Haïti, coeur et tête

Yan Barcelo, 23 janvier 2010

 Ce vendredi 22 janvier 2010, les réseaux de télévision nous servaient une autre de ces grand-messes où officiaient les nouveaux prêtres de la société contemporaine : les artistes. Cette manifestation démesurée de sentimentalisme me fait craindre pour Haïti des lendemains qui ne chanteront pas autant.

Tout d’abord, il est réconfortant de constater que les Québécois ont encore le cœur à la bonne place et peuvent être si émus par les épreuves de tout un peuple, et se porter si vaillamment à leur secours. Il est essentiel et nécessaire d’aider et de soutenir les Haïtiens dans ce passage si désespérant.

Mais cette surcharge de sentimentalisme organisée à très-très grande échelle avec le concours de tous ces chanteurs dont les attitudes sont convenues d’avance et qui y voient une occasion de plus de faire avancer leur carrière, ça me laisse interloqué.

Petite anecdote, au passage. Je connais les propriétaires d’un petit café-théâtre à Saint-Sauveur, Le Café de la Gare, qui avaient vendu presque tous les billets pour un spectacle d’une chanteuse bien connue. Mais cinq jours avant de donner sa prestation, la chanteuse a annulé son spectacle pour participer à la grand-messe des réseaux télévisuels, sans offrir le moindre dédommagement au Café. Se montrer à cette grand’messe était évidemment plus payant pour sa carrière. Cette « bonne cause » qu’elle épousait tout à coup, elle la faisait en fait payer par les deux propriétaires du café-théâtre.

Mais je reviens à mon propos. Aider Haïti dans ce moment affligeant est absolument nécessaire. Toutefois, j’appréhende tout ce qui pourra s’ensuivre, tout particulièrement les grands projets de reconstruction dont on parle à gauche et à droite, comme un grand « Plan Marshall 2 » pour remettre Haïti sur les rails.

Je crains qu’on se serve de toute cette bonne volonté, abondamment exploitée sur les réseaux télévisuels par la porte de devant, pour que, par la porte arrière, nombre de sociétés et d’entreprises (Fonds monétaire international, Banque mondiale, ONU, ACDI, SNC-Lavalin, Bechtel, Halliburton et quantité d’autres) capitalisent sur ces bons sentiments et « reconstruisent » Haïti d’une façon qui ne conviendra nullement aux Haïtiens.

Quand on sait comment fonctionne souvent l’aide internationale, toute la situation actuelle, comme on la dépeint, prépare les plus jolis dérapages à venir. On va prendre en main les Haïtiens et mettre en branle une foule de jolis projets de « reconstruction » qui, sous le couvert de servir Haïti, vont servir en premier lieu à garnir les coffres d’une foule d’entreprises privées, financières, industrielles et autres.

Il faudra être très attentif de mettre à disposition d’Haïti une aide très respectueuse, mais exigeante, qui veillera à ce que les initiatives viennent de la population elle-même. Et si des initiatives fortes et sensées n’émergent pas, laissons faire. Autrement, nous allons simplement gâter les choses. Trop souvent, ce qui apparaît comme de l’aide et de la « charité » des pays développés ne sert, finalement, qu’à « organiser » bien malgré elles les populations visées. Je crains qu’on se retrouve dans une telle situation, mais je veux bien espérer que c’est un écueil classique qu’on saura éviter.

La plus belle façon de détruire un homme, disait à peu près Félix Leclerc, c’est de le faire vivre. Rien de plus destructeur que de vouloir « aider » l’autre à sa place. Une anecdote japonaise l’illustre bien. Un singe qui marche le long d’une rivière voit un poisson près de la berge. D’un geste vif, il s’empare du poisson et déguerpis avec lui en haut d’un arbre. Là, il s’assoit en berçant le poisson dans ses bras et lui dit : « Ici, au moins, tu ne risques pas de te noyer ».

22 pensées sur “Haïti, coeur et tête

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    24 janvier 2010 à 0 12 35 01351
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    Je crois qu’il est déjà trop tard… Ce n’est plus d’une aide humanitaire organisée par la société civile dont il s’agit, mais bel et bien d’un déploiement et une occupation militaire d’Haïti en règle. Pas certain que les Haïtiens sont bien contents de voir ça…

    L’armée US et le Pentagone contrôle de facto Haïti.

