G 20 ou G 1 ?

En dépit des fanfaronnades Américaines et du premier concerné, leur Secrétaire d’Etat au Trésor Tim Geithner, le G 20 tenu le week-end dernier à Séoul ne s’est pas soldé par un triomphe US. Que les marchés financiers et autres indices boursiers aient applaudi n’y change rien car les faits sont cinglants pour les Américains (et les Occidentaux d’une manière générale) : un ré équilibrage significatif des pouvoirs a été consenti à leur détriment en échange de … rien. Il était bien-sûr temps que les puissants pays émergents soient plus intéressés par le processus décisionnel du F.M.I comme il tombe sous le sens que la Chine devienne ainsi le troisième actionnaire de cette institution et que les nations en développement gagnent 6% de plus en droits de vote.

Il n’était en revanche nullement au programme de ce G 20 que la Chine – relayée par la Russie, par l’Inde et par le Brésil – ne poursuive activement son travail de sape consistant à détrôner le billet vert de sa position dominante et privilégiée pour le remplacer par un panier de monnaies et par l’or. A l’issue de ce G 20, Geithner et la délégation Américaine auront donc réussi tout au plus à sauver la face, ce qui n’est déjà pas si mal au vu de la conjoncture économique anémique de leur pays et – surtout – considérant ce qui s’y prépare la semaine prochaine… Soutenue par une médiatisation, voire par une publicité, digne des meilleurs films Hollywoodiens, la Réserve Fédérale est effectivement sur le point d’injecter 1’000 milliards de dollars supplémentaires dans une économie au volume estimé de 13’000 milliards!

Cette création de monnaie aura-t-elle seulement un effet au vu d’une telle disproportion (1 contre 13)? Après la crise du crédit, la Fed n’a-t-elle pas déjà gracieusement offert ce même montant à son économie qui ne s’est néanmoins pas sortie de la récession? Pourtant, en dépit de l’échec annoncé de cette deuxième version des baisses de taux quantitatives en tout cas vu du côté de l’économie « réelle », les marchés – qui sont les grands gagnants de ces injections de liquidités – seraient prompts à décrocher si la Fed annonçait la semaine prochaine un programme inférieur à 1’000 milliards… Et pour cause puisque ces sommes se logeront très précisément et très directement dans les marchés financiers au détriment de l’activité économique qui en aurait pourtant bien besoin.

Comment s’étonner de cette déroute annoncée de ce « QE 2? à 1’000 milliards de dollars alors que le marché (en souffrance) des hypothèques US vaut près de 11’000 milliards dans un contexte de saisies immobilières de l’ordre de 1’500 milliards? Comment ne pas rester pessimiste dès lors que l’on met ces 1’000 milliards en perspective avec le château de cartes qui ne tient plus que par la grâce de l’hyper sollicitée planche à billets Américaine? Le déclin séculaire de l’économie US ne sera que très marginalement atténué par ces injections de liquidités et par les gesticulations politiques, le citoyen de ce pays doit donc se préparer à subir un affaissement notable de son niveau de vie.

Le Gouvernement US devra pour sa part s’accoutumer à voir son autorité et son prestige sévèrement entamés dans le cadre de ce type de sommets internationaux. Au demeurant, pourquoi et en vertu de quel privilège les nations créditrices seraient-elles encore impressionnées par les Etats-Unis qui ne parviennent jamais à tenir leurs engagements? Apprécions donc la contenance de la Chine qui se retient de pouffer quand Geithner évoque un déclassement « graduel » du dollar. Remercions la Chine pour écouter encore poliment les Américains.

Une pensée sur “G 20 ou G 1 ?

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    30 octobre 2010 à 13 01 58 105810
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    4/ Se passer de révolutionnaires du « Grand Soir » et de la médiocrité « saucisson pinard ».
    Oh oui oui, supportons un changement en autant que cela ne rationne pas le caviar hein ?

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