Garçon ! l’addition !

Alors que le gouvernement stigmatise le petit voleur d’oranges, il détourne pudiquement les yeux lorsque les gros poissons trichent en toute décomplexion.

Claude Guéant et Nicolas Sarközy ont en effet lancé la chasse aux fraudeurs de la sécu, dont on nous dit qu’ils pillent allègrement l’institution nationale.

Celui-là percevrait des indemnités doubles, en ayant deux adresses, et un autre se ferait porter pâle alors qu’il est en bonne santé, et le préjudice serait de taille.

On évoque dans le quotidien « la Dépêche » la somme annuelle de 400 millions d’euros (lien) alors que « le nouvel obs  » est plus modeste, évoquant 241 millions d’euros.

A y regarder de plus près, cela ne représente que 1% des prestations versées.

Par contre, coté entreprises, il ne semble pas que les patrons soient réellement inquiétés : la fraude existe depuis des années, et l’ACOSS (agence centrale des organismes de sécurité sociale) évoque pour 2009 entre 15,5 et 18,7 milliards d’euros de cotisations sociales que les employeurs auraient « oublié » de verser. lien

Le citoyen responsable trouvera-il normal que le gouvernement s’en prenne aux plus petits, en laissant allègrement filer les gros poissons ?

Entre 241 millions d’euros détournés par quelques éventuels fraudeurs, et près de 19 milliards d‘euros détournés par des entreprises malhonnêtes, la marge est importante, et on pourrait être scandalisé à juste titre du laxisme gouvernemental.

D’autant qu’on découvre quelques manœuvres manifestement frauduleuses de l’Elysée qui se serait attribué 19 millions d’euros destinés aux collectivités territoriales concernant les aides exceptionnelles, ce qu’à dénoncé en vain l’infatigable Dosière. lien

Alors qu’une opération de « com. » récente et habile laissait croire que les plus riches du pays demandaient que l’on augmente leurs impôts, on s’aperçoit qu’il n’en est rien comme nous l’explique en détail un article de « Marianne ». lien

Si l’on présentait l’addition à l’Elysée de tous ses débordements financiers, on pourrait être surpris de l’énormité du montant gaspillé en moins de 5 ans.

Sommes-nous en période de guerre ?

Pourtant 24 milliards d’euros ont été dépensés pour l’achat de 4 sous marins nucléaires.

Le premier en 1994, puis 1998, 2003 « Le Terrible » fermant la marche, en service en 2010 (lien) et la facture de ce dernier est lourde : 8,5 milliards d’euros.

En ces temps de crise, on aurait peut-être pu s’en tenir aux 3 sous-marins déjà achetés, d’autant que la France à signé un texte (13 étapes pour le désarmement nucléaire) dans lequel elle s’engageait à diminuer le rôle des armes nucléaires dans sa politique de défense,

De plus, n’est pas prix en compte dans cette somme, le prix d’un missile qui coute à vide 142 millions d’euros, alors que le prix des ogives nucléaires n’est pas compris dans les 8,5 milliards d’euros. lien

Et quid du cadeau de 16 milliards d’euros offert à Dassault pour lui acheter 286 Rafales, puisque apparemment pas grand monde n’est intéressé par cet avion. lien

Sur la question nucléaire, il n’est pas inutile de rappeler le gâchis financier de l’EPR finlandais, que la France tente de finir, avec 4 ans de retard sur les délais promis, et surtout avec un dépassement prévisible de  4 milliards d’euros. lien

Or il faut savoir que ce dépassement sera payé par la France, ainsi qu’il est stipulé sur contrat avec la Finlande.

Manifestement l’EPR en cours à Flamanville coutera aussi cher, et l’on peut d’ores et déjà tabler sur 8 milliards d’euros gaspillés.

Il est encore temps d’arrêter ce chantier, d’autant que le réseau « sortir du nucléaire » à dévoilé plusieurs documents confidentiels démontrant les graves défauts de conception de ce réacteur soi-disant révolutionnaire. lien

Comment un gouvernement peut-il persister dans l’erreur nucléaire, puisqu’après Tchernobyl, Fukushima, une nouvelle centrale nucléaire, à Krsko, en Slovénie, connait à son tour quelques problèmes.

Elle est manifestement responsable de la pollution radioactive décelée dans l’Est de la France. lien

On le sait, notre autocrate présidentiel pense que pour faire baisser le chômage, il faut relancer les grands chantiers, et bien que les Français préfèrent une modernisation du réseau TER (trains express régionaux) , il a décidé d’investir 123 milliards d’euros pour construire 4500 km de nouvelles lignes LGV (lignes à grande vitesse) (lien) au moment ou la SNCF est obligé de fermer des lignes LGV non rentables. lien

Passons rapidement sur les 200 millions d’euros de l’air bus présidentiel, sur les 2 milliards d’euros gaspillés par Roseline Bachelot pour des vaccins inutiles, sur les 175 millions d’euros dépensés lors des 6 mois de la présidence française à l’union européenne, le million d’euro gaspillé pour le sommet de la méditerranée, sur les Garden party annuelles qui ont couté en 3 ans plus de 2 millions d’euros, des 36 millions d’euros dépensés en 2 ans pour le budget « com. » de l’Elysée, les 2 millions d’euros offert à Johnny, l’exilé fiscal, lors de sa prestation du 14 juillet, le 1,4 million d’euro qui aura été dépensé en 5 ans pour le fleurissement des salons de l’Elysée, les 5 millions d’euros que Fillon aura gaspillé en 5 ans pour rentrer chez lui, en avion Falcon 7X, à 255 km de Paris, et le président lui-même bat tous les records (lien) mais l’addition provisoire surement incomplète, pourtant déjà lourde (2 422 400 000 €) n’est rien par rapport aux autres dépenses qui auraient pu être évitées, même si ça représente plus de 2 millions de smic.

En effet, les plus gros gaspillages sont comme on l’a vu : 19 milliards (manque à gagner de la sécu), 24 milliards (sous marins nucléaires), 16 milliards (Rafales), 8 milliards (EPR), 123 milliards (lignes LGV) pour un total définitif (?) de 190 milliards, ce qui fait plutôt mauvais genre au moment ou, en 5 ans, la dette de la France à augmenté de 500 milliards d’euros.

Jean Pierre Balligand, et Julia Tadei, dans un article paru le 14 novembre 2011 constatent un « laisser-aller global de la gestion des finances publiques dont a fait preuve M. Sarközi (…) la crise a frappé l’Allemagne comme la France, ces déficits sont liés à la gestion Sarközi, qui n’a pas permis de véritable reprise, à contrario de l’Allemagne (…) c’est plutôt lié à sa politique : en France, on licencie massivement, engendrant des pertes irréversibles de compétences, en Allemagne, on passe au temps partiel, maintenant l’appareil industriel prêt à la reprise (…) l’inverse de la politique actuelle (française) inefficace et injuste  ». lien

Comme dit mon vieil ami africain :

« Je déteste les victimes quand elles respectent les bourreaux ».

Merci à Corinne Py pour sa collaboration efficace

L’image illustrant l’article provient de « spectacle-humour.sorites.francetv.fr »

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