    The Militarization of Emergency Aid to Haiti: Is it a Humanitarian Operation or an Invasion?
    – by Michel Chossudovsky – 2010-01-15
    Twenty thousand foreign troops will be present in the country.

    Mixed Feelings For Haitians as US Troops Ramp Up Operations

    Desperate though they are in the wake of last week’s devastating earthquake, many in Haiti are expressing disquiet at the growing American military presence in the nation, ostensibly there for humanitarian purposes.
    “It’s an occupation. The palace is our power, our face, our pride,” as one Haitian was quoted by AFP. Some 50,000 homeless Haitians are camping in a square near the palace, which was taken over by American troops earlier today.

    Les désastres naturels et l’aide humanitaire deviennent un prétexte et un couvert pour les compagnies de la reconstruction et de mercenaires privées déguisés en forces de sécurité. Un marché extrêmement lucratif et faussement humain.

    C’est du déjà-vu, comme le cas de Katrina. De plus, il parait que les Américains savent qu’il se trouve de gigantesques réserves de pétrole en Haïti. Imaginez!

    An Unwelcome Katrina Redux

    Therefore, we note here the writings of Ms. Marguerite Laurent, whom I met in her capacity as attorney for ousted President of Haiti Jean-Bertrand Aristide. Ms. Laurent reminds us of Haiti’s offshore oil and other mineral riches and recent revival of an old idea to use Haiti and an oil refinery to be built there as a transshipment terminal for U.S. supertankers. Ms. Laurent, also known as Ezili Danto of the Haitian Lawyers Leadership Network (HLLN), writes:

    “There is evidence that the United States found oil in Haiti decades ago and due to the geopolitical circumstances and big business interests of that era made the decision to keep Haitian oil in reserve for when Middle Eastern oil had dried up. This is detailed by Dr. Georges Michel in an article dated March 27, 2004, outlining the history of oil explorations and oil reserves in Haiti and in the research of Dr. Ginette and Daniel Mathurin.

    “There is also good evidence that these very same big U.S. oil companies and their inter-related monopolies of engineering and defense contractors made plans, decades ago, to use Haiti’s deep water ports either for oil refineries or to develop oil tank farm sites or depots where crude oil could be stored and later transferred to small tankers to serve U.S. and Caribbean ports. This is detailed in a paper about the Dunn Plantation at Fort Liberte in Haiti.

    Haiti Has Larger Oil Reserves Than Venezuela Says Scientists (An Olympic Pool Compared to a Glass of Water)

    Haiti Has Huge Resources of Gold and Iridium Says Former Dominican Petroleum Refinery President Leopoldo Espaillat Nanita, it is ironic that Bill Clinton and George Soros have been talking about rebuilding Haiti’s infrastructure and starting business ventures in the country. Perhaps Clinton, Soros and many other globalists have confirmed that these oil, gold, uranium, zyconium and iridium deposits DO exist in the Haiti and they want to gain control at the expense of the Haitian people.

    Tout ça pour une situation largement créée par les États-Unis, le FMI, la banque Mondiale, etc?

    US, IMF role in Haiti’s food riots

    There’s another reason for the food riots in Haiti — highly subsidized US rice that flooded the country in exchange for loans from the International Monetary Fund. The US cereal put Haitian rice farmers out of business and destroyed the ability of the poor country to feed itself with domestically grown food.

    Haiti’s hunger made in USA

    Thirty years ago Haiti supplied nearly all its own food, including rice and sugar. But in 1986, when it went to the International Monetary Fund for emergency money after the regime of Jean-Claude Duvalier collapsed under mass pressure and a U.S. plane flew him to the French Riviera, the IMF insisted Haiti open its markets to foreign rice.
    Since the late 1980s, through a cycle of coups, economic pressure and enticements, along with free food from time to time amply distributed by all sorts of NGOs, the market for food produced in Haiti has been destroyed.

