushima: Un savant, ayant du coeur, qui ne veut pas jouer le jeu!!!

Fukushima :Un savant, ayant un cœur, qui ne peut pas jouer le jeu!!!

 

        Pour faire suite à l’excellent article de Cabanel, hier, j’ai simplement rassemblé des infos de plusieurs articles du 1er mai au 9 mai. Cela peut nous donner à réfléchir. Du moins, à ceux qui ne « gobent » pas tout ce qui est dit par les dirigeants qui nous prennent pour des demeurés.

 Le 1er mai :

  Effondré et en larmes, Toshiso Kosako, le conseiller du 1er ministre en affaires nucléaires a annoncé sa démission lors d’une conférence de presse émouvante.

Toshiso Kosako, qui enseigne à l’université de Tokyo, a annoncé sa démission le 1er mai 2011 du poste de conseiller chargé des questions nucléaires auprès du premier ministre japonais, Naoto Kan.

 Kosako a expliqué qu’il ne pouvait cautionner les niveaux inappropriés d’exposition limite aux radiations que le gouvernement a fixé pour les écoles élémentaires situées dans la région de la centrale de Fukushima. Ce niveau devrait passer à 20 millisiverts, un taux d’exposition que Kosako estime 20 fois trop élevé, en particulier pour des enfants, qui sont plus vulnérables que les adultes aux radiations. (Remarquez que c’est aussi 20 fois trop élevé selon la norme internationale)

 Pour le grand public, la dose maximale est de 1 millisievert par an. « Je ne peux pas permettre que des enfants soient soumis à de telles expositions d’un point de vue académique aussi bien qu’humanitaire« , a déclaré Toshiso Kosako. « Si j’approuvais cette décision, je ne serais plus un chercheur. Je ne voudrais pas que mes enfants soient exposés à de telles radiations« , a-t-il précisé. 

Il a ajouté qu’il était également opposé à l’élévation des limites d’exposition des radiations reçues par les travailleurs de la centrale, que le gouvernement veut promulguer selon CBC.

Il a cité, en particulier, deux points sur lesquels il est en désaccord avec ces décisions. (C’est donc dire que ces deux points ne sont pas les seuls.)

D’abord, le relèvement, après la catastrophe, de 100 à 250 millisieverts de la dose maximale que peut recevoir un travailleur sur le site de la centrale. (L’autre point est celui des écoliers.)

Vendredi, l’ancien directeur de l’Institut Nucléaire Japonais, monsieur Michio Ishikawa, a déclaré à la télévision que des barres de combustible usagé avaient fondu à Fukushima. En fait selon les liens donnés par Cabanel, les coeurs des centrales no 1-2-3 ont totalement fondu.

Iida Tetsunari, directeur de l’ISEP (Institute for Sustainable Energy Policies), qui participait également à l’émission, a affirmé être entièrement d’accord avec l’évaluation de la situation de Mishio Ishikawa et a ajouté : « Personne ne sait ce qu’il faut faire, nous devons demander l’avis mondial des meilleurs et des plus brillants ».

 Kohey Otsuka, vice-ministre de la santé et des affaires sociales déclare pour conclure : « Aucun de nous ne sait à coup sûr l’état du cœur des réacteurs, il ne faut pas faire de spéculations sur une télévision nationale ». Sous entendu : fermez-la maintenant !

« C’est une guerre qui se joue en ce moment, une guerre contre les radiations. La réponse de TEPCO à la situation est horrible ! » Je me pose des questions sur ce qualificatif de « horrible »; je veux bien que ce soit inadéquat, dangereux etc…mais « horrible » ça veut dire quoi?

 Le 2 mai :

Petites nuances additionnelles:

FUKUSHIMA (suite 35) Les larmes du Pr Kosako

Un conseiller scientifique du premier ministre japonais « en larmes » lors d’une conférence de presse et présentant « sa démission ». La dépêche de l’AFP du vendredi 29 avril qui décrivait cette scène nous avait intrigué. Selon cette dépêche, le professeur Toshiso Kosako, de la prestigieuse université de Tokyo démissionnait « en raison de désaccords sur la gestion de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima ». Et précisait que selon lui, « le gouvernement n’avait pas été rigoureux dans l’application des lois et règlementations ».