    Haïti-États-Unis: prend mon dentier et mange…

    « L’un des derniers massacres infâmes eut lieu en avril 1994 à Raboteau, un bidonville côtier à quelque 150 km au nord de la capitale. Raboteau compte environ 6.000 habitants, la plupart sont pêcheurs ou sauniers, mais il a la réputation d’être un bastion de l’opposition où des dissidents politiques viennent souvent se cacher. (…) Le 18 avril [1994], une centaine de soldats et une trentaine de paramilitaires débarquèrent à Raboteau pour ce que les enquêteurs allaient appeler plus tard une ’répétition générale’. Ils allaient sortir des gens de chez eux, leur demandant où se cachait Amiot ’Cubain’ Metayer, un partisan bien connu d’Aristide. Ils tabassèrent de nombreuses personnes, dont une femme enceinte qui en fit une fausse couche, et ils forcèrent d’autres personne à boire à même les égouts à ciel ouvert. Des soldats torturèrent un vieil aveugle de 65 ans jusqu’à ce qu’il vomisse du sang. L’homme mourut le lendemain.

    « Le 22 avril avant l’aube, les soldats réapparaissaient. Ils mirent des maisons à sac et abattèrent des gens en rue et lorsque les habitants s’enfuyèrentt vers l’eau, d’autres soldats leur tirèrent dessus depuis des embarcations qu’ils avaient réquisitionnées. La mer allait rejeter des corps durant plusieurs jours. D’autres ne furent jamais retrouvés. Le nombre des victimes a été estimé entre deux douzaines et une trentaine. Des centaines d’autres allaient fuir la ville, craignant de nouvelles représailles. » (St Petersburg Times, Floride, 1er septembre 2002)

    Durant le pouvoir militaire (1991-1994), le FRAPH passa (non officiellement) sous la juridiction des forces armées, prenant ses ordres chez le commandant en chef, le général Raoul Cedras. Selon un rapport de la Commission des Droits de l’Homme des Nations unies, daté de 1996, le FRAPH avait bénéficié du soutien de la CIA.
    Sous la dictature militaire, le trafic de drogue fut protégé par la junte militaire qui, de son côté, était également soutenue par la CIA. Les dirigeants du coup d’Etat de 1991, y compris les commandants paramilitaires du FRAPH, figuraient sur les feuilles de paie de la CIA. (Voir Paul DeRienzo, http://globalresearch.ca/articles/R… , Voir également Jim Lobe, IPS, 11 oct. 1996).
    A ce propos, Emmanuel Constant, alias « Toto », confirma, dans l’émission « 60 Minutes » de la CBS, en 1995, que la CIA le payait environ 700 dollars par mois et qu’il avait créé le FRAPH alors qu’il était sur les feuilles de paie de l’agence. (Voir Miami Herald, 1er août 2001). Selon Constant, le FRAPH avait été constitué « avec les encouragements et le soutien financier de la Defense Intelligence Agency [la DIA] américaine et de la CIA » (Miami New Times, 26 février 2004). Michel Chossudovsky, Haïti, un coup d’État financé et orchestré par les États-Unis

    Pour un bon résumé de la situation, écoutez les 40 première minutes de cette émission où j’explique tout ça:

    L’Autre Monde 21 janvier 2010

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    24 janvier 2010 à 5 05 34 01341
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    @Y.B

    J’ai passé le plus clair de ma vie active dans ce milieu ou l »aidé » n’existe que comme le tapis vert où se jouent les parties entres agences, IFIs, ONGs, gouvernants corrompus au départ comme à l’arrivée, sociétés d’expertises et consultants… On en sort avec un certain dégoût de tout le processus….

    @ François…. Pourquoi ne pas faire un autre article de ce commentaire ?

    Pierre JC Allard

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    24 janvier 2010 à 6 06 36 01361
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    Félix Leclerc a plein de réflexions pas mal censées !
    Celle que tu voulais citer est la suivante:

    «La meilleure façon de tuer un homme, c’est de le payer à ne rien faire.»
    [ Félix Leclerc ]

    En voici une autre bonne:
    «Ce n’est pas parce que je suis un vieux pommier que je donne de vieilles pommes.»
    [ Félix Leclerc ]

    Il y en a une liste de lui sur le site suivant:
    http://www.evene.fr/celebre/biographie/felix-leclerc-2201.php?citations

    À la première citation, il faut donc comprendre que la maind’oeuvre devra être d’abord locale. Si la population travaille, son économie repartira. Avant le séisme, il y avait 80% de chômage dans ce pays. Aussi, le monde s’apprête à effacer la dette nationale d’Haïti. Est-ce la première fois qu’un pays n’aura plus de dette ? J’ose à peine calculer ce qu’on doit déjà ici per capita de population active… C’est une autre histoire…

    Semble t-il que les ressources naturelles de Haïti font l’envie de bien du monde… On n’attire pas les mouches avec du vinaigre…

    http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=17105

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    24 janvier 2010 à 7 07 18 01181
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    Moi, ce qui me frappe, c’est que les 26 pays du monde arabe n’ont absolument rien donné à date……

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    24 janvier 2010 à 14 02 25 01251
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    Quand ils veulent notre bien…ils s’arrangent pour l’avoir!

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    24 janvier 2010 à 14 02 27 01271
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     » Le bonheur m’alourdit et m’ennuie…ne suis pas fait pour ce pays, avec les loups, je suis à l’abri. »

    Félix.

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    24 janvier 2010 à 14 02 34 01341
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    @PJCA

    J’y pense… il y a déjà un excellent résumé au début de l’émission, comme je le disais plus haut, mais peut-être qu’il faudrait le mettre en écrit aussi…

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    24 janvier 2010 à 17 05 55 01551
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    @ Francois M.
    Toute cette information sur les manoeuvres américaines me trouble, de même que ce que vous dites sur les réserves de ressources naturelles. Des choses que j’ignorait totalement. J’espère que vous avez tort, mais je crains que ce ne soit le cas. Le temps nous montrera comment le dossier haïtien va évoluer. Ce que vous dites annonce très mal. Mais j’espère que vous avez tort. Je l’espère… contre tout espoir.

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    24 janvier 2010 à 19 07 27 01271
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    Yan et François,
    J’ai fouillé énormément depuis le désastre de Haïti. Surtout depuis la « rentrée » américaine. Sur Vigile, on peut trouver d’excellents articles.
    À voir les américains s’activer autant, on se demande à quoi est dû se grand humanisme…
    Voici un article tiré d’un site:
    Haïti convoité depuis longtemps.
    http://panier-de-crabes.over-blog.com/article-haiti-est-convoitee-depuis-longtemps-43465230.html
    À chacun de juger si les informations sont justes. Mais à déterrer l’histoire de ce pays, on comprend pourquoi il est demeuré si pauvre. Peut-être que la corruption interne n’a fait qu’ajouter. Je n’en sais rien. En gros, c’est un viol de plusieurs nations et un abandon…
    Il y a un énorme problème. Quelqu’un a dit qu’Haïti n’était pas viable. 8 millions sur 28,000 klm2.
    Soit. Mais 50% de cette population a moins de 18 ans.
    40% moins de 14 ans.
    Imaginez l’avenir d’Haïti s’il on ne lui donne pas une chance réelle – pas hypocrite, mais réelle et honnête de se relever.
    Usons de notre imagination. Cela signifie que la majorité de la population est née à peine avant l’an 2000. Si Haïti garde ou acquière une certaine espérance de vie, nous voilà en 2050 ou 2060 , plus un taux de natalité plus que « très élevé »…
    Haïti vivrait de 75% de l’aide internationale.
    En  » persévérant » dans la voie du petit bocal pour ramasser des cents, on n’ira pas loin. La situation va empirer, Haïti sera une charge plus lourde, un problème sans solution.
    Quand la fièvre des médias aura passé, on oubliera Haïti. Ne l’oublieront pas ceux seulement qui y trouveront un certain intérêt.
    Pour ce qui est de la corruption, on parle de table tournante de trafic entre le « produit » de certaines sociétés latino-américaines et l’Europe.
    À creuser…
    Mais, encore une fois, s’il y quelque intérêt économique, quelque chose à arracher à ce pays, il se trouvera toujours quelqu’un pour voler la montre du type bien sonné.
    À se demander si l’armée américaine n’a pas une autre mission que défendre ou attaquer: celle d’aller cueillir partout dans le monde la richesse pour un train de vie démesuré et gonflable.
    En ce qui concerne l’ancien président Clinton, seloon ce que j’ai lu, ( un des premiers à aller fouiner dans le pays ) et selon l’expression employée, il n’aurait pas les mains trop propres.
    Je viens de retrouver l’article:
    http://www.wsws.org/francais/News/2010/jan2010/hait-j18.shtml

    « Depuis les soulèvements de masse qui ont entraîné la chute des Duvalier en 1986, des gouvernements américains successifs, républicains comme démocrates, ont cherché à reconstituer un Etat satellite fiable et capable de défendre les marchés et les investissements de sociétés américaines, attirées par des salaires de famine, et la propriété et la richesse de l’élite dirigeante haïtienne. Cela voulait dire empêcher tout défi lancé à un ordre socio-économique maintenant 80 pour cent de la population dans une pauvreté extrême.