La raison essentielle de cette démission est due au fait que le gouvernement a envisagé un relèvement du taux admissible de radioactivité dans les écoles, sur les aires de jeux. Alors que « la limite était jusqu’à présent de 1 mSv/an (peut-être 2,4 mSv/an) », nous précise cet universitaire, l’intention est de la faire passer à 20 fois plus, soit « 20 mSv/an ». Rappelons, pour mémoire, que ce taux annuel de 20 mSv/an est celui admis pour les professionnels du nucléaire en France. Et que 1 mSv est la dose d’irradiation reçue en moyenne, lors d’examens médicaux, par la population française chaque année.

Aujourd’hui, deux mois et demi après le début de la catastrophe, la situation des réacteurs de la centrale de Fukushima demeure « très sérieuse », comme l’écrit l’AIEA (4). « De la fumée blanche continue à être émise par les réacteurs 2 et 3 ». Autrement dit de la vapeur contenant certainement de la radioactivité.

En revanche, sur le réacteur n°1, « l’installation d’un tuyau (certainement avec filtre) de façon à améliorer l’environnement de travail dans le bâtiment réacteur» a commencé, selon l’opérateur TEPCO

Autour de l’unité n°4, dont le bâtiment a été ravagé par une explosion hydrogène dans la piscine de combustible usagé, « un camion automatique équipé de chenilles et d’une benne basculante à répandu ce 2 mai un « inhibiteur » de poussières ». Un gel fixateur et assez recouvrant pour protéger des radiations ? Cela n’est pas précisé.

 Yomiuri Shinbun (2 mai) :

La conférence de presse que devait faire le Pr Toshiso Kosako de l’université de Tokyo pour préciser la raison de sa démissiondans la soirée du 2 mai a été annulée.

Selon le représentant du parti démocratique japonais, Seiki Soramoto, le Pr Kosako a été averti par le bureau du premier ministre qu’il était tenu à un accord de confidentialité [entre lui et le bureau du premier ministre] et qu’il devait annuler.

Le Pr Kosako a cependant téléphoné à M. Soramoto le 1er mai et lui a dit qu’il ne pouvait être présent à la conférence de presse « ayant été gentiment informé qu’il avait toujours une obligation de confidentialité ».

Le 5 mai :

Des hommes dans le réacteur n°1

La dizaine d’intervenants devaient «ne pas dépasser les dix minutes», a déclaré Tepco. Leur mission : installer un système de pompes à air et de filtres.

Aujourd’hui, la température des trois réacteurs accidentés est contrôlée par un apport d’eau douce, via des circuits de secours. Cette eau n’est pas récupérée et coule ensuite  vers les parties basses des bâtiments –?dans les salles des machines et les tunnels souterrains. Elle s’y accumule –?près de 90,000 tonnes. Et son niveau de radioactivité est très élevé.

La «source froide» du système serait une tour de refroidissement, installée à l’extérieur du bâtiment, près de l’entrée. D’après Tepco, le débit de ce système pourrait être de cent tonnes à l’heure, contre une dizaine pour le dispositif actuel. Si l’état de la cuve autorise un tel débit, le refroidissement du réacteur pourrait alors se réaliser assez rapidement (Mais on sait qu’elle ne l’autorise pas; et qu’elle est toujours de 10 tonnes à l’heure comme avant; donc, dans un autre article subséquent, on a ramené le débit précédant à 6 tonnes à l’heure pour montrer une amélioration. Vraiment « pas bête »; vous ne trouvez pas?)

Si le processus se poursuit avec succès jusqu’au boutalors le «scénario du pire» évoqué depuis un mois et demi n’aura pas eu lieu.

Ce scénario, qui supposait le percement des cuves en acier des réacteurs par un corium (l’amas fondu de combustible nucléaire) n’a reçu aucune confirmation. (Ni surtout infirmation)

Pour autant, faut-il considérer que la crise nucléaire est finie…Ce serait prématuré…?les numéros 1, 2 et 3?– resteront menaçants «tant que l’eau qui les refroidit ne sera pas intégrée à un système fermé, avec un échangeur de chaleur, et que l’arrêt à froid sera obtenu», précise Thierry Charles…Et les cuves ne sont pas en bon état. Celle du réacteur n°1 est étanche… mais pas tout à fait…Quant à celles des 2 et 3, elles ne sont pas étanches donc, là, il faudra y aller avec encore plus de doigté…

L’extraction des combustibles usés des piscines exigera un moyen de manutention encore inconnu tellement les parties hautes des bâtiments où elles se trouvent ont été dévastées par les explosions d’hydrogène. Ces combustibles doivent en effet être manipulés sous eau, puis introduits dans des systèmes de transports –?baptisés «châteaux»?– afin d’être acheminés vers un site de stockage encore indéterminé. Les ingénieurs japonais vont devoir faire appel à leur imagination pour concevoir un tel système, le plus automatisé possible.