    Cet effort continue à ce jour sous la tutelle de Bill et Hillary Clinton – respectivement représentant spécial des Nations Unies pour Haïti et secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères des Etats-Unis – et qui ont tous deux du sang haïtien sur les mains.

    Washington a appuyé deux coups d’Etat et a par deux fois envoyé des troupes en Haïti ces vingt dernières années. Les deux coups d’Etat furent montés pour renverser Jean-Bertrand Aristide, le premier président haïtien à être élu par un vote populaire et sans l’approbation de Washington. Les coups d’Etat de 1994 et 2004 ont fait 13.000 victimes haïtiennes. Lors du renversement du gouvernement en 2004, Aristide fut transporté de force hors du pays par des agents américains.  »

    À voir les émissions télévisées sur les maisons hantées, il y en aurait dix fois plus aux États-Unis que partout dans le monde. Je commence à comprendre pourquoi…
    Et quand les « martiens » débarquent pour envahir la terre, c’est aux États-Unis…
    Ils vont finir par se venger 🙂

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    24 janvier 2010 à 21 09 22 01221
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    Haïti et le « projet » HAARP.
    http://gaetanpelletier.wordpress.com/2010/01/17/nikola-tesla-et-haiti/

    http://www.vigile.net/Un-rapport-du-Parlement-europeen
    par Julien Teil – Les récents évènements d’Haïti ont laissé libre cours aux thèses les plus diverses. Haïti semble être la victime d’un énième processus d’ingérence US comme l’ont révélé les quelques informations concernant le déploiement de troupes afin de « sécuriser les opérations humanitaires ». Les scénarios craints par Jean Bricmont et critiqués dans son ouvrage « Impérialisme humanitaire » se déroulent sous nos yeux et bien que de nombreuses critiques soient proférées, elles demeurent minoritaires. Hugo Chavez quant à lui estime que les États Unis sont à l’origine du séisme, évoquant le sulfureux programme de recherche HAARP (High Frequency Active Auroral Research Program) financé par l’US NAVY et l’US AIR FORCE.

    ________________
    J’en avais fait mention sur mon blogue. Bien des sceptiques…
    Peut-on aller aussi loin dans le « mal »?
    La guerre 14-18 a « inventé » les gaz pour tuer.
    Mais là, la nature humaine est devenue beaucoup plus « subtile »…
    Désespérant.
    Après l’énergie atomique, voilà que l’on utilise sans doute les découvertes de Tesla à des fins militaires.
    Encore un petit parfum de « complotisme ». Mais les grands mensonges comme disait M. de Hitler, sont mieux acceptés que les petits.
    C’est encore trop gros…

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    25 janvier 2010 à 4 04 21 01211
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    Pour HAARP, je n’ai aucune base sérieuse. Ça me dépasse. Je reste aux aguets. Pour l’implantation militaire américaine, je n’en vois pas l’intérêt stratégique. Non plus pour le contrôle d’une main d’oeuvre, laquelle régionalement comme est globalement est surabondante.

    Je ne peux voir l’intervention américaine massive en Haiti que comme un geste médiatique, pour amadouer une opinion mondiale bien déçue de cette Amérique dite ressuscitée, mais qui n’en finit pas de tourner en rond.

    Il aurait été bien dommageable pour l’image des USA que des centaines de milliers de Haïtiens crèvent de faim dans cette cour arrière de l’Amérique et que des milliers de boat-people viennent débarquer sur les côtes de la Floride. En prenant le pouvoir à Haiti, on pourra au moins les empêcher de prendre la mer…

    Deux choses sont certaines. 1) Haïti ne peut pas s’autogouverner démocratiquement et ça on le sait depuis au moins trois décennies. 2) À moins qu’on n’y ait découvert une mine de « kryptonite », il n’y a pas vraiment de fric à faire avec Haïti.

    Haïti va être un terrain d’expériences, sociologiques… Le plus probable, c’est que vienne dans le sillage des Américains le dictateur qui remettra le pays en ordre… ce que j’appelais de mes voeux il y a déjà longtemps.

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/10/108-ah-si-choucoune-‘tait-fidel/

    Pierre JC Allard

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    25 janvier 2010 à 11 11 10 01101
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    Bonjour à tous,

    HAARP existe certainement, mais il est difficile de prouver si et quand cette arme est utilisée.

    Je lisais le Star de Toronto ce matin et Harper annonçait que  »nous allons reconstruire votre pays » (Haiti).

    Ah bon! Après l’Afghanistan, voilà que nous allons reconstruire Haiti. Pendant ce temps, il n’y a pas d’argent pour les logements sociaux et les sans-abris dans le centre-ville des grandes villes canadiennes.

    La reconstruction d’Haiti va probablement être un autre Bonanza pour le club des petits zamis, le tout, aux frais des contribuables canadiens et US.

    PJCA

    Haiti revêt une importance stratégique, à plusieurs niveaux, notamment, en ce qui concerne les réserves de pétrole et les minéraux.

    Voici un extrait d’un article à ce sujet :

    Therefore, we note here the writings of Ms. Marguerite Laurent, whom I met in her capacity as attorney for ousted President of Haiti Jean-Bertrand Aristide. Ms. Laurent reminds us of Haiti’s offshore oil and other mineral riches and recent revival of an old idea to use Haiti and an oil refinery to be built there as a transshipment terminal for US supertankers. Ms. Laurent, also known as Ezili Danto of the Haitian Lawyers Leadership Network (HLLN), writes:

    « There is evidence that the United States found oil in Haiti decades ago and due to the geopolitical circumstances and big business interests of that era made the decision to keep Haitian oil in reserve for when Middle Eastern oil had dried up. This is detailed by Dr. Georges Michel in an article dated March 27, 2004 outlining the history of oil explorations and oil reserves in Haiti and in the research of Dr. Ginette and Daniel Mathurin.

    « There is also good evidence that these very same big US oil companies and their inter-related monopolies of engineering and defense contractors made plans, decades ago, to use Haiti’s deep water ports either for oil refineries or to develop oil tank farm sites or depots where crude oil could be stored and later transferred to small tankers to serve U.S. and Caribbean ports. This is detailed in a paper about the Dunn Plantation at Fort Liberte in Haiti. »

    http://www.lewrockwell.com/orig11/mckinney1.1.1.html

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    25 janvier 2010 à 14 02 25 01251
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    @PJCA

    Deux choses sont certaines. 1) Haïti ne peut pas s’autogouverner démocratiquement et ça on le sait depuis au moins trois décennies. 2) À moins qu’on n’y ait découvert une mine de « kryptonite », il n’y a pas vraiment de fric à faire avec Haïti.

    Je ne suis pas vraiment d’accord avec cette affirmation. Nous avons, le Canada et les États-Unis, renversé leur gouvernement et président DÉMOCRATIQUEMENT ÉLU en 2004, un superbe coup d’État. Comment dire que ces gens ne peuvent s’autodéterminer si c’est nous qui ne cessons d’interférer avec leur affaires sans cesse depuis des décennies?

    Et selon les dernières informations, Haïti regorge de pétrole et de minéraux, en plus d’être la plaque tournante de la drogue qui vient de la Colombie en direction vers les É-U.

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    25 janvier 2010 à 19 07 32 01321
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    Bonne idée!
    http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=17122

    En voici un de M.C, en français:
    http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=17168
    Un extrait:

    Programme caché

    La mission tacite de SOUTHCOM, avec son quartier général à Miami et des installations militaires étatsuniennes à travers l’Amérique latine, est d’assurer le maintien de régimes nationaux serviles, à savoir des gouvernements étatsuniens par procuration, dévoués au Consensus de Washington et au programme de politique néolibéral. Bien que le personnel militaire étatsunien sera au départ impliqué activement dans l’aide d’urgence et les secours aux sinistrés, cette présence militaire étatsunienne renouvelée en Haïti servira à prendre pied dans le pays ainsi qu’à poursuivre les objectifs stratégiques et géopolitiques des États-Unis dans le bassin des Caraïbes, objectifs largement dirigés contre Cuba et le Venezuela.

    Le but n’est pas de travailler à la réhabilitation du gouvernement national, de la présidence et du Parlement, tous décimés par le tremblement de terre. Depuis la chute de la dictature de Duvalier, le dessein des États-Unis a constitué à démanteler graduellement l’État haïtien, à restaurer les tendances coloniales et à obstruer le fonctionnement d’un gouvernement démocratique. Dans le contexte actuel, l’objectif n’est pas seulement d’abolir le gouvernement, mais aussi de réorganiser le mandat de la MINUSTAH, dont le quartier général a été détruit.