Certaines zones, les plus contaminées, ne seront probablement pas habitables avant longtemps.

 Le 6 mai :

L’accident nucléaire à l’Assemblée nationale

 Du bla bla jusqu’à ce que :

 Pierre Barbey souligne toutefois un point de consensus?: les mesures de la radioactivité due à Fukushima en France faites par les ONG (Acro ou Criirad) et l’IRSN concordent tout à fait. Une intervention de la CRIIRAD était prévue, mais personne de l’association ne s’est présenté lorsque le président de séance l’a invitée à la tribune.

 Le 9 mai :

Fukushima et radioactivité: la protection des populations japonaises

 {Sciences²} publie une interview d’Olivier Isnard, spécialiste en radio-écologie et radioprotection.

 -Où en est la crise nucléaire de Fukushima en termes de protection des populations ?

 -Olivier Isnard : A ce stade, ce n’est plus une situation d’urgence comme celle qui prévalait lors de l’évacuation des populations vivant autour de la centrale. Mais une contamination dont on estime qu’elle ne va pas s’aggraver du fait de nouvelles émissions et qu’il faut affronter avec des dispositions permettant d’en minimiser les conséquences.

 -Quelles dispositions ?

 –Olivier Isnard : La CIPR (commission internationale de protection radiologique) propose des valeurs guides pour gérer ce genre de situation. Le niveau de référence pour l’exposition des populations se situe entre 1 millisievert par an- celui admis pour une installation nucléaire en fonctionnement – et 20 mS/an. L’objectif consiste donc à ne pas dépasser les 20 mS/an, puis à se rapprocher de 1 mS/an avec des mesures de décontamination. (On vient de voir que ce niveau ne vient tout juste que d’être accepté à Fukushima; ce qui indique que Olivier Isnard est de l’entente avec le gouvernement japonais. On ne dit pas s’il a pleuré.)

 -Cette valeur de 20 mS/an a provoqué la démission spectaculaire de Toshiso Kosako, un scientifique conseiller du Premier ministre japonais, et refusant cette valeur pour des cours d’écoles…

-Olivier Isnard : L’exposition est une agression radiologique, mais il n’y a pas de changement de régime de risque connu entre 1 et 20 mS/an. (Pas de risque connu. Il confirme son entente avec les dirigeants japonais.)

-Et si la dose va au delà ?

 – Olivier Isnard : Le gouvernement japonais a décidé de prendre des mesures d’évacuation si la cartographie fine montre un risque de dépasser les 20 mS/an. Mais comme le débit de dose est en diminution, on peut tolérer qu’il soit momentanément un peu plus élevé (C’est probablement là l’argument japonais. « On ne peut effacer ce qui est fait, mais le débit de dose est en diminution, donc accepter ce niveau maximal de 20 mS/an »).

-Y aura t-il une zone interdite durant longtemps ?

– Olivier Isnard : La cartographie existante montre déjà un paradoxe. Des zones près de la centrale et en direction du nord-ouest montrent des contaminations radioactives très importantes, qui empêcheront la vie normale et une exclusion sur le long terme. A l’inverse certaines parties de la zone évacuée sont beaucoup moins contaminées bien que plus proches de la centrale et seront probablement réoccupées.

Au nord-ouest de Fukushima; ça vous dit quelque chose? Les courants marins vers le Pacifique et les courants d’air vers l’Amérique, peut-être? Ce n’est pas tellement grave si on ne peut rien y faire; mais c’est quand même frustrant qu’on nopus prenne pour des imbéciles.

Amicalement, avec toutes mes sympathies.

À noter: Ils devront garder l’histoire de Ben Laden sur la première page longtemps pour continuer d’étouffer ce qui se passe au Japon. Je me demande ce qu’ils vont encore inventer?

 Elie L’Artiste

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