    « Le rôle consistant à diriger les secours et à gérer la crise est tombé rapidement aux mains des États-Unis, dans l’absence, à court terme du moins, de toute autre entité compétente. » ( US Takes Charge in Haiti _ With Troops, Rescue Aid – NYTimes.com, 14 janvier 2009)

    Avant le tremblement de terre, il y avait, selon des sources militaires étatsuniennes, quelque 60 personnels militaires en Haïti. D’un jour à l’autre, une escalade militaire s’est produite instantanément : 10 000 troupes, marines, forces spéciales et employés des services de renseignement, etc., sans compter les forces mercenaires privées sous contrat avec le Pentagone.

    Selon toute probabilité, l’opération humanitaire sera utilisée comme prétexte et justification pour établir une présence militaire étatsunienne davantage permanente en Haïti.

    Il s’agit d’un déploiement massif, d’une « escalade » de personnel militaire assigné aux secours d’urgence.

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    25 janvier 2010 à 19 07 47 01471
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    Tremblements de terre plus fréquent, dimunition du champs magnétique sans parler de l’anomalie de l’atlantique sud, cycle solaire et probablement cycle du noyau terrestre.
    Il semblerait que l’on devrait y gouter pour les prochaines années.
    Il y aurait beaucoup de choses à dire sur ce sujet.

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    25 janvier 2010 à 21 09 21 01211
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    Le plus curieux de cette histoire, c’est que personne ne rappelle à aucun moment qu’Haïti a été le premier pays où quatre cent milles Africains victimes de la traite et de l’esclavage des Européens se soulevèrent contre trente mille Blancs, maîtres de plantations de canne à sucre et de café, déclenchant la plus première grande révolution sociale sur notre continent. Ils écrivirent des pages d’une gloire insurpassable. Ils mirent en déroute le général de Napoléon le plus éminent.

    Haïti est le pur produit du colonialisme et de l’impérialisme, de plus d’un siècle d’utilisation de ses ressources humaines aux travaux les plus durs, des interventions militaires et de la ponction de ses richesses.

    Cet oubli historique ne serait pas aussi grave que le fait réel qu’Haïti constitue une honte de notre époque, dans un monde où l’immense majorité des habitants de la planète continue d’être exploitée et mise à sac.

    Des milliards de personnes en Amérique latine, en Afrique et en Asie souffrent de carences semblables, quoique toutes ne les subissent peut-être dans des proportions aussi élevées qu’en Haïti.

    De situations comme celles de ce pays ne devraient exister nulle part sur la Terre, et pourtant des dizaines de milliers de villes et de villages y connaissent des conditions semblables, voire pires, à cause de l’ordre économique et politique international injuste qu’on a imposé au monde. La population mondiale n’est pas seulement menacée par des désastres naturels comme celui d’Haïti, qui est un pâle reflet de ce que les changements climatiques peuvent provoquer, bien que ces risques aient été vraiment tournés en dérision à Copenhague.

    Il est juste de dire à tous les pays et à toutes les institutions qui ont perdu des citoyens ou du personnel dans le désastre naturel d’Haïti : nous ne doutons pas que vous ferez les plus grands efforts pour sauver des vies et soulager la douleur de ce malheureux peuple ; nous ne pouvons vous rendre coupables du phénomène naturel qui vient d’y avoir lieu, bien que nous soyons en désaccord avec la politique qu’on a suivie vis-à-vis d’Haïti.

    Je ne peux m’empêcher de le dire : il est temps de chercher des solutions réelles et véritables pour ce peuple frère !
    FIDEL CASTRO
    http://www.legrandsoir.info/La-lecon-d-Haiti.html

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    25 janvier 2010 à 23 11 10 01101
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    @Gaëtan Pelletier
    De plus Haitï n’a pas obtenu son indépendance de la France gratuitement. Ils ont verser 150 millions de franc d’or à la France ce qui leur a prit plus d’un siècle à rembourser, les a grandement endettés et à donc mit un frein à leur économie dès le départ en plus de ne pas posséder les moyens de transformations qui étaient en France en raison de la doctrine du mercantilisme impériale qui fessait en sorte que les colonies ne devaient rien produire, ils devaient seulement être des bassins de matière première pour les colonisateurs.

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